Excédée , j'ai envoyé une demande de protection de l'union conjugale , je ne sais pas ce qui va se passer et j 'ai peur , je n'ai rien dit à mon mari , cela m'angoisse énormément , car depuis mes ennuis de santé en 2009 et 2010 ( TS et dépression sévère du à abus sexuels et tortures étant enfant ) , toujours soignée en thérapie , toutes mes décisions , mes souhaits , sont analysés ,critiqués ou jugés ridicules par mon mari ( si je fais ça , ou veux ça , c'est que je suis malade et incapable de réfléchir sérieusement à ce qu 'il dit ! ) , j 'en vient à douter de moi et de mes choix , je me dit que je n'ai pas pris la bonne décision , que c'est une erreur , et qu'il a raison . Et même temps je veux vivre tranquille , sans stress , sans angoisse , sans peur etc... Les souffrances subit enfant ont peut être faussées mon jugement ? Vivant en suisse depuis 1986 , je n 'ai pas réussi à me faire de véritables amis ( ceux qui viennent à la maison sont ceux de mon mari plus âgés etc. ) je suis seule , avec mes enfants à assumer la vie familiale , la maison , la vie scolaire etc.. Et je me dis que malgré tout , je serai mieux sans lui . Il ne se rend compte de rien , il dit toujours j'ai rien fait , pas battu , pas trompé ..., comme si tout ce qui arrive était de ma faute , de mon passé , de mes actions , je n'ai plus l'impression d'être une personne avec lui , ( pas d'accès bancaire après TS , pas de carte bancaire , la maison est à lui , on vit avec sa mère ) je suppose qu'il pense m 'empêcher d'entreprendre quoi que ce soit ainsi en plus comme j'ai des poursuites il se dit que je le quitterai jamais !
Bonjour Apache,
Nous vous avons donné une première réponse mais nous ne nous étions pas aperçu·e·s que vous nous aviez déjà écrit. Ainsi, nous l’avons retravaillée (vous la trouverez ci-dessous), cette fois-ci en prenant en considération tous les éléments que vous nous avez apportés lors de vos précédentes questions. Veuillez-nous excuser pour ces changements tardifs.
Nous avons été très sensibles à vos messages qui expriment une profonde souffrance ; une souffrance qui prend racine dans l’enfance mais qui n’a cessé de grandir au fil des années, alimentée par une violence répétée, auquel, nous en sommes conscient·e·s, il est difficile de se soustraire. Pourtant, par les démarches que vous avez entreprises vous œuvrez en faveur de l’arrêt de la violence, sous toutes ses formes. Vous prenez un rôle actif alors qu'on vous l’a toujours interdit en décidant, comme vous nous le dites, toujours à votre place.
Nous entendons combien il peut être difficile d’oser vous faire à nouveau confiance mais bien que nous comprenions les doutes que vous émettez face à votre propre jugement, nous vous encourageons à vous écouter et continuer à vous protéger.
Vous mentionnez dans votre précédente question que le procès pour les violences sexuelles, psychologiques et physiques vécues enfant s’est déroulé le 17 février 2012, nous imaginons donc combien dans un tel contexte, la démarche que vous avez entreprise (demande de protection conjugale) peut s’avérer d’autant plus anxiogène et douloureuse.
Mais pour répondre à votre question, les souffrances que vous avez subies enfant ne viennent pas fausser votre jugement, en revanche, au même titre que la violence conjugale que vous subissez, elles contribuent à vous faire douter. La confusion, est au même titre que l'isolement, que par ailleurs vous décrivez (pas de véritables amis, coupée du reste de votre famille, etc.), des conséquences directes de la violence. Vous avez raison, ce que vous vivez n’est pas acceptable, et vous êtes en droit de prétendre à une vie sans violence.
La violence psychologique ne laisse aucune trace visible, mais comme la violence physique elle est interdite par la loi et des troubles importants, comment ceux que vous nous citez, en découlent (stress, anxiété, dépression, insomnies, etc.). En vous disant qu’il n’a rien fait, qu’il ne vous a ni battue, ni trompée, en vous donnant l’impression que la situation actuelle résulte de votre passé, votre conjoint se déresponsabilise de ses actes. Or, rien ne peut justifier le recours à la violence quel que soit sa forme, votre mari est seul responsable de ses comportements. De votre côté, vous avez le devoir de vous protéger, et votre demande de protection de l’union conjugale va dans ce sens.
Vous nous expliquez que depuis qu’il a pris connaissance de votre démarche, votre mari « n’est que tendresse et gentillesse ». Vous décrivez ici très bien le piège de la violence conjugale. Un cycle vicieux et destructeur qui se compose de différentes phases. Les excuses, promesses tout comme les gestes visant le pardon caractérisent l’une d’entre elle. Nous vous invitons à parcourir la page de notre site dédiée à ce sujet (pour ce faire, cliquez sur ce lien). Nous espérons que vous y trouverez des informations susceptibles de vous aider à saisir les raisons pour lesquelles vous n’y croyez plus et ne voulez plus y croire mais aussi que vous trouverez la force de vous respecter, dans vos besoins et aspirations futures.
Vous vous demandez comment dire à votre conjoint, après 22 années, que c’est fini, que votre vie est ailleurs, que vous ne voulez plus avoir peur mais n’est-ce pas là les bons mots, ceux qui reflètent au mieux votre ressenti ? Votre responsabilité consiste à l’informer de vos intentions, c’est à lui, ensuite, de comprendre et accepter votre décision.
Rompre le cycle infernal de la violence conjugale est difficile, et d’autant plus sans aide extérieur. Ainsi nous vous encourageons, comme nous l’avons fait, lors de l’une de vos précédentes questions, à vous entourer de personnes de confiance, spécialisées en matière de violence conjugale. En parallèle à votre suivi psychothérapeutique, n’hésitez pas à faire appel à MalleyPrairie qui propose des consultations gratuites ; vous y trouverez un espace dans lequel vous serez entendue dans vos peurs, doutes et angoisses. Des professionnel·le·s sont là pour vous accompagner dans vos démarches et vous orienter si besoin, vers d’autres structures, qui proposent également une aide gratuite, comme par le centre de consultation LAVI (loi d’aide aux victimes d’infractions) du canton de Vaud.
Nous vous envoyons force et courage et sommes de tout cœur avec vous en pensées.
Bonjour Madame, Vous vivez une situation difficile et nous comprenons votre désarroi. Non seulement, vous souffrez d'un gros problème de...
Bonjour Madame, Notre réponse s'est fait attendre, merci de votre patience... Notre site est parfois très sollicité. D'après vos descriptions,...
Bonjour Madame, Vous faites bien de nous écrire. Nous comprenons qu'il soit difficile pour vous de vous sentir à l'aise...