Je suis un homme de 42 ans marié avec 3 enfants. Je n'ai jamais agressé physiquement mon épouse. En revanche, lors de nos disputes, ou lors de mes colères, je dis à mon épouse des choses blessantes, que je pense souvent. A chaque fois, une fois la colère passée, je trouve mon comportement disproportionné. A chaque fois, mon épouse encaisse, sans rien dire. Nous essayons d'en parler après. A chaque fois, elle essaie de minimiser, mais elle n'oublie pas. Lors de ma dernière colère, mon épouse m'a dit : "a chaque colère, il y a quelque chose qui reste. J'attends la prochaine!" A chaque fois, je me dis que mon comportement est disproportionné, qu'il doit cesser. Je culpabilise. Néanmoins, la colère arrivant, je ne me maîtrise plus, et me revoilà disant des choses blessantes, que je pense à nouveau.Par ailleurs, je me rends compte qu'à chaque colère, mes paroles sont de plus en plus blessantes. Où vais-je m'arrêter? J'ai peur un jour de franchir le pas et d'en arriver à l'agression physique. Tout cela doit cesser, par respect et par amour pour mon épouse, pour nos enfants (je ne veux pas qu'ils vivent dans un contexte malsain), mais égoïstement avant tout pour moi: vivre constamment entre colère et culpabilité, c'est pas une vie, du moins telle que je la souhaite! Je dois faire quelque chose, mais je ne sais pas comment m'y prendre. Que pouvez-vous me conseiller? Merci d'avance pour votre aide.
Bonjour Monsieur,
Nous vous félicitons pour votre démarche à travers laquelle vous cherchez de l’aide.
Vous êtes très inquiet en ce qui concerne vos réactions que vous constatez être disproportionnées en rapport aux disputes avec votre femme. Vous nous décrivez vos comportements de colère comme de plus en plus intenses et blessantes au fil des conflits. Dans les situations de violence conjugale en effet les manifestations de violence verbale et psychologique se reproduisent comme dans un cycle. Elles s’intensifient et deviennent progressivement de plus en plus rapprochées et graves (cf. « Le cercle vicieux »). Souvent elles aboutissent à des passages à l’acte violents physiquement. Votre préoccupation est donc très légitime.
Il vous revient néanmoins la responsabilité de cesser vos agissements, bien que vous nous indiquiez une perte de maîtrise au moment où vos émotions sont les plus intenses. Pour ce faire il est indispensable de vous interroger sur la source de votre colère. Le surgissement de la colère est en effet en étroite relation avec des évènements, des mots ou des situations que nous vivons comme personnellement injustes, frustrants ou déstabilisants. Parfois il arrive aussi que des évènements ou vécus antérieurs jouent un rôle dans la situation présente et qu’ils amplifient les émotions au point de nous sentir dépassés. Êtes-vous en mesure d’identifier quels sont les éléments qui vous touchent si intensément et qui provoquent en vous autant de colère ? S’agit-il par exemple d’un sentiment d’injustice ? de la frustration ? Quels besoins qui vous sont propres vous n’avez pas pris en compte, non exprimés ?
L’utilisation de l’agression verbale et les réactions de colère démesurées sont évitables et il est tout à fait possible d'apprendre à les anticiper et à les gérer (cf. « comment éviter les crises » ). Elles sont davantage et durablement évitables quand les éléments qui en sont à l’origine sont mieux identifiés et sont affrontés. Pouvoir les reconnaître, les exprimer et en prendre soin est le chemin qui mène à une relation respectueuse de votre femme, des vos enfants et de vous-même. Le fait que vous soyez conscient de la portée de vos agissements et que vous souhaitiez y remédier est certainement un pas très important pour un changement. Vous le désirez pour vous, pour l’amour que vous portez à votre femme et pour le bien-être de vos enfants.
Comme vous l’affirmez, votre utilisation de la violence verbale est blessante pour votre femme et vous occasionne de la culpabilité. Ces situations engendrent en définitive beaucoup de souffrance qui mettent en péril votre relation de couple notamment par un éloignement progressif. Nous ne pouvons donc que vous encourager à poursuivre dans vos efforts.
Vous faire aider par des professionnel-le-s est certainement un atout supplémentaire, voire indispensable. Ce type d'accompagnement peut vous aider à comprendre l'orgine de vos comportements et vous donner des pistes sur la manière de les gérer. A Genève par exemple l'association Vires œuvre dans ce sens et vous trouvez sur ce site d'autres informations utiles pour une telle démarche (cf. adresses utiles).
Nous vous souhaitons de trouver le chemin et le soutien nécessaires pour mieux appréhender et dépasser vos difficultés. Nos meilleures pensées vous accompagnent vers la vie que vous vous souhaitez.
Bonjour Monsieur, Vous vivez une situation, à la fois financière et personnelle, fortement chargée au niveau professionnel. Vous souhaitez assurer...
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