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Questions et réponses

Je me demande si j'ai bien fait d'appeler la police.

Question
10 Décembre 2012 - old...

Bonjour, J'aimerais vous poser une question car j'ai été confrontée à une situation très délicate et cela me perturbe... Hier soir, j'ai été témoin de hurlements, objets qui tombaient, enfant qui pleurait, portes qui claquaient... venant de mes voisins du dessus. J'ai observé par l'oeillet de la porte et des voisins sont sortis dans le corridor pour voir ce qui se passait... J'ai longtemps hésité à appeler la police et lorsque je m'étais décidée à le faire tout s'était calmé. Aujourd'hui, la situation s'est reproduite: l'enfant pleurait, les gens hurlaient, des meubles tombaient, des portes claquaient, des coups contre le mur se faisaient entendre... Cette fois, même dans le doute, j'ai composé le 117. Entre le temps où j'ai appelé la police et le temps où elle est arrivée, la situation s'est appaisée et le mari est parti. La femme a descendu en pleurs les escaliers en se justifiant auprès de son voisin de pallier (qui sortait au même moment), qu'elle devait sortir acheter des gouttes pour les yeux car son enfant avait des problèmes de conjonctivite et qu'elle s'inquiétait... La police est arrivée au même moment, a questionné le voisin de pallier qui a confirmé que la femme sortait acheter des gouttes, et questionné la femme qui assurait qu'aucune dispute avait eu lieu et que sa fille avait besoin d'un traitement oculaire... La femme en question est partie appeler la concierge qui a confirmé que rien ne s'était passé et qu'il était scandaleux d'appeler la police seulement parce qu'un enfant pleurait... Alors même si je peux comprendre que la police ne peut agir concrétement si la victime nie tout et qu'il manque des preuves... Je trouve scandaleux que du moment où il faut "témoigner", personne n'a rien vu et rien entendu... Alors je me demande si j'ai bien fait d'appeler ou si j'ai juste exagérer les choses... même si je suis convaincue qu'il existe un problème relativement grave dans cette famille car on ne hurle pas, on ne casse pas des objets ou on ne tape pas dans des portes seulement parce que l'enfant a une conjonctivite!!! Mon récit ne contient pas vraiment une question, mais plutôt un "coup-de-gueule" sur le fait que les témoins préfèrent se cacher plutôt que d'agir... Même si effectivement il s'agissait de disputes isolées, je pense que le devoir d'un citoyen est de s'inquiéter de son prochain et de prévenir des situations qui pourraient se péjorer... Et dans le doute; agir et assumer nos décisions!! Qu'en pensez-vous? Merci d'avance

Réponse
23-12-2012

Bonjour Ranocchietta,

Avant toute chose, nous vous prions d'excuser le retard avec lequel nous répondons à votre message. Il arrive que nous recevions beaucoup de questions à la file.

Vous avez bien fait de nous écrire votre indignation devant la passivité de vos voisins. Nous comprenons que vous trouviez "scandaleuse" cette politique de l'autruche. En outre, être témoin, même simplement sur le plan auditif, de violences conjugales, est pénible et peut susciter des sentiments très divers allant de la peur à la colère, en passant par l'impuissance.

Vous avez bien réagi en alertant la police. Tout d'abord parce que vous-même avez droit à un environnement sans violence, ensuite pour signifier à l'auteur des hurlements, des claquements de porte et des bris d'objets que son comportement n'était pas socialement admis, et enfin par soutien à la personne qui en était victime. N'hésitez pas à réitérer votre geste à chaque fois qu'il vous semblera nécessaire de le faire. La police notera tout dans le dossier.

Comme vous le dites très justement, appeler la police n'est pas seulement le signe que l'on refuse d'être complice de ce qui se passe tout près de chez soi. C'est également un acte de prévention.

Il arrive souvent que les personnes victimes minimisent elles-mêmes les actes de violence qu'elles subissent. Parfois par peur des représailles, parfois parce qu'elles sont conditionnées par leur agresseur au point de finir par croire que ce sont elles qui sont responsables de ce qui leur arrive. Elles lui trouvent alors des excuses et refusent de l'impliquer. Mais la police, qui se trouve souvent confrontée à ce genre de réactions, n'est pas forcément dupe.

Une autre option que vous avez, si vous jugez que l'enfant de vos voisins est témoin des violences de ses parents et qu'il ne s'agissait pas d'un événement isolé (notez quelque part les crises, les dates et l'heure), est de signaler le cas au Service de la protection de la jeunesse. Vous pouvez le faire de façon anonyme si vous le souhaitez, ou simplement demander à ces professionnel-le-s ce qu'ils pensent de la situation. Ils sont habilités à enquêter lorsqu'un enfant est en danger. On sait maintenant que les enfants souffrent, bien davantage que ce que l'on croyait, des scènes de violence auxquelles ils assistent.

Nous espérons avoir répondu à vos interrogations. Au nom des victimes, nous vous remercions d'être intervenue, et nous espérons que vous avez ainsi initié un changement, si minime soit-il. Avec nos meilleurs voeux pour l'an qui vient.

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