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Questions et réponses

Mon compagnon prend toute la place dans la maison, pour exister et être pris en compte par lui il faut se battre.

Question
25 Janvier 2016 - clo...

Bonjour Je vis avec un homme plus âgé de cinq ans, il souffre de dépression et moi j'ai l impression de perdre ma joie de vivre. Mon fils dit que mon compagnon prend toute la place dans la maison, il joue aux jeux vidéo pendant des heures. Pour exister et être pris en compte par lui il faut se battre, ne pas lâcher. C'est épuisant.il ne participe que peu à notre vie ( il mange avec nous, discute mais fait peu de sorties). Il n'y a pas de violence, mais si un de mes besoins ou désirs ne collent pas avec les siens, il va tenter de l écraser ( tenter de me faire une forme de lavage de cerveau avec des démonstrations à n en plus finir). Je ressors perdue, ne sachant plus que croire. Parfois j ai l impression d être avec un mec super ( gentil, tendre ) mais ça ne dure pas. Sinon avec un calculateur ( aucun service gratuit ), un brutal ( pas le droit d être malade ou fatiguée ). Il manifeste une indifférence gentille pour mes enfants mais gare s ils prennent trop de place. Il peut être agressif verbalement ( tout le monde sursaute ), les petites pleurent. Mon fils aîné lui a déjà tenu tête, il lui a dit des gros mots et l a empoigne violemment : je me suis interposée physiquement mais il n a pas réalisé que son comportement inapproprié ( on aurait dit qu'il était face à un homme et non un ado ). Ces scènes arrivent deux fois par an. Il ne se remet pas en question. Je protège mes enfants ( il n a pas le droit de les toucher). Je ne comprends pas quand tout pourrait aller bien, on dirait qu il ne supporte pas. Il joue au chef de famille mais avec un investissement affectif superficiel. Des choses bizarres arrivent : il peut ne pas nous voir et nous bousculer sans s excuser. Il se sert beaucoup plus à manger que nous.en revanche il participe financièrement a minima. Il refuse de faire du ménage pour ne pas être ma bonne. Les discussions pour dire mon malaise n aboutissent pas : il va dans ce cas m attaquer très violemment en me reprochant des tonnes de choses. Si je demande une participation plus grande aux tâches, il va me reprocher que les enfants ne participent pas assez. Je ne sais plus quoi penser, mais je n arrive pas à en sortir. Merci pour votre aide

Réponse
03-02-2016

Bonjour Clotho,

Notre réponse s’est fait attendre, nous vous adressons toutes nos excuses. Nous recevons beaucoup de questions depuis ce début d’année, ce explique le rallongement momentané de nos délais.

Vous nous écrivez à cause d’un sentiment d’épuisement que vous ressentez à l’égard de votre compagnon, sentiment partagé par vos enfants. En effet, celui-ci n’est présent qu’au minimum dans votre vie de famille, donne la priorité à ses besoins quitte à ce que cela soit au détriment des autres, et peut à l’occasion être agressif verbalement et physiquement. Vous ne comprenez pas son comportement, mais savez en tout cas que la situation doit changer car vous en souffrez beaucoup.

Dans votre message, vous nous expliquez votre quotidien auprès de votre partenaire. Vous dites que ses comportements sont « inappropriés », et nous sommes d’accord avec vous. Mais, plus que cela, nous y constatons la présence de violence : parfois physique (par exemple lorsqu’il empoigné votre fils), très souvent psychologique, et peut-être économique également (il profite plus que vous des achats mais dépense peu, sans doute moins que vous). Le plus souvent, il s’agit d’indifférence à votre égard : il vit sa vie comme il l’entend, et vous « écrase » s’il se sent dérangé. Cette forme de violence psychologique n’est pas bien reconnue par la loi, mais il s’agit pourtant bien de violence. Vos ressentis vous indiquent que quelque chose ne va pas : vous vous sentez épuisée, avez perdu votre joie de vivre, c’est un combat pour communiquer avec lui, ses paroles peuvent vous faire sursauter de peur,... Nous pensons qu’il est important de les écouter.

La vie de famille n’est pas toujours paisible, mais il semble dans votre situation que votre compagnon en est au centre, et que les autres membres de la famille agissent en fonction de lui. Dans un couple, d’autant plus lorsque des enfants sont présents, il devrait pourtant y avoir selon nous une relation de tendresse, d’entraide, les partenaires devraient former une équipe. Y-a-t-il avec votre compagnon de tels moments de complicité entre vous ? Quels sont vos besoins dans votre relation, et sont-ils satisfaits actuellement ? Vous imaginez-vous poursuivre cette relation si elle n’évolue pas, dans 1 an, 10 ans ? Et vos enfants, sont-ils heureux ? La violence a, il est vrai, un impact sur vous, mais également sur vos enfants et vous êtes responsable de les protéger. Il n’est pas facile de répondre aux questions que nous vous proposons, aussi nous vous proposons de faire appel à des professionnel-le-s qui pourront vous aider dans votre réflexion et vous écouter sans jugement. En effet, il est important que vous ne restiez pas seule avec votre ressenti. A Genève, Solidarité Femmes propose des entretiens (individuels ou de groupe) ainsi qu’une permanence téléphonique au 022 797 10 10. N’hésitez donc pas à les contacter ! Pour notre part, nous restons également à votre disposition si vous ressentez le besoin.

Nous vous souhaitons le meilleur pour la suite, et beaucoup de bonheur avec vos enfants.

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