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Questions et réponses

Je connais une femme qui me raconte sa vie de souffrance.

Question
06 Novembre 2013 - old...

Bonjour, je connais une femme à Genève avec laquelle je communique uniquement par mon reseau social qui me raconte sa vie de souffrance que son mari lui fait subir au quotidien : violence verbale,insultes, brutalité physique devant leurs enfants, et pire VIOL. Sa santé se dégrade et je la sens au bout du rouleau. mais elle n'ose rien faire car elle n'a rien (il lui a tout confisqué) et craint pour son futur et celui de ses enfants, si elle le quitte. Je lui conseille de se faire aider par une assistante mais ne connaissant pas votre pays (je suis français), je ne sais pas quoi faire pour la conseiller. Je connnais son nom et son adresse mais elle a peur... Cet homme a déjà été suivi par une assitante pour la protection infantile... mais d'après les dires de sa femme cela n'a en rien changé son comportement. les violences envers elle n'ont fait qu'augmenter... pouvez-vous l'aider ?? et comment??? je reste à votre disposition pour repondre à vos questions ou servir d'intermédiaire. Bonne journée. Cordialement. Pascal

Réponse
22-11-2013

Bonjou Skalpa,

Toutes nos excuses pour le retard avec lequel nous répondons à votre message. Nous sommes actuellement débordées.

Vous nous demandez comment aider cette personne : si elle-même nous demandait de l'aide, nous lui conseillerions de s'adresser sans tarder à Solidarité femmes, à Genève, un service spécialisé destiné aux femmes confrontées à la violence de leur partenaire ou ex-partenaire. Il offre à la fois des consultations, gratuites et confidentielles, et au besoin la possibilité d'un hébergement pour les femmes, avec leurs enfants si elles le souhaitent, dans une maison d'accueil protégée. Tél. 022 797 10 10.
Vous aussi, bien sûr, pouvez lui suggérer cette option. Vous pouvez également l'informer sur le phénomène de la violence conjugale en soi (notre site offre quantité de renseignements à ce sujet : différents types de violence, effets sur les victimes, sur les enfants, aspects légaux, cycle de la violence) et l'informer sur ses droits, comme celui de porter plainte à chaque nouvel épisode d'insultes ou de mauvais traitements, et celui de quitter le domicile conjugal avec ses enfants dès lors que son intégrité physique ou psychique est gravement menacée, ce qui semble être le cas (art. 175 du code civil suisse). Le viol conjugal est un délit grave. Les coups sont des délits également, de même que les insultes et les menaces.
Si cette femme a peur d'entreprendre quoi que ce soit pour l'instant, ne la pressez pas de prendre une décision mais écoutez sa peur. Peut-être craint-elle des représailles ? Peut-être n'est-elle pas encore prête à franchir définitivement le pas en quittant son mari ? Elle a ses raisons. Nous comprenons votre envie de l'aider, votre besoin de rétablir un tant soit peu de justice... Mais il va falloir peut-être vous armer de patience.
Nous comprenons également le sentiment d'urgence qui pourrait vous habiter, à plus forte raison parce nous savons que la violence va en s'aggravant avec le temps et que plus le temps passe, plus il devient difficile aux personnes victimes de s'en sortir. Mais nous ne pouvons pas agir à leur place. C'est à elles de prendre leur destin en main, lorsqu'elles en trouvent la force.
Ce que vous pouvez faire, c'est assurer votre amie de votre soutien inconditionnel, lui faire comprendre que vous resterez à son écoute et prêt à la soutenir quoiqu'il arrive. Un jour viendra où elle sera prête à s'affranchir de l'emprise de son mari. D'ici là, rassurez-la quant à ses craintes sur le plan financier si elle quittait la maison : elle n'est pas seule et sera aidée, ne serait-ce que par sa commune qui est tenue de subvenir aux besoins des femmes dans sa situation et de leurs enfants jusqu'à ce que le/la juge ait statué sur le montant de la pension alimentaire que devra leur verser leur mari. Et pour ce qui est de sa santé qui se dégrade suite à ce qu'elle vit au quotidien, encouragez-la à en parler à son médecin.
Une dernière chose que vous pouvez faire, c'est lui parler du centre LAVI (Centre d'Aide aux Victimes d'Infractions) de Genève. Comme la violence conjugale est un délit aux yeux de la loi suisse, elle a droit aux prestations de ce service : consultations gratuites sur le plan juridique, pratique, personnel, participation aux frais de thérapies en lien avec le délit, comme par exemple psychothérapie pour surmonter les traumatismes vécus. Tél. 022  320 01 02.
Nous espérons avoir répondu à vos questions et vous remercions, au nom de cette femme, du souci que vous vous faites pour elle et du soutien que vous lui donnez. Bonne chance à tous deux, nos voeux vous accompagnent.

 

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