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Questions et réponses

La seule solution que j'aie trouvé c'est d'être aussi perverse que lui.

Question
23 Mars 2015 - old...

Bonjour, j'ai enfin trouvé le courage de vous écrire car en lisant vos articles, je me dis que je ne suis peut être pas folle. J'aime mon conjoint depuis bientôt 10 ans, nous avons surmonté pas mal de difficultés ( surendettement, problèmes avec la justice, jalousie maladive de sa part) et nous avons un merveilleux petit garçon de 4 ans. Cependant, plus le temps passe et plus je me drogue aux anxiolytiques pour ne plus entendre ses reproches. Dès que je l'entends se lever j'ai un pincement au coeur de savoir s'il est de bonne ou de mauvaise humeur. Le ménage mal fait ou pas fait, la mauvaise éducation que je donne a notre enfant, une amie qui publie sur les réseaux sociaux, une fatigue, ma famille.... Tout est devenu prétexte aux insultes et surtout au rabaissement incessant même devant notre fils. Je lui ai montrer les "critères" de violence psychologique mais il dit que je mens, que je suis une malade et que je devrais prendre un calmant. Après mûres réflexions, il me semble que je fais face a un pervers narcissique. Je l'aime mais la seule solution que j'ai trouvé c'est d'être aussi perverse que lui et honnêtement j'ai beaucoup de mal car ça ne m'est pas naturel et a long terme je sais pertinemment que ça n'est pas bon. Je ne sais plus quoi faire pour le faire réagir, la psychiatre que j'ai vue m'a simplement rendue accro aux antidépresseurs et anxiolytiques. Je ne veux pas me séparer de lui, je voudrais tellement être forte et respectée. Que dire de plus car les exemples sont infinis? Quelles que soit les réponses je les accepte et les attends... Mille merci

Réponse
31-03-2015

Bonjour Stelladimare,

Bravo d'avoir trouvé le courage de nous écrire ! C'est important de partager avec autrui lorsqu'on commence à se demander si l'on est ou non dans une situation de violence, sous quelque forme que ce soit. Ce n'est pas toujours facile à identifier. Sans compter que la violence conjugale, comme vous l'avez sans doute lu dans les pages de notre site, a pour résultat d'amener les personnes qui en sont les premières victimes à douter d'elles-mêmes, à se demander à tort si elles ne sont pas folles, si tout n'est pas de leur faute, etc. C'est là un de ses effets caractéristiques. Non, vous n'êtes pas folle.

Les reproches incessants, les insultes, la jalousie maladive et le rabaissement continuel que vous évoquez dans votre message relèvent de la violence psychologique, une violence qui fait autant de mal que les autres formes de violence et génère une grande souffrance. Nous comprenons votre désarroi, votre envie que les choses changent, que vous puissiez "faire réagir" votre mari, que vous trouviez enfin la bonne stratégie (car comme vous l'écrivez avec beaucoup de lucidité, jouer vous-même "à être aussi perverse que lui" n'est pas la solution. Abuser des médicaments à long terme non plus).

Vous nous dites que vous "voudriez tellement être forte et respectée" : voilà un bon projet ! Qu'allez-vous entreprendre pour faire vos premiers pas dans cette direction ? Parce que oui, vous avez droit au respect. Vous avez droit à l'écoute. Vous avez le droit d'être reconnue comme la personne que vous êtes, avec toute sa richesse, ses valeurs, ses ressources.

De son côté, votre petit garçon a, lui aussi, le droit de vivre dans une atmosphère sereine où règnent le respect mutuel et le dialogue. Pour les enfants, un climat de tensions perpétuelles, de paroles aigres ou insultantes, n'est guère favorable à un bon développement, vous en êtes sûrement consciente.

Nous comprenons que vous n'envisagiez pas, du moins pour l'instant, de vous séparer. Mais à nos yeux il serait bon que vous ayez pendant quelque temps le soutien de personnes spécialisées, car ce que vous vivez au quotidien est loin d'être facile. Seriez-vous prête à fixer un entretien avec l'une ou l'autre des collaboratrices de Solidarité femmes à Genève ? Elles sont qualifiées et formées aux questions de violence dans le couple, et elles reçoivent toutes les femmes confrontées au phénomène. Leur service est confidentiel et gratuit. Nous vous encourageons vivement à faire appel à elles pour discuter de vos difficultés actuelles, de vos options, pour clarifier vos doutes et obtenir réponse à vos questions éventuelles. Tél. 022 797 10 10.

Nous restons en pensée avec vous et espérons de tout coeur que vous réussirez bientôt à mettre en oeuvre votre "projet respect". Bonne chance et bon vent !

 

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