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Questions et réponses

Mon époux a un problème d'addiction à l'alcool depuis des années.

Question
17 Juin 2013 - old...

Mon époux a eu des problèmes d'addiction à l'alcool depuis des années. je pensais pouvoir l'aider à s'en sortir.Gros échec. Maintenant depuis plus de 2 ans il perd la mémoire. Chaque jour je rentre du travail soit il est couché ou je ne sais jamais à quelle heure il va rentré.Le repas doit être prêt le plus tôt possible il a souvent plus la notion du temps et de l'heure.Pour un rien les insultes commencent je suis une salope une merde une sous merde une menteuse une putain rien que ma vue lui donne envie de vomir. je n'ai qu'à partir.Le week end depuis le vendredi soir je reste à la maison a attendre qu'il rentre et le peu de fois que je me suis permis une sortie de quelques heures je suis allée retrouvé un amant imaginaire dans sa tête.Tout ce que je fais ou dit est mensonges. Il a vu jour il sait il m'a vu passé en voiture avec quelqu'un alors que je suis au travail.heureusement que j'ai un travail qui me passionne.maintenant cela commence à me peser j'ai peur de tomber malade.Si cela arrive que deviendra t'il. merci de votre réponse

Réponse
03-07-2013

Bonjour Aquarelles,
Avant toute chose, nous vous prions d'excuser le retard avec lequel nous répondons à votre message. Nous sommes très sollicitées ces temps.
Les violences verbales et psychologiques ainsi que les manifestations de jalousie injustifiées que vous nous décrivez sont inacceptables - alcool ou pas alcool. D'après la loi suisse, vous êtes en droit de porter plainte contre votre mari pour injures. Le saviez-vous ?
Lorsqu'une personne alcoolo-dépendante franchit les limites admises, il est parfois salutaire de la confronter directement (et sans ménagement) au résultat de son comportement. En laissant au contraire tout passer pour la protéger, on ne l'aide pas, ni à assumer ses responsabilités, ni à se prendre en main personnellement.
Au cas où vous seriez disposée à porter plainte (ce que vous pouvez faire jusqu'à trois mois après le délit d'injure), il vous suffira de vous rendre dans un poste de police. Parfois la plainte peut être enregistrée immédiatement, parfois il faut prendre rendez-vous.
Nous comprenons que la situation commence à vous peser. Vivre avec un conjoint dépendant à l'alcool est lourd à porter, et use beaucoup d'énergie. Vous faites bien de vous inquiéter pour votre santé. Avez-vous déjà parlé de tout cela à votre médecin ? Avez-vous consulté d'autres spécialistes ? A notre avis, demander le soutien de quelque professionnel-le ne serait pas de trop, au vu des circonstances actuelles. Car ce serait plutôt vous, et pas votre mari, qui aurait besoin d'être épaulée. On ne peut pas "aider un alcoolique à s'en sortir" et le "gros échec" que vous mentionnez était prévisible. La seule personne qui pouvait l'aider, qui peut encore l'aider aujourd'hui, c'est lui-même.
Nous entendons votre souffrance, votre fatigue, votre souci pour l'avenir, à la fois de tomber malade et, ce faisant, d'avoir le sentiment d'abandonner votre mari à son sort. Mais concernant ce présent qui vous devient lentement insupportable, quels sont vos désirs à vous ? De quoi avez-vous besoin ? Qu'aimeriez-vous recevoir de la vie ? Qu'en attendez-vous ?
Vous nous dites avoir un travail qui vous passionne, c'est une grande chance. Mais cela ne vous empêche pas d'avoir en parallèle d'autres occupations qui vous font du bien, ou qui vous apportent détente et légèreté, ou de la joie. C'est important ! Vous trouverez sur le site d'Addiction suisse des informations utiles à ce sujet, écrites tout spécialement pour les personnes vivant avec un conjoint souffrant d'une addiction, que ce soit à l'alcool ou autre.
Par ailleurs, vous pourriez trouver un soutien ad hoc, une bonne écoute et du réconfort auprès de l'association Al-Anon. Peut-être êtes-vous déjà allée à ces réunions ? Si tel n'est pas le cas, nous vous suggérons de le faire. Assistez à deux ou trois rencontres, pour vous en faire une idée, avant de décider si oui ou non vous allez continuer. C'est gratuit, confidentiel et sans engagement.
Vous avez en outre la possibilité de vous adresser au CENEA (Centre neuchâtelois d'alcoologie) qui offre également des consultations aux proches. Tél. 032  889 62 10. Seriez-vous prête à fixer un rendez-vous,  pour vous-même dans un premier temps ? Nous pensons que cela en vaudrait la peine. Ne restez plus toute seule avec votre fardeau. Les services d'aide sont là pour vous.
Nous vous encourageons à vous remettre au centre. Chacun est responsable de sa propre vie et non de celle des autres - bien qu'on soit souvent tenté, à tort, de le croire. Nous restons en pensée avec vous et vous souhaitons bonne chance.

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