Mon épouse a un comportement que mon médecin et le psy que j'ai consulté qualifient, sans diagnostic mais sur la base de situations et de comportements que je leur ai décrit, de borderline. La situation empire de plus en plus. Lorsque elle est en crise, et ceci survient sans que je m'y attende et à n'importe quel moment, elle se comporte très agressivement avec moi: elle m'insulte, insulte ma famille, elle casse des objets auxquels je tiens, elle hurle, il lui est arrivé de me lancer des objets contre et de me frapper, mais ces situations se sont raréfiées, peut-être parce que je lui ai dit que je ne le supportais plus. Hors crises, c'est une personne intelligente, généreuse, sociable, mais elle ne peut s'empêcher de continuellement lancer des piques, des remarques méchantes, notamment sur ma fille et ma famille. J'ai été trop gentil, et la situation est devenue telle qu'elle ne peut plus comprendre qu'elle dépasse les limites. J'ai lu que ce type de comportement, s'il est dû dans le cas de mon épouse à la maladie, ou à tout le moins à un trouble du comportements, s'apparente à de la violence conjugale. Que faire? je culpabilise, je ne suis pas capable de prendre une décision, elle refuse de consulter un psy. Je n'en peux plus moralement, je suis démotivé professionnellement. Le psy ne peut rien faire pour moi, elle n'est pas sa patiente. Mon médecin me dit que je ne peux pas continuer comme ça, je me détruis. Que faire? qui a connu une telle situation et comment elle peut se régler? Merci de m'aider
Bonjour Moidan,
Tout d'abord merci de votre patience, notre réponse s'est fait bien attendre...
Les comportements que vous nous décrivez dans votre message semblent effectivement renvoyer à de la violence à la fois physique et psychologique - cette dernière étant tout aussi destructrice que l'autre, contrairement aux représentations habituelles.
La violence conjugale est interdite, au même titre que les violences s'exerçant dans l'espace public. Les insultes, bris d'objets vous appartenant, et mesures d'intimidation comme lancer des objets dans votre direction constituent des délits et vous êtes en droit de porter plainte à chaque nouvelle atteinte à votre intégrité psychique ou physique. Il est parfois difficile de porter plainte contre son ou sa partenaire de vie, cela mérite réflexion. D'un côté, envisager cette démarche suscite des craintes qu'elle ne s'avère une arme à double tranchant, de l'autre cela a l'avantage de signifier à l'auteur-e des violences que sa conduite n'est ni tolérable ni tolérée - tant par la personne en proie à ses attaques que par l'ensemble de la société. Nous savons aussi que la plainte a un effet dissuasif dans la plupart des cas.
Vous nous demandez que faire; la plainte est l'une des actions que vous pourriez entreprendre. L'autre serait de partir quelque temps du domicile, afin de donner un signal clair que vous n'êtes plus prêt à accepter les comportements violents de votre épouse. Vous pourriez également imposer comme condition à votre retour au foyer qu'elle suive un traitement, par exemple, ou qu'elle l'ait déjà suivi durant une durée X ou Y. Ou encore qu'elle accepte d'entreprendre ensemble une thérapie de couple.
Nous savons que tout cela est plus vite dit que fait. Mais il arrive un moment où les paroles ne servent plus à grand-chose, lorsque l'autre refuse le dialogue, et que seuls les actes ont encore une portée.
Nous comprenons que vous soyez à bout, psychiquement, et que les retombées de votre état se manifestent jusque dans votre domaine professionnel. Votre médecin a raison lorsqu'il vous dit de vous protéger. La violence est très destructrice. Elle accomplit un travail de sape en profondeur, qui s'aggrave au fil du temps. La "culpabilité" que vous évoquez, cette "incapacité de prendre une décision", sont des effets caractéristiques de la violence conjugale. Ces symptômes disparaissent lorsque la personne victime n'est plus exposée au dénigrement perpétuel et aux éclats de colère imprévisibles.
Nous pensons qu'en ce moment de grande souffrance vous avez besoin de soutien, car la situation que vous vivez est lourde à porter et vous vous sentez fragilisé. Vous avez bien fait de nous écrire afin de demander de l'aide. Bravo d'avoir eu ce courage, c'est souvent le premier pas qui est difficile. Seriez-vous prêt à faire le pas suivant ? Nous pensons à une consultation chez un spécialiste des questions de violence exercée par des femmes à l'encontre de leur mari. Voici le site en question : "Pharos", http://www.schge.ch/sc/. Nous vous encourageons vivement à prendre contact. Genève n'est pas si loin du canton de Vaud ! Il n'existe hélas que peu de services venant en aide aux hommes confrontés à la violence de leur partenaire. Mais nous pouvons vous recommander celui-là. Vous y serez bien soutenu et écouté. Tél. de contact : 078 615 75 85.
Pour répondre à votre deuxième question ("qui a connu une telle situation ?") nous pouvons vous suggérer d'utiliser notre forum, où les internautes peuvent communiquer de manière anonyme sous un pseudo.
Nous restons à votre disposition si vous avez encore d'autres questions. Nos pensées vous accompagnent, nous vous souhaitons bon courage pour la suite et espérons que votre chemin de vie s'aplanira bientôt.
Bonjour Madame, Vous vous adressez à nous au sujet de votre mère qui est aux prises avec des violences psychologiques...
Bonjour Monsieur, Vous partagez avec nous votre inquiétude et votre recherche d’aide pour trouver des solutions et des changements de...
Madame, Vous nous témoignez que votre ex-compagnon est parti du domicile conjugal, qu’il ne vous laisse pas en paix et...