Il a mis ses mains autour de mon cou, 4 fois. Il dit que c'est moi qui l'a poussé à faire ça. Il dit que j'ai rajouté sans cesse de nouvelles accusations. Il dit c'est la 1re fois, je l'aime et veut pardonner, mais j'ai peur. Comment faire pour qu'il change ? Il ne veut pas de thérapie, je crois.
Bonjour Vert,
Excusez, s'il-vous-plaît, le retard de notre réponse.
Vous souhaiteriez qu’il change, il vous accuse de l’avoir poussé à vous violenter physiquement et vous pensez qu’il ne veut pas de thérapie.
Les tentatives de strangulations ne sont pas des violences banales, elles sont éminemment dangereuses et confrontent la victime à l’idée de perdre la vie et font peur. C’est inadmissible et vous êtes en droit de porter plainte, votre partenaire encourt une sanction pénale. Si de tels agissements se reproduisent nous vous encourageons vivement à demander un constat médical, même si les traces ne sont pas visibles, il peut y avoir des lésions internes.
Au-delà de ces faits, vous dites aimer votre partenaire et nous comprenons bien qu’il ne se résume pas à la violence qu’il exerce; qu’il a des qualités pour lesquelles vous souhaiteriez lui pardonner. Pourtant, la peur est là et risque de vous accompagner, de vous induire à tout faire pour répondre aux attentes de votre compagnon. Or, vous avez droit à votre personnalité, à tenir compte de vos propres besoins, vous avez droit au respect de celui qui dit vous aimer et il y a d’autres façons de résoudre les conflits que la violence physique, les cris ou les insultes. Vous n’êtes pas responsable de cette violence, celui qui l’agit est responsable de ses actes et quand votre partenaire ne supporte pas certaines de vos façons d’agir, en aucun cas cela ne lui donne le droit de vous violenter.
Il est d’autant plus difficile de se sortir seul de la violence que celle-ci a lieu dans un espace intime où les liens affectifs sont forts. L’aide de professionnel-le-s est nécessaire et dans votre canton, il existe des services pour venir en aide aux auteurs de violence, aux victimes de celle-ci et même aux couples pris dans cette tourmente.
Comment pourriez-vous être sûr que votre partenaire ne souhaite pas de thérapie ? lui avez-vous posé la question ? Peut-être a-t-il peur du jugement d’autrui ? a-t-il honte ? voudrait-il se voir autrement ? pensez-vous qu’il puisse changer ? et vous, qu’êtes-vous prête à faire pour votre sécurité et ne plus accepter l’humiliation et la violence qui vous est imposée ? Soyez sûr qu’aucun comportement ne justifie une telle violence et que les sources de celle-ci sont ailleurs. Votre responsabilité est de vous protéger.
Vous avez la possibilité de prendre un rendez-vous ambulatoire auprès de Solidarité femmes à Genève (www.solidaritefemmes-ge.org) qui peut vous accompagner dans votre réflexion, votre compagnon peut s’adresser à Vires (http://www.vires.ch), av. Ernest-Pictet 10, 1203 Genève(022/328.44.33) qui travaille avec des auteurs de violence et si vous souhaitez faire une démarche de couple, la Consultation pour couple et famille des HUG, rue de Lyon 89 (5ème étage) 1203 Genève Tél.022 382 33 00 pourra vous recevoir.
Vous avez réussi à rompre le silence, c’est une première étape importante. Vous n’êtes plus seule, nous vous encourageons à poursuivre vos démarches pour éradiquer votre peur et nous espérons que votre compagnon aura la force de chercher de l’aide lui aussi.
Bon courage.
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