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Questions et réponses

Que signifie "main courante" ? Quelles sont les conséquences pour la personne accusée si l'on porte plainte ?

Question
28 Janvier 2012 - old...

bonjour, je suis séparée depuis 2 ans. pendant nos 3 ans et demi de relation j'ai subi 4 violences physiques, dans un excès de colère de mon conjoint. à la 4me je me suis retrouvée, suite à l'agression, en plein hiver à la rue, car nous vivions ensemble chez lui en concubinage. sans parler de la violence verbale qu'il m'a alors fait subir. jusqu'à aujourd'hui nous avons plus ou moins géré la garde partagée de notre enfant de 3ans sur des accords communs, sans passer par une entité juridique, avec le sentiment de me rendre à chaque fois plus flexible et disponible que lui dans les questions d'organisation. j'ai essayé, quelque part, de rechercher un semblant de vie de famille malgré la séparation. s'il n'y a plus d'égard et de bienveillance envers l'autre, que reste-t-il alors de ce que l'on appelle "une famille"? et pourquoi faire garder notre enfant par une tierce personne si je peux me rendre disponible? la 5me violence physique est arrivée la semaine dernière après une vive discussion qui est parti du fait que, n'ayant pas en face de moi l'égard et la bienveillance que j'ai porté jusqu'à aujourd'hui envers mon ex-conjoint, j'allais commencer à me rendre moi aussi moins disponible pour les questions de garde et que chacun allait devoir se débrouiller sans l'autre. du coup, je n'allais plus dans son sens et tout est parti de là. après m'avoir traitée de tous les noms, j'ai subi des violences physiques: il m'a poussée, ce qui m'a fait tomber par terre et j'ai répliqué parce que je me suis sentie souillée. alors il est allé jusqu'à me prendre au cou. j'en ai gardé la marque. je ne veux plus que des violences de ce type se produisent, même fortuitement, alors j'ai pris pour la première fois des mesures et suis allée me faire un constat médical. j'aimerais pouvoir lui donner un avertissement "officiel" sans que cela n'aie de répercussions sur la situation actuelle de garde partagée, exempte de décisions juridiques. je pense qu'une telle démarche ne ferait qu'envenimer la situation. une pause est nécessaire. cependant, je reste pour le moment inflexible sur la distance que j'ai imposée. nous verrons par la suite comment les choses évoluent quand la colère et l'incompréhension se seront dissipées. j'ai alors entendu parler de "main courante" et je souhaiterais savoir lorsque l'on entreprend une telle démarche qu'elles en sont les conséquences pour la personne accusée? une plainte n'a déjà plus les mêmes répercussions et va beaucoup plus loin, ce que je ne souhaite pas pour le moment. cependant, je ne veux pas que l'effort qu'il m'a fallu pour aller me faire ausculter par un médecin s'évanouisse et ne me serve à rien. j'aimerais me faire entendre, qu'il comprenne que c'est un avertissement et que c'est la dernière fois qu'il lève la main sur moi, sans quoi je prendrai les mesures nécessaires pour aller plus loin dans la démarche. je vous remercie d'avance de votre réponse. s.

Réponse
08-02-2012

Bonjour,

Notre réponse s'est fait attendre, veuillez nous en excuser !

Vous avez parfaitement raison de vouloir poser des limites à votre ex-partenaire. Il semble en avoir grand besoin. La violence dont vous avez été victime la semaine dernière constitue un délit qui ne doit pas être pris à la légère car le risque d'une récidive existe.

Bravo de rester inflexible sur votre position actuelle de "distance", et bravo encore d'avoir fait établir un certificat médical. Pour répondre à votre question, voici quelques informations :

Ce qu'on appelle "main courante" est en fait le journal de bord des officiers de police, dans lequel viennent s'inscrire toutes leurs interventions au jour le jour. Vous pouvez vous rendre dans n'importe quel poste de gendarmerie et signaler l'épisode de violence de la semaine dernière, en mentionnant que vous ne désirez pas porter plainte pour le moment mais que vous souhaitez que les faits soient consignés quelque part. Si l'officier de police qui reçoit un tel témoignage considère que les choses ne sont pas très graves, tout peut en rester là. Mais s'il estime que c'est grave (et ça l'est, dans votre cas, puisque vous avez des lésions), comme la violence conjugale est poursuivie d'office, même si vous ne portez pas plainte, ce sera fait automatiquement et votre ex-compagnon sera convoqué par le/la juge, devant qui il aura à s'expliquer.

Nous vous encourageons toutefois vivement à porter plainte. Cette démarche a l'avantage de donner un signal fort à votre ex. Vous souhaitez lui donner un avertissement : le meilleur moyen de le faire, c'est de passer par l'autorité, ce qui est bien plus dissuasif.

Nous comprenons que vous souhaitiez ne rien changer à votre système actuel de garde partagée à l'amiable. Mais l'un n'empêche pas l'autre. Ce n'est pas parce qu'une plainte est déposée contre lui qu'il ne pourra plus voir son enfant. Il sera simplement convoqué par la police ou la justice, qui se chargeront de lui faire comprendre qu'il n'a pas le droit de se comporter comme il l'a fait et que s'il recommence il aura de graves ennuis.

Vous avez jusqu'à trois mois pour porter plainte contre lui. Ce que vous pouvez faire également, c'est porter plainte, attendre qu'il ait été convoqué par le juge (ça fait beaucoup d'effet), puis retirer votre plainte, si le Ministère public est d'accord. Rappelez-vous qu'en dénonçant ces agissements illégaux, vous oeuvrez pour votre propre protection et pour celle de votre enfant. Comme il s'agit déjà du cinquième épisode de violence, nous pensons que le stade des demi-mesures est dépassé et que l'heure est venue d'une bonne semonce.

Continuez sur votre lancée, restez ferme et déterminée ! Nos voeux vous accompagnent.

@

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