Bonjour, Je vous ai contacté il y a quelques années parce que mon mari s'enfermait dans sa chambre et refusait de me parler sauf pour crier. Vous avez recommandé une thérapie conjugale et des années plus tard, après beaucoup de changements de vie et un adorable troisième enfant, nous avons entamé une thérapie de couple depuis une année. Mais au bout d'une année je me demande si cette thérapie marche. Mon mari est toujours sujet à des accès de colère impressionnants, il crie fort et dit des choses bizarres. Il m'a dit que je cherchais à saboter sa carrière, qu'il allait me le faire payer, que je manigance des petites combines dans son dos. Il m'a dit qu'il allait se pendre dans le galetas. Après il change et redevient tout doux, plus ou moins attentif. Il est aussi devenu très agressif avec son fils aîné qui aborde l'adolescence, en criant sur lui ou en disant des choses très négatives, voire humiliantes. Les enfants vivent dans la crainte de disputes et nous supplient de ne pas nous bagarrer, ne pas divorcer. J'ai peur de laisser mon mari gérer les enfants parce que ça dérape si souvent. La petite reçoit facilement des fessées et l'ambiance est à des cris et menaces. Mais je me demande si je ne suis pas en train d'exagérer dans mes réactions. Mon mari me dit qu'il a peur de moi, de mes colères, mais je n'ai pas l'impression d'en avoir des colères comme lui. Je m'énerve des fois mais en général c'est moi qui intervient lors de disputes et c'est certainement moi qui gère les repas, couchers, vie sociale des enfants etc, en général harmonieusement. Mais je ne peux pas me voir et j'ai certainement le sentiment que je ne suis pas normale en ce moment. Je suis fatiguée, triste et tendue et je n'arrive pas à me concentrer bien sur mon travail. Je redoute la prochaine crise et je n'ai pas envie de prendre mon mari dans mes bras et lui dire que je l'aime. Je suis fatiguée de m'entendre traiter de ces noms désagréables et j'ai peur que cela recommence. Je ne veux plus rien dire ni faire parce que je ne sais jamais ce qui pourrait se produire, ni quand. J'ai envoyé un long message à notre conseiller conjugal pour demander conseil: est-ce que je peux laisser les enfants seul avec leur père? Est-ce que j'exagère dans mes réactions? J'ai tort d'avoir peur et me sentir déstabilisée? Il a répondu assez sèchement qu'il n'aimait pas répondre par mail et qu'on devait éviter l'escalade symétrique de la violence, mais le problème c'est que je n'ai pas l'impression que l'escalade soit symétrique. Mon mari s'énerve, crie, claque des portes, lance des choses (par sur nous). Ca finit par passer, parfois je cherche à le calmer, parfois je pars, mais dans ce cas là il reste souvent fâché. Je ne sais plus quoi faire, merci pour vos conseils Merci
Bonjour Katarina,
Excusez-nous pour le retard avec lequel nous répondons à votre message.
La situation que vous nous décrivez explique bien les sentiments qui vous habitent en ce moment et nous comprenons que vous vous sentiez désemparée et déstabilisée, toujours à craindre une nouvelle crise. Le fait que vous soyez si fatiguée, triste et tendue est à notre avis une conséquence directe de la violence répétée dont vous êtes la cible.
Bien que nous n'ayons pas en main autant d'éléments que le conseiller conjugal qui vous accompagne depuis une année, nous n'avons pas l'impression en vous lisant que la violence dans votre couple soit symétrique. Et même si votre mari dit craindre vos colères, même si vous reconnaissez vous énerver parfois, nous pensons plutôt que vos éclats se produisent en réaction à la violence que votre mari exerce contre vous de manière répétée avec ses sautes d'humeur, ses crises, ses menaces de suicide et le climat délétère qu'il a instauré dans sa relation avec les enfants.
Vous nous dites avoir le sentiment de n'être "pas normale" en ce moment. Ce n'est pas vous, mais la situation qui n'est pas normale : votre souffrance est légitime. Non, vous "n'exagérez pas dans vos réactions". Faites confiance à ce que vous ressentez, votre corps est dans le juste, écoutez ce qu'il vous dit.
Les doutes qui vous viennent sont un des effets de sape que provoque la violence psychologique. De même, votre fatigue, le manque de concentration dont vous parlez et votre tristesse sont des symptômes de dépression qui vont souvent de pair avec la violence subie. En avez-vous parlé à votre médecin ? Ne laissez pas votre état général s'aggraver, prenez soin de vous assez tôt. Des remèdes existent. Et en ce moment de remise en question, vous avez besoin de toutes vos forces. Or la dépression, ça mine, tout autant que la violence.
Nous pensons qu'un soutien ne serait pas de trop pour vous actuellement. Seriez-vous prête à faire appel à quelqu'un de spécialisé ? Par exemple au centre de MalleyPrairie, où des professionnel-le-s reçoivent les femmes confrontées à la violence de leur partenaire (ou ex-partenaire) quelle que soit la forme de la violence subie. Vous y seriez écoutée, épaulée et conseillée sur le plan personnel, juridique et pratique. Tél. 021 620 76 76.
Pour ce qui est des violences exercées à l'encontre des enfants, vous faites bien de vous en inquiéter. Elles leur sont néfastes et peuvent porter préjudice à leur développement. Vous nous écrivez que "vous ne savez que faire" : personne n'est habilité à agir à votre place et nous n'avons pas de conseil à vous donner, c'est vous qui êtes le mieux placée pour prendre les décisions utiles. Vous avez plusieurs options si vous souhaitez demander de l'aide : le centre de consultation "Les Boréales" à Lausanne (40 Avenue Recordon, tél. 021 314 66 33) est spécialisé dans les questions de violences familiales et pourrait vous offrir un excellent soutien. Par ailleurs, le service de protection des mineurs pourra également vous aider, ou simplement vous renseigner (même de façon anonyme si vous le souhaitez). Rappelez-vous que la violence est interdite par la loi (et que les humiliations, les menaces et les fessées en font partie).
Si votre mari est prêt à se remettre en question et à faire un travail sur lui-même pour ce qui touche à la violence psychologique qu'il semble bien exercer envers vous tous, vous pourriez l'adresser au centre ViFa à Lausanne (tél. 021 644 20 45).
Nous espérons avoir répondu à vos interrogations et formulons tous nos voeux pour votre avenir. Continuez à écouter votre bon sens, et prenez soin de vous. C'est important. Bonne chance !
Bonjour Reethi, Nous sommes contents que vous vous posiez toutes ces questions maintenant - après 16 mois de vie commune avec...
Bonjour, C’est avec attention que nous avons pris connaissance de votre question dans laquelle vous nous demandez comment prouver des...
Bonjour Gagou, Merci tout d’abord d’excuser le retard de cette réponse. Votre mari devient violent avec vous et avec vos...