Bonjour, Je me permets de prendre contact pour une question de violence psychologique qui touche une proche amie. J'ai trouvé beaucoup d'informations utiles sur le site, mais il manque la configuration " lorsque nous connaissons l'un et l'autre". Des descriptions lues sur votre site, mon amie correspond à pratiquement tous les critères, c'est inquiétant. Nous (moi et mon mari) sommes également amis avec le compagnon responsable de cette violence. Violence pas pratiquée devant nous, à part des phrases dépréciatives à certains moments. Il serait nécessaire de mettre ce monsieur en face de ses responsabilités. Le risque à mon sens est le déni, la vexation et le fait que cette personne coupe les ponts avec nous ou décourage sa compagne de nous voir. Comme vous le dites bien, elle s'est progressivement mise à l'écart et nous sommes parmi les seuls à être proches et dans la confidence. Il est difficile d'être dans la confidence des deux, mais on ne peut pas non plus fermer les yeux. L'état de cette amie se dégrade, elle est épuisée et s'occupe de surcroit de leurs enfants de 1 et 4 ans. Elle a un suivi psychologique et veut un changement et ne supporte les plus les colères de son compagnon. Cependant, comme vous l'expliquez bien, elle n'est peut-être pas prête à partir et vit dans les menaces de gardes d'enfants / juges / de son état dépressif (qui n'est d'ailleurs pas dépressif à mon avis), etc... Ma question est donc la suivante : dans ce type de cas (si tant est qu'une typologie est possible), vaut-il mieux prendre le temps est l'espace nécessaire avec la victime ou faut-il risquer le contact avec son compagnon pour qu'il sache que cette violence n'est pas complètement privée mais qu'elle devient connue ? Notons que le compagnon en question est très intelligent - enseignant à un haut niveau - qu'il manie le verbe de manière brillante; mais qu'il est aussi d'une générosité et d'une gentillesse incroyable en dehors de son couple. Merci d'avance de votre attention et des pistes possibles.
Bonjour Tem,
Avant toute chose, nos excuses pour le retard avec lequel nous répondons à votre message. Notre site est très sollicité ces temps.
À votre question, nous disons que oui, il vaut mieux diriger vos efforts vers la personne qui est victime de cette violence, lui accorder votre écoute, l'assurer de votre soutien et faire tout ce qui est en votre pouvoir pour la valoriser - et ce d'autant plus qu'à vous lire, elle semble fragilisée, et vous dites que son état se dégrade. La violence psychologique est aussi destructrice que la violence physique. Vous pouvez l'informer sur le phénomène de la violence en soi, lui faire lire les pages de notre site, et aussi l'informer sur ses droits, dont celui de porter plainte, car toute forme de violence dans le couple est interdite. Comme elle bénéficie d'un suivi, son thérapeute pourrait lui établir un certificat médical pour étayer ses dires. Ce serait un élément utile à la justice. En ce qui concerne son désir de changement, peut-être son envie de partir du domicile et ses craintes au sujet des enfants, rassurez-la : ce n'est pas son compagnon qui va décider de l'attribution de la garde, mais bien les autorités compétentes. Et s'il profère des menaces sur ce plan, c'est une violence de plus envers elle. Les juges ne sont pas sans savoir ce que sont les pressions, le chantage et les autres formes de violence exercées "de l'intérieur".
À nos yeux, le soutien de professionnel-le-s ne serait pas de trop pour votre amie en ce moment. Vous pourriez lui proposer de s'adresser à MalleyPrairie et l'encourager à prendre contact pour un entretien. Les consultations y sont confidentielles, et elles sont gratuites. Les personnes qui travaillent dans ce centre sont spécialisées dans les questions de violence conjugale et connaissent bien la loi. Votre amie y trouvera une écoute attentive, un appui solide et toute l'aide dont elle a besoin. Tél. 021 620 76 76.
Si elle ne souhaite rien entreprendre pour l'instant, respectez son choix. Prenez patience. Le jour viendra où elle sera prête à s'affranchir, et alors elle aura besoin de vous. Restez à ses côtés.
Pour répondre à la deuxième partie de votre question, bien que nous comprenions votre désir "de ne pas fermer les yeux", nous vous rendons attentive au fait qu'il est en général préférable de ne pas aborder la question des violences directement avec leur auteur : en partie parce que, comme le dites très justement, il risque de tout nier en bloc, mais surtout parce que vous risquez ce faisant d'exposer votre amie à des représailles (sans compter qu'il pourrait effectivement l'empêcher de communiquer avec vous par la suite). Soyez prudente. Les hommes qui exercent des violences envers leur compagne sont souvent très aimables, spirituels et gentils en société, et peuvent se montrer extrêmement contrôlant à la maison. Mais si vous assistez à quoi que ce soit, si vous l'entendez dénigrer votre amie ou que vous remarquez un manque de respect, alors n'hésitez pas à lui faire part de votre étonnement et de votre désapprobation. Mais cantonnez-vous à ce que vous avez observé vous-même. Ne trahissez pas les confidences qu'a pu vous faire votre amie. S'il se montre ouvert à la discussion, s'il admet que son attitude n'est pas acceptable et qu'il se montre disposé à demander de l'aide sur ce plan, vous pouvez lui suggérer de s'adresser à ViFa à Lausanne (tél. 021 644 20 45). C'est un service de conseil pour les personnes recourant à la violence.
Nous espérons que la situation évoluera de manière positive et que votre amie retrouvera son équilibre et sa santé. En son nom, merci de vous soucier de son avenir et de nous avoir écrit. A vous, nous souhaitons de savoir trouver les paroles justes. Nos pensées vous accompagnent.
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