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Questions et réponses

Je ne sais pas très bien si ce que je vis peut être considéré comme de la violence psychologique.

Question
13 Juillet 2012 - old...

Bonjour, Je ne sais pas très bien si ce que je vis peut-être considéré comme de la violence psychologique. Et si oui, que dois-faire? J'ai 35 ans et suis avec un homme de 2 ans plus jeune que moi depuis 9 mois. Il est marocain d'origine et vis à genève depuis 5 ans. Moi je suis valaisanne. Il me ment beaucoup, utilisant le prétexte de son fils de 5 ans la plupart du temps (ou autre) pour ne pas me voir. Alors que j'ai contact avec son ex femme et que je sais qu'il n'a pas le petit. ça lui est arrivé de partir au milieu d'un repas pour 2 heures sans explication et de revenir comme si de rien n'était. Il trouve ça normal. Pareil, il a disparu 3 jours, en ayant coupé son natel, sans me dire quoi que ce soit. Et ça aussi c'est normal. Il m'insulte beaucoup, presque quotidennement. Connasse, va te faire foutre, va à l'hôpital psychiatrique, prend des médicaments, t'es malade, t'es folle, etc. Il a un problème d'alcool et peut devenir très méchant. Une fois il m'a menacée de mort. Il a d'ailleurs dit à tous ces amis que j'étais folle, pour être bien sûr de couper le lien que j'avais avec eux. Mes amis il ne veut pas les voir car il dit qu'il sont ennuyeux comme moi. A part ça il me fait des remarques du genre: t'as encore pris des kilos toi non? T'as vu la belle blonde là-bas? J'aimerais bien être avec une fille comme ça, mais pour ça il faut être riche. A oui, j'ai oublié de dire qu'il ne travaille pas et que je l'entretiens. Voilou... En gros. Je vous remercie d'avance pour votre réponse! Meilleures salutations

Réponse
23-07-2012

Bonjour Winkie,

Vous vous posez des questions, et vous avez bien raison ! Car d'après ce que vous nous décrivez, vous subissez effectivement de la violence psychologique dans votre couple. Même si votre compagnon trouve "normal" de vous mentir, de disparaître plusieurs jours sans explications et de vous injurier presque quotidiennement, ne banalisez pas son comportement : les insultes, le dénigrement et les menaces de mort sont non seulement graves, mais représentent autant de délits aux yeux de la loi. Vous êtes en droit de porter plainte contre lui, à chaque récidive, et ceci jusqu'à trois mois après les faits.

Il exerce également d'autres formes de violence à votre encontre : de la violence sociale, en refusant de voir vos amis et en vous discréditant auprès des siens, tout cela afin de vous isoler et de pouvoir mieux vous contrôler. Et de la violence économique, en profitant de votre travail et de votre salaire, sans rien offrir en contrepartie. Vous trouverez davantage d'informations sur ces diverses formes de violence en cliquant sur les mots de couleur.

Apparemment, il a grandement besoin que vous lui posiez des limites ! Vous avez le droit d'exiger le respect qui vous est dû. Vous avez le droit d'exiger qu'il participe aux frais du ménage. A défaut de quoi il devra faire face aux conséquences de son comportement inadmissible, c'est-à-dire une plainte pénale, ou de se voir mettre à la porte de votre appartement par vous (pour autant qu'il n'ait pas co-signé le bail). Vous pourriez aussi envisager de le quitter quelque temps, avec pour condition à votre retour un réel changement d'attitude, et peut-être même un suivi professionnel pour la question de l'alcoolo-dépendance, pourquoi pas ? Vous avez le droit de poser vos conditions à la poursuite de cette relation.

Si le bail de l'appartement est à votre seul nom, vous avez également le droit, au cas où votre ami devait à nouveau disparaître sans crier gare, de changer la serrure immédiatement et de poser ses affaires sur le palier - quitte à appeler la police s'il devait faire du scandale à son retour.

Cela dit, nous comprenons bien que c'est plus facile à dire qu'à faire. D'autant plus que la violence psychologique finit par saper la confiance en soi, instiller le doute, et détruire l'estime que l'on avait de soi. Il devient alors parfois difficile de s'en sortir seule. Peut-être que le fait d'avoir un soutien spécialisé et personnalisé vous serait bénéfique : seriez-vous prête à envisager de faire appel à un service d'aide ? Comme la violence conjugale est un délit (que vous soyez mariés ou non), vous avez droit aux consultations gratuites du centre LAVI de votre canton pour l'aide aux victimes (022   320 01 02). En outre, vous pouvez vous adresser à Solidarité femmes (022  797 10 10), où des personnes expérimentées sur la question sauront vous écouter, vous comprendre et vous accompagner, avec professionnalisme et en toute discrétion. Nous vous encourageons vivement à prendre contact avec ce service, car la violence de votre partenaire n'a pas seulement des répercussions négatives sur vous et sur votre santé aujourd'hui : elle peut également évoluer vers de la violence physique, ou de la violence sexuelle, ou les deux. Soyez vigilante et ne laissez pas la situation s'aggraver. Votre bien-être et votre bonheur vous appartiennent ! Reprenez les rênes en main et ayez soin de vous.

Nous vous répondrons volontiers si vous avez d'autres questions, et vous souhaitons bonne chance pour la suite.

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