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Questions et réponses

Ma soeur est actuellement victime de maltraitance psychologique.

Question
03 Avril 2014 - old...

Bonjour, Je vous écris car ma soeur est actuellement victime de maltraitance psychologique. Avec son ami, elle a deux petits garçons de 1 et 3 ans. Elle s'en occupe toute seule car son ami ne supporte pas de s'en occuper, même pas une heure. Presque tous les soirs, il se défoule sur elle en lui disant qu'elle ne sait rien faire seule, qu'elle est nulle... Il dit ne pas aimer sa vie, que c'était mieux avant les enfants. Lorsqu'ils parlent de se quitter, il dit qu'il enmenerait les enfants à l'autre bout du monde, qu'elle est une mauvaise mère, qu'il a des preuves (une photo d'elle lisant le journal à côté d'un des garçon). Il dit qu'il demandera la garde. Il la menace également par rapport à son travail. Ma soeur n'ose pas le quitter car elle craint qu'il execute ses menaces. Comment puis-je l'aider? Est-ce qu'il faut contacter la police (mais elle n'a pas de preuve de ses menaces)? le SPJ? Que faire? Merci de votre réponse.

Réponse
04-12-2013

Bonjour Fusion,

Vous vous faites du souci pour votre soeur, et vous avez envie de l'aider, ce qui est bien compréhensible. On aimerait parfois avoir en main une baguette magique ! Dans la réalité c'est plus délicat et il convient de s'informer au préalable. Vous avez bien fait de nous écrire.

En Suisse, la violence conjugale (sous toutes ses formes) constitue un délit. Donc le dénigrement aussi, et les menaces, et les menaces d'enlèvement d'enfants. Vous pouvez commencer par informer votre soeur de ses droits, comme celui de porter plainte (ce serait bien qu'elle demande un certificat à son médecin pour attester de son état psychique et de ses peurs suite aux menaces que son compagnon profère à son encontre). En outre, en cas de séparation, elle a aussi des droits par rapport aux enfants. Le père ne peut en aucun cas décider seul de qui en aura la garde, car c'est l'affaire de la justice.

A part lui donner ces informations (et, pourquoi pas, lui faire lire les pages de notre site consacrées aux divers aspects de la violence, à ses effets sur elle et sur les enfants, à ce que dit la loi)  vous pouvez assurer votre soeur de votre soutien quoi qu'il arrive, lui faire comprendre que vous êtes et resterez son alliée, même si ses choix à venir devaient ne pas aller tout à fait dans le sens de ce que vous souhaiteriez pour elle. Peut-être n'est-elle pas encore prête à partir. Parfois un certain temps peut s'écouler entre le moment où une personne victime de violence commence à envisager la séparation et celui où elle passe à l'acte. Soyez patiente. Ne la bousculez pas, n'entreprenez rien à sa place, ne cédez pas à l'envie de décider pour elle ce qui "est mieux", mais renforcez-la plutôt dans sa capacité de gérer, de réagir, de mener sa vie comme elle le juge bon au vu des circonstances. Elle a très probablement grand besoin d'être revalorisée.

Et enfin, vous pouvez lui donner les coordonnées du centre d'accueil de MalleyPrairie, où travaillent des spécialistes formé-e-s à ces questions de violence de couple. Proposez-lui de prendre rendez-vous pour discuter de sa situation : les entretiens y sont confidentiels et gratuits. Elle y trouvera une bonne écoute, des réponses personnalisées à ses questions d'ordre personnel, juridique, pratique, voire tout à fait concret. A nos yeux, cette démarche serait la meilleure chose à faire pour votre soeur. Tél. 021 620 76 76.

Pour ce qui est de votre question concernant la police, nous pensons que si votre soeur n'est pas décidée à porter plainte ni à signaler les menaces d'enlèvement, alors n'en faites rien vous-même. Vous risqueriez en effet de nuire à votre relation avec elle, et il est important qu'elle puisse continuer à avoir confiance en vous. En revanche, si elle est d'accord, vous pouvez très bien l'accompagner lorsqu'elle se rendra au poste de police.

Enfin, quant à votre idée de contacter le SPJ, sachez que rien ne vous empêche de le faire. Là aussi, des spécialistes sauront vous orienter. Vous pouvez d'ailleurs téléphoner de façon anonyme et vous renseigner en détail sur les options qu'a votre soeur. Ce n'est que quand on souhaite signaler officiellement le cas de mineurs en danger que survient l'obligation de s'identifier et de donner des noms.

Nous espérons avoir répondu à vos interrogations et restons à votre disposition au besoin. Bonne chance à vous et à votre soeur. Nos voeux vous accompagnent.

 

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