Bonjour, Lors de l'annonce de ma décision à mon ex-ami, celui-ci, au moment de partir, m'a remis une enveloppe comprenant une balle de pistolet et une lettre m'expliquant qu'une deuxième balle se logerait dans sa tête d'ici une heure à son domicile. J'ai alerté le 117 et les policiers ont intercepté mon ex-ami dans son véhicule : l'arme était avec lui. J'ai donné l'enveloppe, la lettre et la balle à la police, mes coordonnées ainsi que celles du psychologue que nous consultions depuis deux mois. J'avais vu le psychologue en fin de matinée pour lui demander conseil suite à ma décision de rompre car mon ex-ami était très violent verbalement, l'idée était de me protéger lors de l'annonce de ma décision. Mon ex-ami a été amené au poste de police, puis transféré à l'Hôpital psychiatrique d'Yverdon. Le lendemain, mon ex-ami m'a téléphoné pour me demander d'aller lui apporter son natel (il l'avait discrètement glissé dans mon sac à main lors de l'échange de clés, je n'ai donc pas pu le donner à la police en même temps que l'enveloppe). Je pensais pouvoir déposer le Natel à la réception de l'Hôpital, mais mon ex-ami était dehors, sur la terrasse. Je ne m'attendais pas à le voir dans une "structure ouverte". Il m'a demandé si je pouvais le conduire chez lui pour aller chercher des affaires : j'ai fait part de mon étonnement que l'hôpital propose cette solution (je pensais à ma sécurité). Il m'a expliqué que l'Hôpital n'avait personne de disponible et que le personnel avait donné son accord pour une sortie de 1h30. Malgré mon sentiment d'insécurité, j'ai accepté, l'Hôpital a appelé deux fois pour s'assurer que tout se passait bien, et fort heureusement, il n'y a pas eu d'incident. Avec le recul, je réalise que j'aurais dû refuser. J'ai eu un contact avec son médecin traitant car mon ex-ami avait mis mon nom, lors de son admission, sur le formulaire d'admission, en tant que personne de contact. Le médecin m'a expliqué d'une part que je n'étais pas engagée en quoi que ce soit et que mon ex-ami venait de supprimer mon nom, ce qui est une bonne chose. Le médecin n'a pas pu me renseigner sur la durée de l'hospitalisation. J'ai rappelé le 117 pour demander comment est traité la suite de ce dossier, notamment si je dois veiller à prendre des mesures de protection, et lesquelles, car un tel cas ne m'est encore heureusement jamais arrivé. La police m'a informée qu'une arme avait déjà été saisie il y a 5 ans, mais que de leur côté, le dossier est clos à partir du moment où la violence était dirigée contre mon ex-ami et non contre moi. Il m'ont expliqué qu'il s'agissait de ma responsabilité si je voulais ou non changer ma serrure ou mon numéro de téléphone. En ce moment, je suis encore très ébranlée par la gravité des événements et je suis suivie par un psychologue. Toutes les pensées n'arrêtent pas de tourner en boucle. J'aimerais savoir si il est possible d'être au courant lorsque mon ex-ami sortira de l'hHôpital psychiatrique, si je dois veiller à mettre en place des mesures de protection particulières et si il existe un moyen de rendre cette situation "officielle" (dépôt ou non d'une plainte) au cas où un autre incident devait se reproduire. N'ayant jamais vécu un tel cas, je ne sais pas de quelle manière je dois agir, ou au contraire, ne rien faire. Ce point n'a pas encore été abordé avec mon psychologue en raison du choc. D'avance je vous remercie de vos précieux conseils et si vous souhaitez que je passe à vos bureaux, j'en prendrai connaissance à la lecture de votre réponse. Un grand merci à vous et meilleurs messages
Bonjour Décembre,
Vous avez traversé des jours difficiles d’abord dans la relation que vous entreteniez avec votre ami et la décision de rupture que vous avez su prendre vous confronte à un climat d’insécurité et d’anxiété bien compréhensible. Nous vous félicitons déjà de tout ce que vous avez pu et su faire.
Veuillez également excuser cette réponse tardive.
Nous constatons que vous avez su prendre les bonnes décisions quant aux menaces de suicide de votre ami et cette mise en scène macabre qui vous a fait violence. Ce qui a suivi l’hospitalisation en milieu psychiatrique échappe à notre compréhension et si nous vous félicitons de votre sang froid, nous pensons comme vous que vous auriez pu refuser , à juste titre, d’avoir à conduire votre ex-ami à son domicile afin de chercher ses affaires !
En ce qui concerne le futur, nous vous encourageons vivement à consulter le centre LAVI, rue du Grand Pont 2bis, 1003 Lausanne (021 631 03 00) ou à Yverdon-les-Bains, rue de la Plaine 2 (021 631 03 08). Ce Centre d'aide aux victimes d'infraction est mandaté par le canton pour vous apporter soutien et informations notamment juridiques quant à un éventuel dépôt de plainte, une demande d’interdiction de périmètre à l’encontre de votre ex-ami, sur la prise en charge financière du changement de vos serrures et de votre numéro de téléphone. Pour ces deux dernières mesures, nous vous encourageons vivement à les réaliser. Cela peut vous éviter le risque de harcèlement, conforter votre détermination de rupture et, en quelque sorte, la « médiatiser » par ces changements. Sachant aussi qu’il n’est pas possible d’être sûr d’avoir une information en temps réel concernant la sortie de l’hôpital de votre ex-ami et que les risques d’un passage à l’acte quel qu’il soit dans une situation de rupture suite à des violences ne sont pas négligeables, vous devriez pouvoir organiser le contexte de votre sécurité dans les plus brefs délais.
Sachez aussi que vous pouvez en cas de danger réel ou suspecté, non seulement appeler à nouveau la police, mais également trouver refuge momentanément au Centre d’accueil MalleyPrairie à Lausanne (021 620 76 76).
En espérant avoir répondu à votre attente par ces quelques lignes, nous restons volontiers à votre disposition en cas de besoin tout en mettant l’accent sur la nécessité, dans une situation telle que vous la décrivez, de consulter des professionnel-le-s en live et qui seront complémentaire aux bons soins de votre psychologue.
Bon courage.
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