Bonjour une nouvelle collègue de travail m'a recemment raconté qu'elle va enfin divorcer. Aujourd'hui elle m'a dit qu'elle le fait parce que son mari la frappe et qu'il lui a dit qu'il la frappera jusqu'à ce qu'elle doit aller à l'hopital. elle a aussi dit qu'il la traine par terre. C'est terrible. Elle se divorce maintenant parce qu'elle a maintenant un poste fixe chez nous. Elle m'a dit qu'elle veut se séparer parce qu'elle a peur qu'il s'en prenne à ses enfants (elle en a trois, entre env 8 et 16 ans). Je ne suis pas sur quoi faire. Moi j'irai à la police, je lui ai dit sur le coup d'émotion qu'il faut changer les serrures, et qu'elle a absolument raison de se séparer). Ce soir elle voit son avocat, elle lui dira. Mais moi j'ai peur pour elle a cause de ce qu'elle m'a dit aujourd'hui. Que puis-je faire? Je ne veux pas l'écraser avec mes conseils ou aller trop loin, mais je trouve ce n'est pas privé de se faire frapper par son mari. elle habite à Lausanne. Salutations Antonia Renggli
Bonjour Sybilla,
Nous vous avons fait attendre quelque peu, veuillez nous en excuser.
Vous avez cent fois raison lorsque vous écrivez que "se faire frapper par son mari, ce n'est pas privé", comme cela a été vu pendant trop longtemps. Cela dit, nous comprenons également vos réticences à entreprendre quelque chose, comme alerter la police par exemple (vous en auriez le droit) car on ne sait jamais les conséquences cela pourrait avoir pour la personne que l'on voudrait justement protéger et défendre. Elle risque de subir des pressions accrues ou des actes de vengeance. Il faut donc bien peser le pour et le contre avant d'intervenir. Mieux vaut également agir d'entente avec la première intéressée.
Vous avez bien fait de nous écrire. Vous avez peur pour votre collègue, et vous entendez sa peur à elle, surtout au sujet de ses enfants. Il ne faut pas minimiser le danger, ni prendre à la légère les menaces proférées contre elle de la blesser gravement. Vous vous posez aussi des questions sur ce qu'il convient de faire, et semblez bien consciente que "l'écraser de conseils" n'est pas une solution. Voilà une très bonne réaction !
En lui affirmant qu'elle a eu raison de se séparer, vous avez la bonne attitude, qui consiste à la renforcer dans son choix (qui a probablement été difficile) et dans sa décision de se protéger et de protéger ses enfants. C'est très important. D'ailleurs elle a le droit de quitter le domicile conjugal, en vertu de l'art. 175 du Code civil (son avocat le lui aura certainement dit) si son bien-être et celui de sa famille sont gravement menacés - ce qui semble être le cas. Au vu des menaces et des coups, elle (ou son avocat) pourra demander l'expulsion de l'auteur des violences de l'appartement, et même d'autres mesures de protection comme par exemple l'interdiction d'accès à un certain périmètre autour de chez elle ou de son travail. Vous pouvez en outre lui communiquer le plan d'urgence qui figure sur notre site.
Comme la violence conjugale est un délit, votre collègue a droit aux prestations de la LAVI (loi sur l'aide aux victimes d'infractions). Vous pourriez, si elle le souhaite, l'accompagner dans le centre LAVI de votre canton, où elle sera conseillée sur le plan personnel, juridique et personnel, voire pratique (par exemple prise en charge des coûts liés à sa sécurité, comme le changement de serrures que vous évoquiez). Pour Lausanne, tél. 021 631 03 00.
Par ailleurs, vous pourriez lui suggérer de s'adresser au centre de MalleyPrairie à Lausanne, spécialisé dans le soutien et l'accompagnement de femmes confrontées à la violence de leur partenaire (actuel ou ex-partenaire). Les consultations y sont gratuites et professionnelles, et la possibilité existe pour celles qui en ont besoin d'être hébergées là avec leurs enfants, le temps de faire le point et de trouver des solutions pour l'avenir. Nous pensons que cette démarche serait la plus indiquée et la plus bénéfique pour votre collègue au vu de ce que vous nous dites de sa situation. Tél. 021 620 76 76.
Nous espérons avoir répondu à votre demande. Vous pouvez également lire sur notre site la question d'Eléanore, assez récente, et la réponse que nous lui avons adressée. Il y a quelques analogies, comme vous le verrez, bien que votre collègue à vous ait déjà réussi à prendre la décision de s'en sortir en mettant fin à la relation de violence.
Merci pour le soutien que vous apportez à votre nouvelle collègue. Elle aura sûrement encore besoin de vous... Tous nos voeux pour que vous réussissiez dans votre entreprise et que ce printemps soit pour elle l'occasion d'un nouveau départ dans la vie.
Bonjour Madame, Vous serez sans doute rentrée de vos vacances au Tessin, le 20 août étant déjà passé. Nous espérons...
Bonjour Firiel Nous comprenons bien votre inquiétude, votre ami montre en effet un comportement inquiétant. D'après votre récit,...
Bonjour, Vous nous expliquez ne pas être victime de violence physique mais être confrontée à d'autres formes de violence conjugale...