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Questions et réponses

Qui va la protéger ?

Question
04 Mars 2013 - old...

Bonjour, pour la première fois je suis confronté en tant que témoin à des violences conjugales. La victime, une amie, vit encore sous le même toit que son mari et père de leur enfant. Une convention de "cohabitation" a été mise en place depuis quelques semaines et la procédure de divorce suivra. La victime subi un harcèlement psychologique violent avec des menaces d'être envoyée à l'hôpital voir des menaces de mort si elle sépare leur enfant de son papa.Toutes autres situation est aussi prétexte à ce qu'il la traite de tous noms d'oiseau et cela devant leur fils. Au vu de cette situation, la victime n'ose de ce fait pas quitter son domicile car elle ne veut pas abandonner son enfant et si elle part avec...je ne vous fait pas de dessin. Actuellement elle en a tellement peur qu'elle n'ose plus rien faire, ni prendre de décision. J'ai trouvé beaucoup de réponse sur votre site que j'essaie tant bien que mal d'appliquer. Mais une question revient sans cesse dans la bouche de la victime: "Qui va me protéger si je prends une décision immédiate de séparation ou si j'appelle la police. Il me nargue avec cela et me promets de me retrouver pour me casser la figure ou de me tuer si je fais quoi que ce soit!" Pouvez-vous m'aiguiller pour pouvoir lui aider à trouver une/des solution/s? Merci d'avance... Hubert

Réponse
17-03-2013

Bonjour Hubert,

Vous nous décrivez une situation de violence psychologique, avec menaces de mort. Sachez d'une part que ce genre de menaces est à prendre très au sérieux et qu'il ne faut jamais les banaliser. D'autre part, sachez que ce type de violence constitue un délit et que leur auteur encourt une sanction.

La personne dont vous parlez se demande qui va la protéger : vous pouvez lui dire qu'il existe des mesures de protection (par exemple l'auteur est interdit d'accès dans un certain périmètre autour du domicile de la victime, ou du lieu de travail de cette dernière, ou encore de sa personne). Ces mesures d'éloignement sont prononcées par le/la juge, et c'est la police qui se charge de les faire respecter. Si l'auteur des menaces enfreint les limites du périmètre défendu, il suffit que sa victime, ou quelque collègue, ou personne du voisinage appelle la police pour que celle-ci intervienne, et il encourt alors des sanctions plus graves.

Avez-vous déjà informé votre amie sur ses droits ? Premièrement, elle a le droit de partir en tout temps avec son enfant si sa sécurité et son bien-être sont gravement menacés, ce qui semble bien être le cas (art. 175 du Code civil). Deuxièmement, les menaces proférées contre elle étant un délit, elle a droit aux prestations du centre LAVI de son canton (aide officielle aux victimes d'infraction). Elle trouvera dans ce bureau un soutien personnel, juridique, psychologique, voire financier (en particulier une aide immédiate pour financer le changement de toutes les serrures, par exemple, ou toute autre mesure de protection urgente). Les consultations sont gratuites et entièrement confidentielles. Tél. 021  320 32 00. Si elle le souhaite, vous pouvez l'accompagner lors de son rendez-vous. Troisièmement, elle a le droit de porter plainte (il suffit pour cela de se rendre dans un poste de police). Même si son mari nie tout comportement violent, sa parole à elle a autant de valeur lorsqu'elle dénonce les menaces entendues. Mais en raison de ces menaces, justement, et du danger qu'elle pourrait courir, il vaudrait mieux qu'avant de déposer sa plainte elle pense à se mettre à l'abri avec son enfant, dans un lieu sûr où son mari n'aura pas accès. Elle a la possibilité de se réfugier par exemple dans la maison d'accueil de MalleyPrairie, où elle sera soutenue, accompagnée et conseillée, tant sur le plan personnel que pratique et juridique. Là aussi, les entretiens sont gratuits. Quant aux frais d'hébergement, ils sont couverts par la LAVI au besoin. Tél. 021  620 76 76.

Le fait de porter plainte a souvent un effet dissuasif. Votre amie est en droit de porter plainte pour injures, menaces de représailles, et menaces de mort, jusqu'à trois mois après les faits. Toutes sont des atteintes à son intégrité psychique. Et une fois encore, qu'elle se mette hors de portée AVANT, avec son enfant. En même temps, nous lui conseillons de demander à la police des mesures de protection urgentes, ou de les demander directement aux autorités judiciaires.

En son nom, nous vous remercions du souci que vous prenez de son sort et du soutien que vous lui apportez en consultant notre site et en nous écrivant. Même si elle n'entreprend pas immédiatement les démarches suggérées, prenez patience, restez à son écoute et gardez-lui votre appui. Un jour elle en aura besoin ! Nos voeux vous accompagnent, bonne chance à tous les deux.

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