Bonjour, depuis le début de cette année, je suis amie avec une jeune fille de 16 ans. Elle m'a récemment appris qu'elle avait été violée lorsqu'elle était plus jeune mais qu'aucune poursuite judicaire n'avait abouti (pour manque de preuve, de ce qu'elle m'a dit). Je sais également qu'elle hait son père, que c'est à cause de lui qu'elle se scarifie fréquemment (au point oú, la semaine dernière, elle avait une énorme cicatrice au cou, et les bras et les jambes couvertes d'entailles). Je soupçonne son père de la battre, car elle a fréquemment des bleus. Si je deviens vraiment paranoïaque j'aurais même tendance à penser que c'est également son père qui a abusé d'elle. Ce qui me retiens d'en faire plus et me fait hésiter, c'est qu'elle ne me confie absolument rien. Elle refuse de me parler de ses problèmes, la seule fois oú je l'ai brusquée pour en savoir plus, elle l'a très mal pris et m'a dit que personne ne pouvait rien faire. Je ne suis pas une de ses meilleures amies, je n'ai pas sa confiance et surtout je n'ai pas suffisemment d'informations à son sujet, j'ai peur d'aggraver sa situation si je tente quoique ce soit. Mais voilà, elle se laisse mourrir, elle mange peu, ne se soigne pas quand elle est malade... Je m'inquiète terriblement pour elle. Je ne sais pas si une solution existe, mais je tente quand même de demander un avis extérieur. Merci d'avance pour vos conseils.
Bonjour Kukla,
Vous avez rencontré cette jeune fille de 16 ans il y a quelques mois et vous êtes devenues amies. Vous écrivez que cette nouvelle amie vous a confié avoir été violée par le passé. Vous constatez aussi qu’elle s’automutile (scarifications) en réaction à sa relation avec son père. Vous soupçonnez également qu’elle subit des violences physiques répétées (bleus), éventuellement par son propre père. Toutes ces informations vous ont rendue inquiète par rapport à la situation de votre amie et à juste titre. Vous vous rendez compte que cette amie a besoin d’une aide extérieure et d’un soutien. En revanche, vous vous questionnez quant à la démarche la plus appropriée pour le faire.
La situation que vous décrivez est grave car elle est composée de beaucoup d’éléments de violence. En aucun cas, il ne faut banaliser la violence subie, l’automutilation et la violence dirigée contre soi-même (refus de se nourrir, de se soigner, etc.), qui peuvent avoir des conséquences dramatiques. Votre sentiment d’inquiétude est tout à fait compréhensible. Nous reviendrons plus tard sur les pistes que vous pourriez explorer pour aider votre amie.
Vous nous dites aussi que votre amie ne vous fait pas confiance et ne vous révèle pas toutes les informations qui vous permettraient d’agir plus efficacement. Pourtant, elle vous a parlé de ce qu’elle a subi dans le passé et ce qu’elle continue à subir aujourd’hui. Il nous semble donc qu'elle vous a identifié comme une personne de confiance. Votre amie est dans une situation de grande détresse et elle a su trouver une écoute et un soutien attentif auprès de vous et nous imaginons que vous jouez déjà un rôle très important pour votre amie en tant que confidente, même si vous avez l’impression de ne rien pouvoir faire concrètement pour l’aider. Peut-être que votre amie a aussi profité de votre amitié encore récente pour vous parler. En effet, parfois il est plus facile de se confier à des personnes que nous ne connaissons pas encore très bien, plutôt qu’à des personnes connues de longue date.
Il n’est jamais simple pour une victime de parler de ce qu’elle vit et de sa souffrance. Souvent, elle trouve refuge dans le silence et s’isole peu à peu. De ce fait, il est préférable de ne pas brusquer son rythme au risque de briser le lien, mais l’accompagner pas à pas à se rapprocher de vous. Cela requiert beaucoup de respect envers votre amie et de patience (même si souvent on aimerait aider beaucoup plus vite la personne pour qu’elle se sente mieux plus rapidement!). Être présente et faire preuve de non-jugement à son égard font certainement partie de la solution. En effet, votre amie se sentira ainsi soutenue mais pas brusquée, entendue mais pas jugée. Pour plus d’informations à ce propos, nous vous conseillons de prendre connaissance de notre page Internet suivante : Ecouter et soutenir
Il n’est pas toujours facile de trouver les bons mots, ni les bons moments pour les dire. Aller au rythme de votre amie est synonyme de respect, mais parfois la patience peut faire défaut ou les réactions de votre amie peuvent être surprenantes ou trop lourdes à porter. C’est pourquoi, nous vous conseillons aussi en tant que témoin de prendre des conseils directement auprès des intervenant.e.s du Centre LAVI qui pourront vous aider à trouver le meilleur chemin et le rythme de votre amie pour l’aider au mieux. Ce centre de consultation reçoit gratuitement et en tout confidentialité les mineur.e.s victimes de violence, ainsi que leur entourage, et offre un soutien psychologique et des informations juridiques. Vous pouvez également transmettre ces coordonnées à votre amie.
Nous sommes disponibles si vous avez d’autres questions. Vous êtes une amie précieuse et nous espérons vous avoir aidé. Prenez aussi soin de vous. Courage et bonne chance!
Bonjour Elodie, Nous comprenons votre angoisse de continuer à être harcelée et contrôlée par votre ex-ami malgré une plainte déposée....
Bonjour Madame, Tout d’abord veuillez nous excuser pour le délai de réponse. Nous avons eu beaucoup de demandes et avons...
Bonjour, Cette histoire, vous avez bien fait de nous l'écrire. Il vous en a peut-être coûté, mais vous avez franchi...