Je vis depuis 18 ans avec un homme qui m'as eu frappé jusqu'à ce que je finisse à l’hôpital il m'as eu mis dans une situation financière précaire, il m'as humilié, aujourd'hui j'en peu plus j'ai deux enfants que j'adore et j'ai tout supporter pour eux, jusqu'au week end passé ou j'ai eu envie de disparaître, je ne sais plus ce que je suis qui je suis et ce que je suis encore capable de faire, j'ai besoin d'aide. je me sens seul. que dois-je faire?
Bonjour Lillo,
C'est avec un peu de retard que nous vous répondons, veuillez nous en excuser. Il arrive que nous soyons très sollicitées.
Nous nous dites que vous avez besoin d'aide. Vous avez bien fait de nous écrire ! L'important c'est de ne pas rester seule avec sa souffrance mais de chercher autour de soi et de saisir les mains qui se tendent.
Vous êtes en ce moment très désemparée et vous n'en pouvez plus, au point de perdre tous vos repères. Ce peut être très douloureux de se sentir ainsi arriver au fond mais dites-vous que maintenant vous ne pouvez plus que "remonter" la pente. Il paraît qu'en Chine le même mot est utilisé pour dire à la fois "crise" et "chance". Ce que vous traversez aujourd'hui est peut-être votre chance de donner un nouveau tournant à votre vie.
Vous avez vécu pendant longtemps des violences sur le plan physique, psychologique et économique, peut-être d'autres formes encore, et vous les avez endurées "pour vos enfants", avec probablement toujours l'espoir quelque part que les choses allaient changer. Mais comme vous l'avez constaté, les choses ne changent pas toutes seules. Au contraire, elles ne font que s'aggraver et la spirale de la violence devient dévastatrice .
Vous nous demandez que faire. Notre conseil est tout d'abord, si vous êtes prête à vous lancer, de demander de l'aide à des personnes spécialisées dans ces questions de violence conjugale. En effet, il est parfois difficile de s'en sortir seule, surtout après de nombreuses années d'abus, et il serait bon que vous puissiez vous appuyer sur quelqu'un qui soit à la fois neutre, bienveillant et compétent. Vous ne nous dites pas ce qui s'est produit le week-end passé, mais apparemment un dernier seuil a été franchi et vous voilà en train de basculer vers une nouvelle perception de la situation. Peut-être que maintenant vous allez commencer à vous défendre, ou tout au moins à vous protéger, et à protéger du même coup vos enfants . C'est une étape qui, bien que pénible, est très importante. Ayez confiance en vos propres capacités.
Ensuite, nous vous conseillons une autre démarche : s'il y a eu des violences ce fameux week-end, ce serait bien de porter plainte contre votre partenaire. La violence est en effet interdite et en portant plainte vous lui donnez un signal clair et vous permettez à la justice de le rappeler à l'ordre. Il n'a pas le droit de vous maltraiter. Vous avez trois mois pour déposer plainte après un épisode de violence, et il est recommandé de porter plainte à chaque fois qu'il y a récidive, ainsi que de garder toutes les preuves possibles (photos de contusions, certificats médicaux, SMS malveillants, copies de menaces reçues, etc.) Tout cela est versé au dossier et conservé. La violence ne doit pas rester impunie.
Vous avez le droit (art. 175 du Code Civil suisse) de partir de la maison avec vos enfants car votre santé est menacée. Vous serez aidée si vous en avez besoin : dans un premier temps, en urgence, vous pouvez vous réfugier dans un centre spécialisé pour femmes victimes de violence et leurs enfants, par exemple pour le canton de Vaud à MalleyPrairie . Vous y serez soutenue, aidée et encouragée, tant sur le plan juridique que personnel, et on vous aidera si nécessaire à trouver des solutions sur le plan financier. Si vous préférez aller loger ailleurs, chez des amis ou dans votre parenté, vous pouvez tout de même bénéficier des consultations de ce centre. Elles sont gratuites. Tél. 021 620 76 76.
Par ailleurs, en tant que victime de mauvais traitements, vous avez droit aux prestations du centre LAVI de votre canton. N'hésitez pas à prendre rendez-vous (c'est également gratuit et confidentiel). Vous y serez informée sur vos droits et sur les démarches que vous pouvez entreprendre. Tél. 021 320 32 00.
Parallèlement à ces options, vous pourriez également vous adresser à un/une thérapeute privée (le centre LAVI pourra vous donner des adresses et peut-être même prendre en charge une partie des factures). L'idée étant d'avoir un soutien sur le plan personnel et de pouvoir, dans le cadre de ces consultations, vous reconstruire petit à petit "de l'intérieur".
Avant de terminer, nous aimerions encore vous dire de prendre au sérieux cette "envie de disparaître" que vous avez ressentie dernièrement. Elle est le résultat direct de la violence de votre compagnon et s'en ira une fois que vous vous serez mise à l'abri avec vos enfants. N'empêche que c'est un symptôme de dépression et qu'il ne faut pas l'ignorer. En avez-vous parlé à votre médecin ? Si ce n'est pas le cas, nous vous encourageons vivement à le faire. Il pourra vous aider à soigner cela.
Nos pensées vous accompagnent, ainsi que tous nos voeux pour un avenir meilleur. Nous restons à votre disposition si vous avez d'autres questions et espérons que vous trouverez bientôt l'aide dont vous avez besoin. Bonne chance !
Bonjour, Nous vous prions de nous excuser pour le retard avec lequel nous répondons à votre message. Nous n'arrivons pas...
Bonjour Al, Tout d'abord, nous vous présentons toutes nos excuses pour le délai dans notre réponse, nous ne voulions pas...
Bonjour, Nous vous remercions pour votre question et nous vous félicitons pour le courage dont vous témoignez en nous l'adressant....