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Questions et réponses

J'ai appris qu'elle se faisait maltraiter par son époux.

Question
21 Avril 2015 - old...

Bonjour, Hier soir lors d'un souper avec une amie très proche, j'ai appris qu'elle se faisait maltraiter par son époux. Dans ce cas précis, qui après quelques questions c'est avéré ne pas être la première fois, elle venait de subir dans l'après-midi un accès de colère de son conjoint. Tirage de cheveux et coup de pied dans le dos. Cet accès a été particulièrement violent. Elle était sous antalgique et a pris rendez-vous aujourd'hui chez un osthéo. Il m'est difficile de juger, par contre j'aimerai savoir qu'est-ce que je pourrais raisonnablement faire étant donné que cette personne est terrorisée et semble complétement avoir perdu pied.

Réponse
30-04-2015

Bonjour Arawack,

Vous avez bien fait de nous écrire. Dans une situation comme la vôtre, il est souvent difficile de savoir que faire et comment bien faire ! Nous comprenons que vous vous sentiez un peu démuni, tout en ayant envie de porter secours à votre amie, ce d'autant plus qu'elle vous est apparue "terrorisée".

Cette peur permanente est l'un des effets les plus visibles de la violence conjugale. Mais cette dernière, qui peut prendre plusieurs formes, a également d'autres conséquences comme la honte, la culpabilité et une estime de soi en chute libre.

La violence conjugale est un délit. Votre amie le sait-elle ? Informez-la de ses droits, comme celui de quitter le domicile conjugal (art.175) puisque son bien-être est gravement menacé, ou encore celui de porter plainte. Par ailleurs, conseillez-lui de se faire faire un certificat médical ou un constat par son ostéopathe. Car même si elle ne souhaite pas s'en servir pour le moment, un jour viendra peut-être où ce genre de papier lui sera utile. Encouragez-la donc à garder précieusement toutes les preuves des violences subies. Et puis, vous pouvez aussi lui faire connaître notre "plan d'urgence".

Bien que vous ayez peut-être envie d'intervenir directement, de faire quelque chose pour elle au plus vite, de la protéger, dites-vous qu'il faudra vous armer de patience car vous ne pouvez agir à sa place. Et elle-même, justement, n'est peut-être pas encore prête à entreprendre concrètement quoi que ce soit pour s'affranchir de la tutelle de son mari. La violence (qui peut être physique et qui se double toujours de violence psychologique) a souvent un effet comme paralysant et le déclic qui pousse ses victimes à s'en sortir peut mettre du temps à se produire, selon les situations.

Tout ce que vous pouvez faire pour l'instant, c'est informer votre amie sur le phénomène de la violence, qui est plus fréquent qu'on ne le pense (vous trouverez quantité de renseignements sur notre site), lui dire que de nombreuses femmes ont vécu ce qu'elle est en train de vivre et s'en sont sorties, l'assurer de votre soutien quoiqu'il arrive, l'encourager du mieux que vous le pourrez dans les temps à venir sans pour autant lui dicter ce qu'elle doit ou devrait faire (son mari s'en charge déjà...), la valoriser à chaque occasion. Et puis, donnez-lui les coordonnées des services d'aide à sa disposition, comme le centre LAVI (service officiel d'aide aux victimes d'infractions) dont les consultations sont confidentielles et gratuites (tél. 027  323 15 14 ou 024  472 45 67 ou 027  946 85 32), ou encore les foyers où peuvent se réfugier les femmes dans sa situation lorsqu'elles décident de se mettre à l'abri des violences (Foyer Aurore à Sion, tél. 027  323 22 00, et Foyer Point du Jour à Martigny, tél. 027  723 20 03).

Il n'existe pas encore en Valais, comme dans la plupart des autres cantons, de service de consultations "ambulatoires" pour les femmes confrontées à la violence d'un partenaire. Mais il existe une permanence téléphonique spécialisée en la matière où votre amie peut s'adresser : les EssentieElles, tél. no 079  320 98 70. En outre, le centre lausannois de MalleyPrairie pourra également la renseigner au besoin : tél. 021 620 76 76.

En espérant que ces quelques pistes sauront vous être utiles, nous vous souhaitons, à vous comme à votre amie, bonne chance pour la suite. Nous restons en pensée avec vous. Gardez courage et espoir !

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