En cas d’urgence: Police: 117 | Ambulance: 144

Questions et réponses

Elle voudrait l'aider malgré lui.

Question
12 Mars 2014 - old...

Bonjour. J'ai une amie qui a 24 ans et qui est en fin d'études paramédicales. Elle vit avec un jeune homme de 26 ans (ancien "ami" d'enfance) mais qui a des problèmes sociaux (timidité avec l'inconnu, passé de violence mutuelle avec son ex-copine avec qui il est resté 5 ans, paranoïaque injuriant et harcellant de peur qu'on soit infidèle avec lui comme l'a été son ex-copine...). Elle l'a déjà quitté une fois et posé une plainte (pour coups, il l'avait étranglé, coups de pieds, tiré les cheveux débilement sans raison valable, et il agissait vraiment comme un arriéré mental avec des discours vides et nuls) qu'elle a retiré par pitié mais vraiment pitié pour lui, car il a menacé de se suicider si elle partais mais elle l'a laissé seul pendant un petit moment. Il lui a renvoyé des tas de messages pour la supplier de revenir et qu'il voulait une seconde chance et qu'il verrai un psychologue. Il a néanmoins été entendu chez les gendarmes, mais sans suites car mon amie ne lui voulait pas de mal et donc n'avait pas de certificats médicaux ou autres...) Mais pour résumer, après avoir eu pitié de lui, et être revenue (alors que mon amie pouvait continuer sans lui donc pas de profit), il n'a pas changé (d'ailleurs elle attend toujours la facture de ses soi disant rdv chez le psychologue)et il est redevenu comme avant. Mais dois-je dire à mon amie de reposer une autre plainte (avec des photos s'il y en a)ou de faire une demande d'hospitalisation en pavillon psychiatrique pour lui ? Car il a vraiment eu des soucis familiaux avec sa mère (violence physique, rejet affectif apparemment)et agit vraiment comme un débile, comme un arriéré mental ! Pour un rien il va vous brutaliser sans raison réelle (pour lui ce sera justifié et toujours en persécution, "on fait exprès pour l'énnerver, donc lui il réagit comme ça et c'est normal, dans sa famille il n'y a pas d'affectif, c'est la brutalité dans les mots bref). Elle ne restera pas avec lui plus tard, c'est sûr, mais en attendant que peut elle faire car elle voudrait l'aider malgré lui, pour que sa future femme ne soit pas dans cette situation non plus. Que peut-elle faire ? Merci

Réponse
22-03-2014

Bonjour,

Toutes nos excuses pour le retard avec lequel nous répondons à votre question. Nous n'arrivons pas toujours à tenir les délais !

Vous aimeriez aider votre amie et la conseiller sur la meilleure façon de réagir à la situation dans laquelle elle se trouve actuellement. D'après vos descriptions, elle est effectivement confrontée à des comportements violents de la part de son partenaire, une violence qui revêt plusieurs formes - physique, psychologique, et peut-être d'autres encore. Le chantage au suicide peut également y être assimilé.
Cela dit, il n'est pas facile de "conseiller" ni d'influencer personne dans le cas de violences conjugales (que le couple soit marié ou non) . Tout ce que vous pouvez faire, c'est informer votre amie sur le phénomène de la violence en soi (notre site donne quantité de renseignements sur le cycle de la violence et sur ses séquelles, entre autres) et sur les droits des victimes.

A partir de là, c'est à elle d'entreprendre les démarches pour se sortir à temps de cette relation néfaste, à moins qu'elle ne décide d'essayer encore de redistribuer la donne au sein de son couple. Vous pouvez également l'encourager à consulter un service spécialisé dans ces questions, afin qu'elle reçoive le soutien de personnes formées. Nous pensons entre autres à Solidarité femmes, à Neuchâtel (tél. 032  886 46 36) ou à La Chaux-de-Fonds, ou encore à Bienne, (tél. 032 322 03 44) qui proposent des consultations gratuites et strictement confidentielles. Pensez-vous qu'elle serait d'accord d'appeler pour fixer rendez-vous ? Ce serait à nos yeux la meilleure chose qu'elle puisse faire en ce moment.

Une autre option qui lui est ouverte est celle de s'adresser au centre LAVI de son canton, à Delémont : comme la violence conjugale est un délit, votre amie a droit aux prestations officielles d'aide aux victimes d'infractions. Là aussi, les consultations sont gratuites et le secret professionnel est garanti. Il n'est pas nécessaire d'avoir porté plainte pour pouvoir bénéficier de cette aide. Tél. 032  420 81 00.
Votre amie pourra examiner dans l'un ou l'autre de ces services l'opportunité de porter plainte (pour injures, ou coups, ou violence psychologique, ou menaces, etc.). La loi permet de porter plainte jusqu'à trois mois après les faits et l'on peut porter plainte plusieurs fois si nécessaire.

Vous nous écrivez que votre amie souhaite "aider" son compagnon "malgré lui". Bien que vous ayez raison lorsque vous dites que son comportement violent est très probablement dû à ce qu'il a vécu étant enfant et au climat dans lequel il a grandi, nous devons vous rendre attentive au fait que la seule personne à même de faire quelque chose pour s'en sortir, c'est lui. Votre amie ne pourra pas l'aider à changer, et une vie à deux n'est pas un hôpital. Si vraiment il désire améliorer la communication au niveau du couple et apprendre à gérer  les conflits comme ses frustrations, il va falloir qu'il entreprenne tout un travail sur lui-même, en profondeur, avec l'aide d'un/une thérapeute. Cela représente un engagement de longue haleine. Le fera-t-il ?

Pour répondre à votre question, non, votre amie ne peut pas faire une demande d'hospitalisation pour ce jeune homme. Il est majeur et n'est pas sous tutelle. En revanche, elle peut mettre des limites à ses comportements violents, par exemple en portant plainte, ou encore en lui posant un ultimatum (entreprendre quelque chose, à défaut de quoi elle déciderait de mettre fin à cette relation - autre exemple). Car la violence ne s'en ira pas toute seule, au contraire. Elle a plutôt tendance à empirer. Il serait bon d'inciter votre amie à conserver toutes les preuves des violences subies (photos de bleus ou contusions, SMS de harcèlement, d'injures ou autres). Un jour, cela lui servira peut-être.

Nous espérons que ces quelques informations vous seront utiles. Nos voeux vous accompagnent, vous et votre amie, et nous restons en pensée avec vous.

 

Autres questions qui pourraient également vous intéresser

Quitter le site (touche esc) Poser une question
Retour au sommet