Bonjour, Pas facile de prendre contact avec vous, mais là, je suis au bout du rouleau. Il y 13 ans, je suis partie vivre en République Dominicaine. J'y ai rencontré mon mari. Après une année de vie commune nous avons décidé de nous marier. Il était déjà papa de 2 enfants de 4 et 2 ans. Mais n'avait jamais été marié. Après notre mariage, nous sommes revenus vivre en Suisse. Après quelques mois, nous avons pris la décision de faire venir vivre les enfants en Suisse car leur mère ne s'en occupait pas. Ils habitent donc avec nous depuis 10 ans en Suisse. Malheureusement, je n'ai aucun droit sur eux car je ne suis pas leur mère biologique. Après en 2005, nous avons eu une fille en commun. Depuis toujours, j'assumais tout à la maison... et je travaillais à 100%. La vie de mon mari se résume à travailler et rentrer pour se mettre derrière son ordinateur. Ménage, lessive, courses, suivi scolaire des enfants, paiements, etc... j'ai toujours tout fait seule. Nous ne pouvons pas partir en vacances souvent car financièrement c'est difficile, mais mon mari par contre a le droit de partir 2 semaines par année et griller 3000.- d'argent de poche pour deux semaines à lui tout seul. Il y a 6 ou 7 ans, quand il est parti en vacances, il m'a trompé. Du coup, il a fait un autre enfant sur place, qu'il doit assumer en envoyant de l'argent tous les mois. J'ai passé l'éponge encore une fois, j'ai baissé les bras. Maintenant mon mari prend de plus en plus d'aise, tout lui est dû. Il dilapide l'argent du ménage et boit de plus en plus. Avant la violence était plutôt verbal, il nous insultait les enfants et moi, mais on faisait bloc et on continuait notre vie normalement. Sous l'effet de la colère, il détruisait plutôt des choses matérielles. Après la violence est devenue plus physique, mais jamais quelque chose de dangereux. Quand il voulait s'en prendre aux deux grands, je m'interposais et généralement cela calmait la situation. Mais il y avait toujours ses menaces verbales, si vous n'êtes pas gentils, je vous revois en République Dominicaine chez votre mère. Alors je faisais tout pour arrondir les angles, pas que les enfants doivent repartir, car je le répète légalement je n'ai aucun droit. Maintenant, cela se dégrade, il y a déjà eu un début de violence envers moi cet été, une fois, mais cela s'était calmé. Par contre ce week-end cela a recommencé et cette fois j'ai des marques de mains sur les bras. Quand il m'a serré, secoué et jeté violemment. J'étais sous le choc, je n'ai même pas voulu appeler le 117, j’avais trop honte et peur du jugement. En plus lors de notre altercation, il m'a répété qu'il allait partir en emmenant les 3 enfants, même la petite dernière. Je ne sais plus quoi faire, je ne veux pas perdre mes enfants, mais je ne peux pas continuer comme cela. J'ai vraiment besoin d'aide! Merci!
Bonjour Arcoïris,
Vivre sous les insultes, les coups et le menaces de votre mari n’est plus supportable. Vous êtes restée pour vos enfants qui vous tiennent réellement à coeur. Nous écrire est déjà un grand pas pour rompre le silence et l’isolement. Des solutions existent, vous n’êtes pas seule !
Votre mari exerce sur vous différentes formes de violence depuis plusieurs années. Même si la violence physique ne vous paraît pas « dangereuse », soyez attentive au fait que le cycle de la violence s’aggrave avec le temps et peut avoir de lourdes conséquences. S’en sortir demande du temps et de la patience, mais également du soutien que vous recherchez déjà en nous contactant aujourd’hui. Ce n’est pas une fatalité.
La dernière fois que votre mari a eu un comportement violent à votre encontre, vous avez eu « trop honte » pour appeler la police. C’est normal, les effets de la violence sont destructeurs et plongent les victimes dans un sentiment d’insécurité. Nous vous encourageons vivement à sortir de ce silence en contactant la police, car la violence n’est pas justifiable, ni par les accès de colère, ni par l’alcool qui désinhibe des comportements violents déjà présents. La violence est interdite par la loi et vous êtes donc en droit de porter plainte. Les policiers sont formés à la thématique de la violence conjugale, n’ayez pas peur de les faire intervenir autant de fois que vous en ressentez le besoin. Vous pourriez également vous faire accompagner par une personne de confiance.
Nous ressentons un grand attachement envers vos enfants, vous avez envie de les protéger. Avez-vous déjà pu parler avec eux de la situation et de leurs ressentis ? Votre besoin de protection est légitime, car ils sont victimes de la violence de leur père, mais également affectés ce qu'il se passe entre vous et votre mari.
Ce qui nous interpelle particulièrement dans votre message, ce sont les menaces de votre mari en ce qui concerne vos enfants. Nous comprenons vos inquiétudes, car les risques sont bien là. Prenez au sérieux ces menaces et envisagez des mesures dès que possible. Des conventions relatives aux enlèvements d’enfants à l’étranger ont été signées entre la Suisse et certains pays, notamment la République dominicaine. En cas d’enlèvement, les démarches sont alors facilitées. Un plan d’action est prévu et des mesures de protection peuvent être mises en place.
Au vu de la situation douloureuse que vous vivez, nous vous encouragement vivement à téléphoner à Solidarité Femmes Neuchâtel (032 886 46 36). Les consultations y sont gratuites et confidentielles. Vous y trouverez les informations et le soutien nécessaires dans votre situation, tant sur le plan juridique, psychologique que personnel. Les femmes qui y travaillent pourront vous accompagner dans les démarches que vous pouvez entreprendre, notamment par rapport aux enfants dont vous n’êtes pas la mère biologique. Pour garantir votre sécurité, vous avez également la possibilité d’y loger avec votre petite fille et des solutions peuvent être trouvées pour protéger vos deux autres enfants. Les coups et les menaces constituant une infraction au sens de la loi sur l’aide aux victimes, on pourra également vous mettre en lien avec un-e intervenant-e LAVI.
En espérant que ces quelques pistes puissent vous être utiles, nous vous envoyons nos meilleures pensées. Bon courage et prenez soin de vous !
PS: dans la version publique, vous constaterez quelques modifications que nous avons faites dans votre message afin de garantir votre anonymat.
Bonjour Madame, Une amie à vous est confrontée à des violences psychologiques depuis plusieurs années et sa fille en souffre...
Bonjour Josie, D'abord toutes nos excuses pour vous avoir fait attendre. Nous avons parfois de la peine à traiter dans...
Bonjour Madame, Nous nous excusons pour le retard de notre réponse, nous avons reçu beaucoup de questions ces derniers temps....