bonjour, je vous ai déjà écrit, je vous résume: mon conjoint s'étant senti délaissé suite à la naissance de notre fils en 2010, il est devenu violent verbalement et psychologiquement avec moi (dénigrements, humiliations, violence verbale, ...). Je suis partie avec notre fils après 2 ans de ces violences. Au départ, lorsque je suis partie de la maison, nous nous étions dit que nous resterions en bonne intelligence pour le petit. Il est alors parti se faire soigner en clinique psychiatrique, a compris des tas de choses sur son comportement. Pourtant il a recommencé une fois sorti de la clinique : son père était en fin de vie, et il a pété un plomb, et du coup m'a de nouveau prise pour son punching ball: appelait mes parents pour me dénigrer, m'a dit des choses très douloureuses (me souhaitant devant mon fils de 3.5 ans de voir mourir un de mes proches dans l'agonie, me traitant de fainéante et d'égoïste même lorsque je l'aidais, ...) Et là, ça a été plus fort que moi, j'ai mis un terme à notre relation "en bonne intelligence", je suis devenue ferme, je me suis défendue, j'ai préparé ma demande de garde (il voulait l'alternée, moi non). Nous sommes passés au tribunal en juin, j'ai obtenu la garde. Il fait appel, bien évidemment. Je culpabilise maintenant, comme si j'étais encore sous son emprise, d'avoir été aussi offensive pour avoir la garde du petit. De ne plus m'être montrée gentille avec lui (soumise ??). Il en pleure beaucoup (je le vois tous les jours au travail), ne comprend pas, me considère comme une "garce", est sidéré de mon comportement (il ne m'a jamais vue ainsi). Il m'a dit qu'il raconterait tout à notre fils plus tard: mes comportements odieux, les (soi-disantes) humiliations que je lui ai fait endurer, .... Etait-ce possible de se séparer en bonne intelligence avec quelqu'un comme lui? qui se braque contre moi dès que je ne suis pas de son avis? La garde alternée avec un tel personnage vous semble-t-elle indiquée? merci d'avance à vous et félicitations pour le travail que vous menez.
Bonjour Madame,
Nous constatons avec beaucoup de considération que vous avez pris une position ferme pour mettre fin aux violences verbales et psychologiques de votre mari à votre encontre. Ceci en deux étapes très importantes, selon notre observation. A travers votre message, nous comprenons que vous avez voulu préserver votre conjoint et votre enfant d'une séparation conflictuelle ceci au bénéfice d'une séparation en bonne intelligence, comme vous le dites.
Après cette première étape, votre conjoint a donné des signes d'évolution dans ses comportements mais il a repris les mêmes schémas de violence alors que vous l'aidiez. Vous avez alors décidé en deuxième étape de cesser de vous exposer à ses humiliations et dénigrements, vous vous êtes protégés, vous et votre enfant des méfaits de la violence de votre conjoint.
Vous vous êtes défendue avec fermeté, vous avez refusé la garde alternée de votre fils et le tribunal vous a octroyé la garde. Nous pensons que votre démarche est tout ce qu'il y a de plus intelligente, très responsable et rationnelle. C'est le meilleur moyen de vous préserver, avec votre enfant, des interminables contacts contaminés de violences verbales et psychologiques.
Alors nous pensons sincèrement que vous avez très bien agi en demandant la garde de votre enfant et non, ce n'est pas indiqué dans cette situation de vous séparer en "bonne intelligence". Si nous comprenons bien cette dénomination de "bonne intelligence", il s'agit pour nous de séparation à l'amiable? Or, une séparation à l'amiable veut dire une séparation dans le respect de la relation, avec des attitudes bienveillantes pour chacune des personnes concernées, enfant inclus. Vous avez essayé, ça n'a pas marché, vous avez vraiment très bien réagi en changeant de stratégie.
Reste à travailler la culpabilité dont vous parler. Le fait que votre conjoint pleure maintenant et menace de vous nuire avec des accusations diffamantes est certainement déstabilisant. Toutefois, c'est sans doute aussi une de ses armes et cela fait partie intégrale du comportement violent. Quant à la culpabilité elle-même est souvent la conséquence indéniable de la violence psychologique pour celui-celle qui la subit. La définition de votre culpabilité dit d'ailleurs beaucoup de choses intéressantes: vous dites que vous culpabilisez comme si vous étiez encore sous son emprise, parceque vous avez cessé d'être gentille et cessé d'être soumise…
Vous avez déjà amorcé une grande partie de la réflexion, peut-être pourrez-vous vous concentrer maintenant sur ce que vous voulez entreprendre pour sortir définitivement de cette emprise, de cette soumission? Nous vous suggérons de prendre contact avec des professionnel-le-s qui pourront vous soutenir dans votre démarche.
Nous espérons avoir répondu à votre question et vous avoir porté un éclairage utile. Nous vous souhaitons de tout cœur de retrouver une vie sereine, bel fin d'été.
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