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Je connais une amie qui se fait humilier, insulter et frapper.

Question
10 Juillet 2013 - old...

bonjour je connais une amie qui se fait humilier insulter et frapper elle veut partir mais pour l instant elle est perdu je lui conseille que c est aller déjà trop loin mais moi aussi j ai peur car son mari m as déjà menacer je peux pas aller plus loin pour l aider pour l instant que faire je peux pas vous dire son prenom et nom peur de la perdre et le plus c est son mari que doit je faire la moi je cherche un appartement je me separe de mon mari et je lui ai dit de venir avec moi ou se proteger de venir vers moi si ca va pas merci

Réponse
21-07-2013

Bonjour Véronique,

Vous nous décrivez des violences physiques et psychologiques. Votre amie est en droit de porter plainte contre son mari, car la violence conjugale est interdite. Et si les menaces qu'il a proférées contre vous sont graves, vous aussi vous pouvez porter plainte, car en Suisse il est illégal de menacer quelqu'un.
Nous comprenons votre peur et votre hésitation à intervenir. C'est difficile de savoir quoi faire dans ce genre de situation, car on aimerait à la fois aider mais ne pas aller contre la volonté de la personne concernée (et on a bien raison, il faut toujours respecter sa volonté et ses décisions).
Le mieux que vous puissiez faire, c'est d'une part informer votre amie sur ses droits, sur le phénomène de la violence en général (notre site offre quantité de renseignements à ce sujet), sur les services d'aide existants et, comme vous l'avez déjà fait, lui proposer refuge et protection en cas de besoin. Faites-lui comprendre que vous serez toujours là pour elle et que vous ne la laisserez pas tomber. C'est très important. Vous pouvez aussi lui faire connaître notre "plan d'urgence" pour se mettre à l'abri.
Elle a la possibilité de consulter Solidarité femmes à Neuchâtel ou à La Chaux-de-Fonds (tél. 032  886 46 36). C'est un service spécialisé pour les femmes confrontées à la violence de leur partenaire ou ex-partenaire. Elle y sera écoutée, comprise, conseillée et soutenue gratuitement et de manière confidentielle par des professionnelles. Si elle le souhaite, elle pourra également être hébergée quelque temps dans leur maison d'accueil, afin de se ressourcer loin des violences, de faire le point et de  réfléchir à la suite. Ce serait une bonne solution pour elle.
Vous nous dites qu'elle souhaite s'en aller de chez elle mais qu'elle se sent "perdue". C'est très fréquent. Il faut parfois du temps jusqu'à ce que cette envie de partir se concrétise, jusqu'à ce que les femmes victimes de violence soient prêtes à franchir le pas. Il faut respecter leur décision (ou absence de décision) et continuer à les soutenir. La violence a pour effet de saper l'énergie, la liberté d'agir et l'autonomie, et c'est donc souvent difficile pour elles, une fois qu'elles ont pris conscience de "l'anormalité" de leur situation, de prendre la décision de rompre. Vous devrez peut-être faire preuve de patience car vous ne pouvez pas agir à sa place. Restez donc simplement son amie et, chaque fois que vous le pourrez, renforcez son estime d'elle-même et encouragez-la à faire confiance en ses propres ressources.
Nous espérons vous avoir aidée avec ces quelques pistes et restons à votre disposition. Bonne chance à vous et à votre amie, nos voeux vous accompagnent.

 

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