Étant répétitrice scolaire, une voisine (12ans) m'a confié que son père frappait parfois sa mère, quand cela arrive elle va se cacher dans sa chambre pour ne pas être témoin mais qu'elle déjà vu sa mère en sang deux fois. Il fait aussi preuve de violence psychologique envers les enfants, Coller du scotch sur la bouche, les obligers parfois a se prosterner devant lui, j'ai l'impression qu'il les maltraites aussi mais je n'en suis pas sur. Étant tamoule la fille m'a dit qu'elle ne pouvait pas en parler a la police car toute la famille la renirait, et elle a peur des conséquence, la mère ne portera donc jamais plainte. La fille m'a aussi dit que ce sont ces parents qui choisiront son mari le jour ou elle se marira. Je ne sais pas quoi faire, j'ai peur d'en parler et que le père se rende compte que c'est la fille qui m'a raconter cela car je ne sais pas ce qu'il pourrait lui faire. J'habite dans le canton de Vaud, qu'est-ce que je dois faire ??
Bonjour Ecosi,
Merci de votre patience - notre réponse s'est fait attendre...
Il est toujours difficile de se trouver confrontée à une situation telle que celle que vous nous décrivez. On ne sait comment faire pour bien faire, on a peur des conséquences de son intervention, on peut se sentir très désemparée. Vous avez bien fait de nous écrire.
Votre message comprend deux aspects bien distincts : d'une part une fillette victime de violences familiales, d'autre part une femme adulte victime de violences conjugales. Du point de vue juridique, vous n'êtes pas, vis-à-vis des deux, soumise aux mêmes conditions. Prenons les cas l'un après l'autre :
Tout d'abord votre petite voisine de 12 ans : la loi suisse prévoit que toute personne en lien avec des mineurs sur le plan professionnel est tenue de signaler aux autorités compétentes les cas d'abus constatés, ou de maltraitance, ou même les soupçons de maltraitance. Si nous sommes bien informées, dans le canton de Vaud, les répétitrices scolaires font partie de ce groupe de personnes. Pour en être sûre, vous pouvez appeler le Service de protection de la Jeunesse de votre région pour poser la question (le téléphone peut se faire de manière anonyme). Si en effet vous êtes tenue légalement de dénoncer les violences dont votre "élève" est victime, vous allez devoir remplir le formulaire adéquat, ce qui peut se faire en ligne. Mais pour cela, vous devrez donner des noms, bien évidemment. Nous comprenons que vous ayez des réticences à le faire et que vous puissiez le ressentir comme une trahison vis-à-vis de l'enfant. Mais l'important, c'est de la protéger. La protéger des tourments psychologiques qu'elle endure actuellement, la protéger d'un éventuel mariage forcé ultérieur, la protéger des scènes de violence paternelle envers sa mère dont elle est le témoin - toutes choses qui tombent sous le coup de la loi et qui pourraient valoir au père des sanctions pénales, voire l'expulsion du territoire suisse.
Vous craignez peut-être que votre dénonciation ne provoque des retombées néfastes pour la fillette, le père voulant "la punir" ou se venger. Il est important que vous mentionniez vos craintes à ce sujet lorsque vous contacterez le SPJ, car les services concernés sont tenus d'assurer la protection des petites victimes qui leur sont signalées.
Ensuite, le cas de la mère. Comme elle est majeure, c'est à elle d'entreprendre les démarches nécessaires pour se protéger, personne ne peut le faire à sa place. Mais c'est parfois très difficile pour les femmes qui ont subi des violences depuis longtemps d'oser faire la pas, ou même de parler à qui que ce soit de leur souffrance. Il est fréquent qu'elles renoncent à porter plainte, par peur des représailles, ou parce qu'elles ont fini par se croire responsables de la situation. Si vous le souhaitez, lisez les pages de notre site consacrées à la violence conjugale, sous toutes ses formes, et aux conséquences qu'elle a sur les personnes qui en sont victimes. Connaissez-vous personnellement la maman ? Nous pensons que ce serait une bonne chose de la rencontrer et de parler avec elle de la situation. Vous pouvez l'informer sur ses droits, sur ce que dit la loi, sur les possibilités de protection (comme par exemple un séjour au centre de MalleyPrairie avec ses enfants pour être à l'abri un certain temps, jusqu'à ce que les choses aient pris le tournant), sur notre site si elle lit le français. Et surtout, sur l'obligation légale que vous avez de dénoncer son mari qui commet des délits vis-à-vis de ses enfants. Au besoin, faites appel à une interprète pour votre entretien si elle ne comprend pas bien la langue.
Vous pouvez également, si elle est d'accord, l'accompagner au centre LAVI de votre canton, un service officiel d'aide aux victimes d'infractions et qui les soutient sur le plan juridique, personnel, psychologique, voire financier selon les cas (tél. 021 320 32 00). Proposez-lui également de prendre contact avec MalleyPrairie pour une première consultation en ambulatoire : c'est un service spécialisé qui vient en aide aux femmes confrontées à la violence de leur partenaire ou ex-partenaire. Les entretiens y sont gratuits et confidentiels, et elle pourra discuter avec des professionnels des options qui sont les siennes, de ses droits, de son avenir, et aussi parler de ses craintes (tél. 021 620 76 76). Dites-lui que pour ses enfants, assister aux épisodes de violence de son mari est très nocif et peut compromettre leur développement. On sait aujourd'hui qu'ils en souffrent davantage que ce que l'on ne pensait autrefois. Sans compter bien sûr la violence psychologique dont ils sont directement victimes. En tant que maman, elle a un rôle important à jouer au niveau de leur protection. Il serait bon de le lui rappeler, non pas en la culpabilisant mais bien plutôt en la valorisant dans ses compétences de mère.
Soyez toutefois préparée à rencontrer une certaine résistance si vous réussissez à rencontrer cette personne. Il faut parfois du temps pour que les femmes se décident à prendre en main leur destinée et à dénoncer les violences que leur inflige leur mari. Prenez patience, dites-lui simplement que vous restez prête à la soutenir en cas de nécessité. Le moment venu, elle aura besoin de toute l'aide qu'elle pourra trouver.
Nous vous souhaitons, pour les temps qui viennent, de trouver toujours le courage devant l'action, la perspicacité avant toute décision, et surtout les paroles justes au bon moment. Nos pensées vous accompagnent.
Bonjour Marie-Soleil, Merci à vous pour ce gentil message. Ca nous fait plaisir de lire que notre réponse vous a...
Bonjour Madame, Nous nous excusons du délai de réponse, nous avons reçu beaucoup de questions dernièrement. Vous êtes préoccupée par...
Bonjour Madame, Vous décrivez une situation de voisinage qui parait comporter des violences domestiques. Cela s'apparente à de la violence...