Bonjour, Je suis actuellement en cours de divorce avec le père de mes enfants qui m' a' infligé des violence physiques. J'ai deja pris contact avec le centre Lavi et suis suivie par une psychologue. Ma question est la suivante: puis-je exiger qu'il ne m'approche plus et qu'il garde les enfants 2 jours par semaines car actuellement il refuse la separation m'empêche de vivre (sortie ou activités comme les vacances avec mes enfants). De plus il prend les enfants des fois deuxcsemaines a la suite et me dit de venir les voir chez lui. Mes enfants vivent egalement dans ces tensions et disputes lorsque nous nous voyons. Cela fait plus de 2 ans que cela dure ( que la separation est effective). En faite je n'ose pas porter plainte car il n'y a rien de visible chantage et de la manipulation qui m'empeche d'organiser ma vie et de donner un cadre sécurisé a mes deux enfants (de 6 et 3 ans). Par peur que mes enfants subissent une dispute si je refuse, j'obeis a ce qu'il veut comme venir chez lui ou l'accompagner a certaine activités. Deux fois il m'a enfermé chez lui. Enfin bref je ne sais pas en quels termes agir pour que cela cesse. J'ai constaté que son comportement était punissable mais j'ai de la peine a formuler une plainte avec des infis precises. J'espere que vous me comprennez et que je puisse mettre un terme a la violence que j'ai subie. Meilleures salutations Marie
Bonjour Marie,
Veuillez nous excuser du retard avec lequel nous répondons à votre message. Il arrive que nous ne puissions pas respecter les délais convenus.
Vous avez déjà entrepris deux démarches d'importance, à savoir faire appel au centre LAVI de votre canton et consulter une thérapeute. Bravo d'avoir su demander de l'aide dans la situation difficile qui semble être la vôtre en ce moment, et dont vous nous apprenez qu'elle dure depuis votre séparation il y a deux ans.
Nous vous comprenons lorsque vous évoquez votre incertitude quant au comportement à adopter, et votre hésitation par rapport au fait de porter plainte. Un des effets à long terme de la violence, tant psychologique que physique, est justement un état de doute permanent, un manque de confiance en son propre jugement, la tendance à se remettre soi-même en question à tout propos. C'est probablement votre cas actuellement. Mais rassurez-vous, ces symptômes finissent par disparaître avec le temps. La thérapie vous y aidera aussi. L'important maintenant c'est d'essayer de mieux vous protéger, parce que le fait de sortir d'une relation empreinte de violence, de demander le divorce, bien qu'étant un premier pas vers une vie nouvelle, ne résoud pas tous les problèmes d'un seul coup. Il s'agit ensuite de réaménager sa vie, de naviguer parfois sans boussole durant la phase de transition, d'opérer de nouveaux ancrages... Et il arrive bien souvent que justement durant cette période un ex-partenaire violent fasse tout son possible pour déstabiliser la femme qui a su prendre le large. Il convient donc de prendre certaines mesures pour vous protéger efficacement.
Vous souhaitez mettre un terme à cette violence mais ne savez trop comment vous y prendre. Tout d'abord, vous pouvez montrer clairement (il ne suffit pas de le dire, il faut le montrer par vos actes) que vous refuserez dorénavant de sa part toute tentative de chantage, de faire pression, de provoquer des disputes, etc. en coupant court, en quittant les lieux, ou en optant pour toute autre action qui vous semble appropriée. Vous pouvez le faire également en portant plainte contre lui (le fait de vous enfermer chez lui à deux reprises est condamnable, la séquestration constitue un délit; quand est-ce arrivé pour la dernière fois ? S'il y a moins de trois mois, vous pouvez encore porter plainte). Vous pouvez porter plainte également pour insultes, si c'est le cas, et pour toute menace. La notion de violence conjugale s'étend aux couples séparés, et il n'est pas nécessaire que l'on soit en présence de violence physique. La violence psychologique est également considérée comme une atteinte à l'intégrité de la victime.
Pour répondre à votre question, oui, vous pouvez demander au/à la juge, soit par l'intermédiaire de votre avocat, soit par celui de la police, de prononcer pour vous protéger des mesures d'éloignement à l'encontre de votre ex-mari, par exemple une interdiction de périmètre. Il serait probablement utile de demander à votre thérapeute un certificat médical pour appuyer cette demande. Serait-elle disposée à vous en fournir un ?
Quant à votre deuxième question, qui porte sur la question de la garde des enfants (ou du droit de visite ?) là aussi vous pouvez agir. Il convient de demander au tribunal de déterminer officiellement ce qu'il en est, en fixant dans le détail les modalités soit du partage de la garde, soit du droit de visite du père. En aucun cas ce dernier ne peut exiger de vous que vous alliez voir les enfants chez lui. Si vous souhaitez éviter tout contact, afin de vous protéger de ses tentatives de pression ou de manipulation, vous pourriez vous renseigner auprès du Service de protection de la jeunesse : il existe dans certaines communes la possibilité de déposer les enfants (un peu à l'avance) dans un endroit neutre, lors de l'exercice du droit de visite de l'autre parent, puis d'aller les reprendre (de nouveau avec un battement d'un certain temps), sans avoir à le rencontrer. Il s'agit souvent d'une crèche, ou d'une école. Le "transfert" se fait par l'intermédiaire d'un ou d'une professionnelle de l'enfance. Mais nous ne savons pas si ce système serait possible là où vous habitez. Sinon, peut-être pourriez-vous mettre en place un arrangement analogue avec l'aide d'une connaissance commune, ou de quelqu'un de la famille ?
Vous avez entièrement raison de vous préoccuper de vos enfants et de vouloir leur épargner des scènes entre leur père et vous. Ce n'est pas anodin et ils en souffrent certainement. Notre site offre des informations à ce sujet, de même que sur les divers types de violence. Peut-être les avez-vous consultées.
Nous restons en pensée avec vous et vous souhaitons force et détermination pour réussir à vous protéger, vous et vos enfants. Bonne chance !
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