En cas d’urgence: Police: 117 | Ambulance: 144

Questions et réponses

Je veux divorcer mais en même temps je ne veux pas quitter la Suisse.

Question
29 Juillet 2015 - old...

Je suis un HOMME de 30 ans, je vis en suisse depuis moins d'un an suite à un regroupement familial avec une Suissesse. Dès le 1er jour de mon arrivée, j'ai constaté que la femme que je rencontrais au Maroc avec toute sa douceur etc n'est pas celle que je viens de voir en suisse.. ma femme dès le 1er jour me demande de trouver un emploi et qu'elle ne peut pas m'entretenir.. mais oui le 1er jour quelques heures après mon arrivée.. ce n'est pas facile de trouver un boulot, j'ai mis 5 mois pour trouver un emploi à 50% mais durant toute cette période et jusqu'au aujourd'hui je vis dans l'enfer.. ma femme m'insulte tout le temps (Sale Arabe.. Sale Musulman etc).. qd je ne travaillais pas elle n'a jms voulu me payer mon assurance maladie donc j'ai resté 5 mois sans assurance.. elle m’humiliè disant que ce que je suis entrain de manger c'est grace a elle etc etc je devais faire le ménage tout le temps, sortir les chiens, mmais j'ai pas droit de sortir, d'aller en ville, de rencontrer des gens et surtout parler à une femme quelque soit la raison etc, j'ai même pas le droit de regarder la tété, disant que c sa télé et que moi j'en ai rien ici.. après j'ai découvert que ma femme a des poursuites de presque 500.000 chf, et mnt elle a une saisie de salaire, et elle a toujours refusé une séparation de bien, elle estime que je dois prendre ma part de dettes.. mnt elle me demande de payer avec elle 50% des charges, je suis d'accords mais pour elle 50% veut dire tout son leasing de voiture que moi j'ai pas droit de conduire, ces parfums etc enfaite j'en ai pas le droit d'acheter ce que je veu.. aujourd'hui je travail à presque 75% et je fais la femme de ménage aussi car c moi qui fait le menage et qui sort les chiens et je cuisine 80% des repas.. ma femme m'interdit de pratiquer ma religion, elle me dit que ici c la suisse, pour etre musulman faut aller au maroc.. j'ai pas droit de parler à ma famille au tél ou sur internet.. j'ai essayé de resumé ce que je vis, c'est un harcelement moral, car ma femme me menace de me renvyoer chez moi si je refuse de faire ce qu'elle me demande.. je veux divorcer et en même temps je veux pas quitter la suisse.. je ne peu plus vivre avec elle, et le retour au maroc sa sera considéré comme un échec, desfois je pense à me suicider et mettre terme à cette souffrance, cela devient vraiment dure à supporter

Réponse
08-12-2014

Bonjour Sindibad,

Depuis bientôt un an, vous "vivez dans l'enfer" et dans l'isolement, avec une épouse qui vous maltraite. Vous avez bien fait de nous écrire, car dans ce genre de situation il vaut mieux ne pas rester seul avec sa souffrance et son sentiment d'impuissance. Bravo d'avoir eu le courage de vous adresser à nous, ce n'est souvent pas facile, et encore moins lorsqu'on est un homme. Mais notre site, bien qu'il semble s'adresser surtout aux femmes, s'adresse également aux hommes.

En Suisse, la loi est claire : la violence conjugale, sous toutes ses formes, constitue un délit. Ce ne sont donc pas seulement les violences physiques qui sont répréhensibles, mais aussi les insultes, les humiliations, les interdictions de sortir, les abus sur le plan financier, etc. Vous êtes en droit de porter plainte contre votre femme à chaque fois qu'elle vous injurie ou qu'elle a des propos racistes à votre égard, rien ne vous en empêche. Il vous suffit pour cela de vous rendre dans un poste de police.

Les violences psychologiques font autant de mal que les violences physiques. Si elles ne laissent pas de traces sur le corps, elles en laissent sur l'âme et nous comprenons votre état actuel de grande souffrance.
Votre femme n'a pas le droit de vous menacer de quoi que ce soit. Elle ne peut d'ailleurs pas choisir de "vous renvoyer chez vous", ce n'est pas à elle d'en décider. Seules les instances d'immigration peuvent prendre ce genre de décisions.

Par ailleurs, vous avez le droit d'exercer votre religion, le droit de sortir, d'avoir des contacts sociaux, des contacts familiaux, et vous avez le droit à votre intégrité psychologique.

Vous n'êtes en outre pas tenu d'assumer les dettes contractées par votre femme AVANT le mariage, ni de payer pour une voiture que vous n'êtes pas "autorisé" à conduire. Vous avez le droit de vous défendre et de consulter un service juridique qui vous conseillera gratuitement (davantage d'informations ci-dessous).

Dans les circonstances que vous nous décrivez, nous comprenons bien que vous souhaitiez divorcer. Nous entendons aussi que vous désirez rester en Suisse, et que le retour au pays serait pour vous vécu comme un échec. Votre situation est cependant particulière et il vaudrait la peine de consulter un/une juriste pour être bien conseillé. En effet, la loi suisse prévoit que les étrangers n'ont droit à un permis de résidence qu'après trois ans de mariage. Toutefois, si le mariage n'a pas duré trois ans mais que la personne en question est victime de violences conjugales, et  qu'elle est bien intégrée (par exemple parle la langue, travaille, ce qui est votre cas), alors les autorités peuvent faire des exceptions à la règle. Mais nous ne pouvons rien vous garantir, chaque situation étant examinée séparément. Nous vous recommandons par conséquent de consulter un/une avocate qui saura vous informer et vous conseiller mieux que nous. Vous avez droit aux services gratuits de la LAVI (centre d'aide aux victimes d'infractions) même si vous n'avez pas porté plainte pour les mauvais traitements subis. Pour les francophones du canton de Berne, il y a un centre à Bienne, 4, rue de l'Argent. Les consultations y sont gratuites et confidentielles. Tél. 032  322 56 33.

Voilà pour l'aspect juridique. Maintenant, sur le plan personnel, nous pensons qu'un soutien vous serait utile, et nous vous encourageons vivement à chercher l'aide de professionnel-le-s. La violence  isole, elle détruit, elle sape les forces et le moral. Il est important que vous pensiez à prendre soin de vous, à vous protéger du mieux que vous le pourrez. Vous n'êtes pas tout seul, il existe des services d'aide prêts à vous soutenir : en particulier PHAROS, qui se consacre aux hommes confrontés à la violence de leur partenaire (quelle que soit la forme de ces violences) et où travaillent des spécialistes formés à ces questions. Les bureaux sont à Genève, mais vous pouvez tout de même téléphoner et demander conseil. Seriez-vous prêt à vous lancer et à prendre contact ? Vous n'aurez certainement pas à le regretter, vous serez écouté, entendu et compris. Tél. 078  945 64 84.

Vous évoquez dans votre message des idées suicidaires qui vous viennent pour "mettre terme à cette souffrance". La dépression est l'un des effets fréquents de la violence et ces idées noires sont à mettre en lien directement avec celle que vous subissez. Nous nous inquiétons pour vous et vous recommandons d'en parler à votre médecin dès que possible, ou tout au moins d'en parler à Pharos. Cet état de profonde tristesse peut être allégé sur le plan médical.

Gardez courage. Vous verrez, alors qu'aujourd'hui votre situation vous semble sans issue, tout à coup vous verrez la lumière au bout du tunnel et votre vie reprendra sa couleur.
Nous restons à votre disposition si vous avez d'autres questions et sommes de tout coeur en pensée avec vous. Nos voeux vous accompagnent. Prenez soin de vous !

Autres questions qui pourraient également vous intéresser

Quitter le site (touche esc) Poser une question
Retour au sommet