Je sais que je ne veux et peux plus vivre comme ça mais je culpabilise aussi... 38 ans, enfant de 18 mois, pas mariée avec le père d'origine latine ensemble depuis bientôt 3 ans. Notre relation a toujours été conflictuelle. C'est un personnage qui complique tout, qui a beaucoup souffert de son enfance car ses parents n'ont donné aucun amour (tout juste s'ils leur disaient voilà ton repas). Pas de complicité, pas de loisir (sauf quelques pic nic) bref un modèle de famille où l'homme et la femme travaillent dur et restent ensemble quoi qu'il se passe, alcool et violence. De mon côté il y a eu des difficultés mais à présent je m'entends très bien avec mon père et ma mère (divorcés). D'un côté il veut faire de son mieux et comme il le dit, fait ce qu'il y a a faire. Très travailleur, il s'occupe de travaux dans ma villa (clôturage - construction d'une cheminée - entretien des voitures, etc)mais d'un autre côté, il est odieux avec moi, n'a aucune considération pour moi et je me sens destituée de mon rôle de mère. Petit à petit, je m'isole.. je m'en rends compte, heureusement, je travaille à 100% ce qui m'aide. Avant la naissance de notre fils, il y avait déjà eu des clash ou je m'étais dit, pars.. prend tes jambes à ton cou et... nous avons eu notre fils et à peine enceinte, ça a été de pire en pire. Comment dire.. des petites scène de vie du quotidien qui devraient être pourtant simples et qui tournent au cauchemar, des petites phrases insidieuses... toujours sous prétexte de faire au mieux pour notre bien mais sans se mettre à ma place et savoir ce que je peux ressentir. Si j'ose le contre dire pour une chose.. c'est la colère et les reproches que je ne respecte pas ses choix. Pourtant j'en passe des choses que je l'ai laissé faire. Il a le droit d'avoir ses "copines" pour être "convivial" et m'a mis dans des situations que je n'aurais pas du accepter car c'est moi qui passe pour la méchante jalouse qui fait sa crise pourtant on m'a appris le respect mais visiblement nous n'avons pas la même notion du respect. Il m'accuse de ne pas être une femme comme les autres, qu'aujourd'hui, les femmes quittent le "domicile conjugal" dès le moindre problème, etc.. Des jalousies et reproche si des hommes me parlent (alors que nous sommes en soirée chez des amis).. et lorsque je reçoit ma famille ou des amis, soit il se mets en retrait et nous ignore soit il est aux petits soins et dès que nous sommes à nouveau seuls, il me fait des reproches ou m'ignore durant des jours...Aujourd'hui avec notre fils, il me dit que je suis une bonne mère.. mais il n'a de cesse de me dire que je doit savoir d'instinct ce qui est bon pour lui et me reproche de demander conseil à son pédiatre pour un oui pour un no...(alors que mon entourage me dit que moi et mon fils on se ressemble beaucoup et qu'on a une belle complicité qui se voit) et lorsque je le voit faire quelque chose que je ne pense pas adapté pour notre fils, il me dit de me taire avec mes théories et n'en fait qu'à sa tête. Depuis peu, notre fils fait des crises de pleurs la nuit. Difficile de le calmer durant parfois 30 minutes et si c'est moi qui l'ai dans les bras, son père ne peut pas me laisser seule pour tenter de l’apaiser, il me tourne autour ce qui énerve encore plus notre fils. Et plus notre fils pleure, plus son père stress et finit par me hurler dessus car je ne fais pas si ou ça.. ou au contraire, il me critique que je dois rester dans la chambre pour le calmer (je rappelle que nous avons une maison) et si je sors de la chambre, il me hurle dessus que je n'ai qu'à continuer pour mieux le réveiller. Un autre jour alors que c'est lui qui s'est levé pour lui donner un biberon, j'ai juste demandé si le petit s'était rendormi.. il m'a hurlé de fermer ma gueule et de dormir.. et j'en passe des comme celle-là, il y en a tant. J'arrive à bout de patience et j'ai déjà eu 2-3 accès de colère et de violence (fait valdinguer des chaises, tapé contre un mur, je l'ai poussé et hurler de partir). Je me retiens de m'en prendre à lui et hier soir, ça a été la goutte d'eau en trop... alors que notre fils pleurait à nouveau et qu'il n'arrivait pas à le calmer sans s’énerver et lever la voix contre.. je lui ai calmement demandé ce qui se passait et pourquoi le petit pleure (a t'il de la fièvre, mal aux dents etc.. ) il m'a ignorée malgré avoir calmement répété ma question a plusieures reprises. Voyant que le petit ne se calmait pas, je suis finalement intervenue (normalement je lui demande toujours si je peux l'aider, si je peux faire qqch ou si je peux prendre le petit dans mes bras)et là, je ne l'ai pas fait, volontairement, à bout de patience. Il m'a attraper violemment le bras en levant l'autre pour me menacer de me frapper, ce qui a fait hurler notre fils encore plus fort... il m'a menacé de me mettre une baffe et autre tannée de ma vie, le bras levé ... je n'ai pas montré ma peur et je l'ai contré en le regardant droit dans les yeux " vas-y". Il m'a arraché le petit des bras et m'a accusé de toujours chercher les histoires devant le petit. Je suis partie chez le voisins pour me calmer et je suis rentrée à la maison plus tard. Ce matin, j'ai mener notre fils chez la nounou et en partant je lui ai dit qu'il avait toute la journée pour préparer ses affaires et quitter la maison. Je ne voulais pas en arriver jusque là..mais il est si orgueilleux, obtus.. et il arrive toujours a tourner les situations pour se faire passer pour la victime. La dernière fois que j'ai vu rouge, je l'ai mis dehors avec une valise, il est allé vivre chez un ami durant 1 mois et il a dit à tout le monde "c'est elle qui m'a foutu dehors" Il ne venait même plus voir son fils sous prétexte qu'il était à la rue. Il s'est plein d'avoir du dépenser son argent pour se racheter des habits, etc...alors que je ne l'ai jamais interdit de venir chercher ses affaires et de venir voir son fils ou de le prendre. Voilà.. je ne suis pas toute blanche dans cette histoire mais je sais une chose... je veux juste vivre en paix et voir mon fils s'épanouir.
Bonjour Madame,
Tout d'abord nous voulons vous dire bravo pour votre détermination!
Vous nous décrivez une relation de couple difficile. Ce doit être effectivement douloureux de faire face à tant de violence verbale et psychologique, d'autant plus quand il y a tout de même quelques bons moments à partager. C'est d'ailleurs sans doute ce qui vous amène ce sentiment de culpabilité dont vous nous parlez.
Toutefois, permettez-nous de vous dire que vous avez bien réagi en exigeant de votre compagnon qu'il parte. Vous mettez ainsi fin à cette ambiance d'agressivité et de violence qui devait rendre la vie très difficile aussi à votre petit garçon. En effet, on sait que les enfants souffrent énormément de ce climat de violence, il est très désécurisant pour eux d'être témoin de ces scènes faites de cris et de gestes violents. Vous y êtes sensible et c'est très bien ainsi. Il est de votre responsabilité de le protéger.
Vous décrivez en détail les problèmes que vous rencontrez dans votre relation avec votre conjoint, nous y retrouvons clairement les divers types de violences conjugales expliquées sur ce site. Malgré le fait que votre ami ait eu une enfance difficile, cela ne peut pas jusifier la violence.
En faisant sortir votre conjoint violent de votre domicile, vous protégez votre enfant, vous le préserver de graves séquelles, vous vous protégez vous-même et vous vous préservez également de pulsions agressives, même si elle sont défensives, selon ce que vous nous dites. Vous réactions sont compréhensibles. Toutefois, elles ne sont pas adéquates comme solution. Vous le sentez vous-même. Cela amène à l'escalade et aux risques de plus violentes altercations encore.
Nous pensons que votre décision de vivre en paix et de voir votre fils s'épanouir est totalement légitime et nous vous encourageons à continuer de mettre tout en œuvre pour poursuivre votre projet. Vous avez déjà tenté une fois l'expérience, il est revenu et cela ne s'est pas amélioré. S'il avait voulu changer quelque chose, il l'aurait fait, il se serait fait aider ou aurait pris des chemins différents pour rompre avec le schéma de la violence. Ne vous laissez pas détruire par ces actes illégaux que sont les violences conjugales.
Restez forte comme vous avez démontré que vous êtes capable de l'être, restez ferme et déterminée.
Vous pouvez vous faire aider par des spécialistes des violences conjugales, notamment à MalleyPrairie, Tel : 021 620 76 76, Site web : www.malleyprairie.ch.
Des personnes bienveillantes vous écouteront attentivement et pourront vous conseiller, vous aiguiller vers des services compétents, selon vos besoins.
Nous espérons vous avoir répondu selon votre attente, avec toute notre considération et nos meilleures salutations.
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