Régulièrement et depuis des années notre voisin du dessus crie sur son épouse,l'insulte son épouse et peut-être la bat, mais nous n'en sommes pas certains. Elle le défend lorsqu'il y a une intervention de police (c'est déjà arrivé à plusieurs reprises) et nie en bloc, mais tout le voisinage entend régulièrement les hurlements du mari et les cris de la femme, les meubles jetés par terre, les insultes même dans les couloirs de l'immeuble adressés à sa femme. Elle est clairement en détresse mais en grande dépendance émotionnelle et ne parvient pas à faire le pas de se libérer et de trouver de l'aide à l'extérieur. Nous qui vivons en dessous sommes démunis et avons l'impression d'assister à des maltraitances quasi quotidiennes sans pouvoir rien y faire. La violence semble d'ailleurs empirer. Que pouvons-nous faire, tenant compte du fait que la femme refuse d'admettre qu'il y a un problème et nie? L'un de ces jours il y aura un vrai drame...
Bonjour Raffa,
Vous nous écrivez car votre voisine du dessus semble subir de la violence de la part de son mari, mais les interventions de la police n’y changent rien puisqu’elle nie alors tout problème. Vous avez peur de ce qui pourrait lui arriver si la situation continue. Vous avez bien fait de nous écrire.
En effet, la violence, quelle que soit sa forme, peut avoir des conséquences très graves sur la personne qui la subit. Votre inquiétude est donc bien fondée, d’autant plus comme vous l’avez remarqué que le plus souvent la violence risque d’augmenter avec le temps. Toutefois, bien que, de l'extérieur, la solution la plus logique soit de quitter son mari violent, la réalité n’est pas si simple. Souvent, les victimes de violence ont peur des conséquences si elles essaient de s’éloigner, et pas sans raison puisqu’il existe effectivement un risque d’augmentation de la violence lors de la séparation. Il est donc important d’être bien préparé avant de faire ce choix. A cette peur s’ajoute également les sentiments d’amour qui peuvent encore être ressentis pour la personne violente, ainsi qu’une forme d’emprise – une des conséquences de la violence – qui fait que la victime va se sentir coupable de la violence plutôt que d’en attribuer la responsabilité à son conjoint, et peut aussi avoir l’impression de ne pas être assez capable pour agir. Il n’est ainsi pas rare que des femmes restent des années dans cette situation, ou retournent vers leur mari après avoir pris la décision de le quitter. Si votre voisine n’est pas prête à faire des démarches pour le moment, cela fait donc partie d’un processus normal. Il n’est pas facile de respecter le rythme de la victime quand on la voit souffrir de la situation de violence, mais c’est pourtant essentiel. La violence prive sa victime de son autonomie, il est donc important que le choix de rester ou de partir soit le sien, plutôt que d’y être poussée par une personne de son entourage. C’est à cette condition que la rupture sera le premier pas vers un processus de reconstruction.
Bien que respecter les raisons de votre voisine pour nier la violence face à la police soit important, cela ne signifie pas que vous devez rester les bras croisés. Tout dépend d’à quel point vous êtes prête à vous impliquer, et de vos possibilités d’actions concrètes. Par exemple, il y a-t-il des moments où votre voisine est seule chez elle et où il vous serait possible de lui parler ? Vous pourriez alors lui dire que vous êtes présente si elle souhaite parler de sa situation, et/ou lui parler des services qui peuvent l’aider (qui sont généralement confidentiels et gratuits), tel que notre site, ou à Genève la ligne téléphonique pour les violences domestiques au 0840 110 110. Si une discussion en face en face n’est pas possible, qu’en est-il de laisser des flyers touchant à la violence conjugale (vous en trouverez certainement chez votre médecin ou pharmacien, sinon notre association et d’autres peuvent en envoyer gratuitement) dans les parties communes ou dans sa boîte aux lettres ? Quel que soit votre choix, prenez garde à assurer en priorité votre propre sécurité. Une confrontation directe avec le mari auteur de violence est par exemple à éviter. Vous ne dites pas dans votre message qui appelle la police, mais continuer à la faire intervenir à chaque épisode de violence, bien que semblant inutile sur le moment, peut éviter un drame tel que vous le redoutez et demande un investissement relativement minime.
Nous espérons que la situation s’arrangera rapidement pour votre voisine, et que vous pourrez ainsi retrouver votre tranquillité. N’hésitez pas à nous recontacter si vous avez une autre question.
Bonjour Angela, Vous nous faites part de la situation complexe dans laquelle vous vous trouvez et de la violence qu’exerce...
Bonjour Madame, Vous constatez l'installation dans vos comportements de réactions de violences et vous faites des liens avec votre passé...
Bonjour, Vous êtes à la recherche d'une orientation afin de pouvoir parler de votre situation à une-e professionnel-l-e-s, tenant compte...