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Questions et réponses

Verbalement, il est dur, très très dur.

Question
26 Juin 2014 - old...

Bonjour, Je me sens complétement perdue et je ne veux pas en parler autour de moi. je suis avec mon compagnon depuis 2 ans et demi et nous vivons ensemble depuis 6 mois. Nous avons pas mal de souci financier dû à pas de mal de situation exceptionnelle. Etant fonctionnaire, j'ai la sécurité de l'emploi et du coup du salaire. lui est indépendant donc cela varie chaque mois. il n'est pas violent physiquement, même s'il m'a poussé deux fois depuis que nous sommes ensemble. mais verbalement, il est dur, très très dur... il me dit que je suis conne, que je suis débile, attardée. si nous discutons ensemble de politique ou tous sujet "sérieux" si je n'ai pas le même avis ou s'il est faux, il me dit que je suis conne, que je devrais me renseigner avant de parler, que quand on sait pas on dit pas... il a 5 ans de plus que moi mais il me traite comme si je n'avais jamais vécu avant lui, que j'étais dans un couvent et que je découvre la vie avec lui. il ne veux pas que je prenne la voiture seul pour un trajet d'1h30, ne veux pas que je rentre en bus le soir seule. Et concernant mes histoires passées, il péte un cable dès qu'il est au courant de quelque chose. Ces derniers temps, il est persuadé que je le trompe parce que je suis rentrée du travail à 18h30 alors que je lui avais dit que je rentrais à 17h30. je lui ai expliqué que j'avais des choses à faire étant bientôt en vacances mais il ne veux pas le savoir. dès que je lui réponds quand il s'énerve, il est sûr que j'ai rencontré quelqu'un. il a déjà été trompé une fois et du coup me dit que "toutes les femmes sont pareils, elles trompent toutes, elles sont toutes vénales" il me dit souvent que je n'ai qu'à le quitter pour trouver quelqu'un qui gagne bien sa vie pour que je puisse être tranquille. Mais après ses crises, il me prend dans les bras, s'excuse, pleurs, dit qu'il m'aime plus que tous qu'il est vraiment désolé, qu'il ne pourrait pas supporter de vivre sans moi, que je suis l'amour de sa vie. Dans les moments où tous se passe vraiment très bien, où on rigole, on discute de politique avec un avis différent sans mot dur, mais vraiment où s'est idilyque, il me redit qu'il m'aime et qu'il ne peut pas vivre sans moi. il a également un frère jumeau très gentil mais particulier. ils s'embrouillent ensemble très souvent (mais moins qu'au début quand on étais ensemble, mon copain prend la situation avec plus de recul) et s'insultent à un niveau qui ne nous ai jamais arrivé. et deux jours après ils se reparlent comme si de rien n'était. Je me dis que c'est son mode de fonctionnement avec son frère donc il agis de la même manière avec moi même si ce n'est pas au même niveau. Je suis perdue. je l'aime encore et quand tous se passe bien c'est un réel bonheur mais quand on s'enerve c'est insuportable, je n'en peux plus. pourtant je sais bien qu'une relation sans enguelade n'existe pas et ce n'est pas bon car trop de non dit, mais il y a la manière... Merci de m'avoir lue. Sally_18

Réponse
09-07-2014

Bonjour Sally,

Excusez le retard avec lequel nous vous répondons. Il arrive que nous ayons de la peine à tenir les délais quand nous recevons beaucoup de questions à la file.

Bien sûr qu'une relation sans divergences de vue ni prises de bec ça n'existe pas. Mais il ne faut pas confondre les choses, et savoir faire la distinction entre  de simples disputes de couple et ce qu'on appelle la violence conjugale. Cette dernière implique une volonté de dominer l'autre, de le contrôler, de le rabaisser, et de lui faire porter la responsabilité de tout ce qui ne va pas dans la relation.

D'après ce que vous nous décrivez, il semble bien que votre compagnon tende à exercer un fort contrôle sur vous et sur votre vie. D'autre part, il use de violence verbale et vous parlez également d'un début de violence physique (vous pousser n'est pas acceptable, et cela a déjà eu lieu deux fois en six mois). Rien d'étonnant par conséquent à ce que vous vous sentiez "perdue" et que vous "n'en puissiez plus". La violence conjugale s'installe de façon insidieuse et elle est destructrice, il se fait un travail de sape dont les conséquences sont justement le désarroi, le doute,  la dépression et d'autres symptômes psychiques ou physiques.

Sachez que cette violence constitue un délit. Vous êtes donc en droit de porter plainte, par exemple pour injures. Vous dites "l'aimer encore" et nous comprenons que la situation soit difficile pour vous. Mais soyez vigilante : au fil du temps, la violence s'aggrave en fréquence et en intensité si rien n'est entrepris. Elle a des effets toxiques et la manière dont les auteurs, après coup, se confondent en excuses et en serments d'amour, pour recommencer à la première occasion, entretient chez les personnes qui en sont victimes l'espoir illusoire d'un changement à venir. Notre site vous donnera des informations sur ce cycle de la violence et sur le piège qu'il représente.

C'est votre compagnon qui le premier et le seul peut mettre un terme à ses comportements violents, mais il faut pour cela qu'il accepte de se remettre en question et fasse tout un travail de réflexion sur lui-même et sur sa vision des relations hommes-femmes - de préférence avec l'aide de quelque professionnel-le. Vous-même ne pouvez pas agir sur la violence, qui n'a rien à voir avec vous et de laquelle vous n'êtes responsable en rien. En revanche, vous pouvez poser des limites et lui signifier que vous n'êtes plus prête à accepter l'inacceptable.

Bien que vous ne nous posiez pas de question directe, nous nous permettons de vous donner deux éléments qui nous semblent importants : tout d'abord, lorsque vous écrivez que "vous ne voulez pas parler autour de vous" de ce qui vous arrive, attention, vous vous enfermez. Demandez-vous pourquoi vous avez ces réticences. Par honte ? Par pudeur ? Pour le protéger, lui ? En parler vous serait au contraire bénéfique, vous soulagerait et romprait votre solitude actuelle. Ensuite, nous pensons qu'au vu de la situation, il serait bon que vous ayez un soutien extérieur et nous vous suggérons de faire appel à une aide spécialisée. Il existe à Genève un service conçu pour les femmes dans votre situation. Les consultations y sont confidentielles, elles sont gratuites et offertes par des personnes spécialement formées en matière de violences conjugales. Vous y trouverez écoute, appui personnel et psychologique, et un soutien efficace. Pourquoi ne pas fixer rendez-vous ? Solidarité femmes, tél. 022 797 10 10. Vous n'aurez pas à le regretter.

Nous vous adressons nos meilleurs voeux pour la suite et restons en pensée avec vous. Bonne chance !

 

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