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Questions et réponses

Est-ce que je suis victime de violence et dois-je rechercher de l’aide ?

Question
24 Janvier 2012 - old...

Bonjour, Tout d'abord, j'aimerais m'excuser pour les fautes de français que je puisse faire, tant donné que je ne suis de langue maternelle française. J'espère que j'arriverai à être suffisamment claire. Je suis en train de vivre un situation très difficile avec mon couple. Une copine à moi, m'a dit qu'à son avis, j'étais victime de violence du couple... mais je n'arriverais pas a savoir si vraiment je le suis où pas, parce que mon ami n'a pas arrivé au point de me frapper. Je ne sais pas laquelle est la limite entre une discussion (même si c'est assez violent et de la violence). J'aimerais vous raconter mon cas, pour savoir si je dois chercher de l'aide et si je dois quitter ma relation. J'habite depuis six mois en Suisse avec mon ami que j'ai connu en Colombie il y a une année. On est tombés profondément amoureux l'un de l'autre en très peu de temps. On était ensemble pour un mois dans mon pays, après il est rentré en Suisse et on est resté en contact. Jamais un homme avait causer un impact pareil sur moi. Pareillement, jamais une femme avait causé une impression pareil sur lui (il y a ça famille et amis (et lui aussi) qui me disent cela tout le temps). Étant séparés (lui en Suisse et moi en Colombie), on a décidé qu'on devrait essayer de faire notre vie ensemble ici. J'ait tout fait pour venir en Suisse, c'était très dure de tout ordonner, de faire tous les papiers, etc. J'ai quitté ma famille, mes amis, ma carrière, mes chiens. J'ai dépensé toutes mes économies. Je sais que ce n'est pas très sage de ma part, mais à ce moment là, la décision de vouloir essayer était très claire et forte. Au début, on était très très heureux. Il était très gentil et attentionné avec moi. Mais les problèmes n'ont pas tardé d'arriver. Après trois semaines que j'étais en suisse, j'ai remarqué quelque chose de lui qui m'a fait beaucoup de soucis, je suis tombé malade, je ne me sentais pas bien (j'avais très mal quand j'allais faire pipi et je n'avais pas de force) et il a sous-estimé complètement le problème. Il insistais que j'exagérais, que c'était pas grave, qu'il fallait pas dramatiser la situation. Il est allait lui-même à une pharmacie, pour m'acheter des médicaments naturels, mais ce que je sens c'est qu'il a fait ça pour que j'arrête de le déranger ou bien pour me montrer qu'il avait raison. Bon, je suis pas allé à l'hôpital, j'ai fait tout ce que la pharmacienne à demandé, et 10 jours après j'ai commencé à avoir très mal au dos. L'infection avait atteint les reins. Il (mon ami) a plus ou moins accepté de me prendre à l'hôpital, et il m'a posé et est reparti pour aller se reposer. Depuis ce moment là, les problèmes ne se sont pas arrêtés. Je suis une femme professionnelle, vivante, douce et souriante. Mais aussi, je suis intelligente et je sais me défendre. Si quelqu'un me traite de stupid, dramatique, malade mentale, d'esprit tordu et annule tout ce que je dit sans raison, et tout ça en me criant dessus... je me défends. Mon ami a une tendance à annuler tout ce que je lui dit, sauf s'il s'agit de lui donner la raison ou de lui dire à quel point il est magnifique. Il ne support pas la moindre critique ou bien, lui dire quelque chose qui n'est pas prévu dans son discours. Je suis un femme direct, qui dit les choses qu'elle pense, mais pas agressive... et aussi, je n'ai pas l'habitude d'être dans un couple où mon compagnon ne respect pas ou ne donne de la valeur à mon avis. Je suis une femme intelligente qui a un point de vue avec de la valeur sur les choses et être avec quelqu'un qui annule complètement ce que je dit, ou bien que pour qu'il m'écoute vraiment il faut une guerre mondiale, est beaucoup trop douloureux et épuisant. Jamais (et ça je le dis littéralement) dans ma vie je me suis trouvé dans une relation où on se maltraitait autant. C'est quand il me dit des choses comme ça ou me crie dessus que "tu n'as aucune idée de quoi tu parles", "tu es stupid" ou "t'arrives à réfléchir un peu un bien??.. il faut quand même réfléchir un peu!!!!" que je ne supporte pas. Je deviens hystérique, je lui cris aussi, et nos prises de tête vont de pire en pire, on jette les portes, il frappe les choses, y me prend par le bras pour me crier, il se pose devant moi et me parle d'une manière très agressive. Il me demande en me criant tout le temps de lui regarder dans les yeux et de lui répéter ce que j'ai dit. (Je ne fait ça même pas aux animaux...) Aussi il essaye de me manipuler en me disant si ça ne me suffit pas tout ce qu'il fait pour moi. Il s'énerve très facilement quand il y a quelque chose qu'il n'aime pas... Le pire c'est que dans las rue, à ses amis, ces collègues, il es incapable de les contredire. Mais à la maison, avec moi, c'est tout le contraire... il se sent fort et il me crie, il m'annule. Le pire c'est qu'il accepte jamais qu'il m'a crié ou il est capable de me dire qu'il a jamais dit des choses qu'il a dit il y a 5 minutes. Chaque fois qu'on se prend la tête, c'est terriblement douloureux pour moi. Et pour lui. Je ne connais que ces amis, je n'ai personne à qui parler, et je suis incapable de dire a ma famille en Colombie que je suis dans cette situation. J'ai honte de leur dire que mon ami me crie dessus et qui je dois me battre pour de la légitimation dans mon couple. Ils auraient jamais imaginé que moi, je puisse être jamais dans une situation comme celle-ci. En plus, j'ai un permis b d'études que ne me permet que travailler 15 heures par semaines... mes moyens sont très limités et c'est lui qui a le dernier mot en matière finances. Mes parants m'ont aidé un petit peut pour que je puisse avoir un peu de liberté, mais c'est sur tout lui qui assume pour les choses de la maison. Je me sent très mal, très triste, et très seule. Je ne sais pas quoi faire. Je suis attrapé dans cette maison. Je ne crois plus à son amour, je ne crois plus à un avenir en Suisse. Mais de rentrer, serait l'échec et devoir confronter tour les gens qui m'ont dit de ne pas faire cette folie, ce qui serait encore plus douloureux que ce qui l'est déjà. J'ai postulé pour une bourse à genève. Chez moi, j'étais très bonne en ce que je fessais. Je suis avocate en droits humains et j'ai réussi des choses importantes pour mon pays. En Suisse, je suis personne, je ne peux pas travailler dans mon domaine, et ça ne serait pas grave, si j'étais heureuse. C'est la décision que j'ai prise. En plus, je n'ose pas lui montrer mes soucis ou bien que je suis triste, parce qu'il s'énerve et je veux plus qu'on se batte. Je voudrais volontiers écouter votre franc avis sur mon problème. Merci d'avance pour votre attention. Meilleurs salutations, JCC

Réponse
01-02-2012

Bonjour Mujer,

Nous sommes sensibles au soin que vous avez porté à nous décrire votre situation, alors que le français n’est pas votre langue maternelle.

Vous nous dites ne pas savoir si vous êtes victime de violence, votre compagnon ne vous ayant jamais frappée. La violence ne se limite pas aux coups, elle peut prendre différentes formes, visages. Physique, oui, mais elle peut également être sexuelle, économique ou encore psychologique. En ne vous « respectant pas », en ne «  donnant aucune valeur à votre avis », en utilisant des propos méprisants tels que par exemple « tu es stupide » ou encore en employant des procédés manipulatoires comme l’intimidation (« frapper les choses »), votre compagnon vous fait subir de la violence psychologique. La violence psychologique est sournoise, subtile, ainsi la repérer est difficile, d’autant plus lorsqu’on se trouve dans la situation et que de tels agissements n’ont pas lieu avec et/ou en présence de tierces personnes (vous nous dites par exemple, qu’il est incapable de contredire ses amis, collègues). En nous écrivant, vous avez donc fait un pas important vers la prise de conscience d’une réalité, une réalité qu’il faut savoir reconnaitre avant de pouvoir agir en vue de la modifier.

Vous nous expliquez dans votre message, un épisode dans lequel votre compagnon a banalisé les maux physiques que vous exprimiez (infection). Il ne vous a montré ni soutien ni considération, ce qui vous a blessée ; une blessure que nous comprenons, d’autant plus après tous les sacrifices que vous avez fait, par amour pour lui, en venant vous installer en Suisse. Vous nous dites que depuis cet épisode, « les problèmes ne se sont pas arrêtés ». En effet, dans les situations de violence conjugale, ce type d’événement est rarement isolé, nous assistons généralement à une répétition des violences. Nous vous conseillons à ce sujet de consulter notre page internet sur le cycle de la violence (cliquez ici pour y accéder).

La violence disparait rarement sans intervention aucune. Il est très difficile, sans aide extérieure, de sortir de ce cycle, car l’auteur refuse souvent de voir la réalité de son comportement, ce qui semble le cas de votre compagnon (« il accepte jamais qu’il m’a crié ou il est capable de me dire qu’il a jamais dit des choses qu’il a dit il y a 5 minutes ») En agissant ainsi, il se déresponsabilise de ses actes, or ces derniers lui appartiennent et il doit les assumer. La violence est inadmissible et interdite par la loi. De votre côté, vous êtes responsable de vous protéger, et donc vous faites bien de vous défendre. Néanmoins, nous sommes conscient-e-s de l’énergie que cela suppose.

Vous nous faite part de votre souffrance, de votre épuisement mais aussi de votre solitude. Nous entendons votre besoin de disposer d’un espace dans lequel vous pourrez parler en toute confiance de ce que vous vivez. Vous nous dites n’avoir personne à qui parler, or vous faites mention dans votre message d’une copine. Pensez-vous pouvoir lui parler de votre situation ? Ne pensez-vous pas, que consciente de la violence que vous subissez, elle pourrait vous offrir un soutien précieux ?

Toute votre famille vit en Colombie, et nous pouvons tout à fait imaginer combien lui révéler ce qui a lieu au sein de votre sphère privée peut s’avérer difficile. Toutefois, nous vous encourageons à mettre un terme au silence qui entoure ce type de relation. Vous nous dites avoir honte. Sachez que la honte, au même titre que l’isolement, est un effet direct de la violence conjugale et qu’elle n’est donc pas relative uniquement à votre situation particulière. Vous trouverez sur notre site (en cliquant sur ce lien) plus d’informations au sujet des effets de la violence. Nous tenons encore à insister sur le fait que vous n’êtes pas responsable des actes de votre compagnons, lui seul l’est. Se reconnaitre comme victime de violence est difficile, nous en sommes conscient-e-s mais la violence peut toucher un tout et un chacun, indépendamment de son âge, de sa classe sociale, nationalité, etc.

Si vous parvenez à vous confier à votre famille, ne croyiez-vous pas que celle-ci pourra constituer une ressource importante malgré la distance qui vous sépare? Est-ce que de les savoir à vos côtés en pensées, pourrait vous aider moralement ?  

Votre vie sociale s’est réduite suite à votre déménagement en Suisse, mais un élément à ne pas négliger est, comme nous vous le disions précédemment, que la violence isole également. Outre chercher du soutien amical, familial nous vous encourageons à vous entourer de professionnel-le-s qui sauront vous apporter l’écoute dont vous avez besoin, mais également des conseils au sujet de votre couple. Dans le canton de Vaud, vous avez la possibilité de contacter le centre d’accueil MalleyPrairie qui est spécialisé en matière de violence conjugale. Les consultations sont gratuites, n’hésitez pas à les appeler ! Avec les professionnel-le-s, vous pourrez réfléchir aux différentes alternatives qui s’offrent à vous pour arrêter le cycle de la violence dans lequel vous vous sentez prisonnière. Ils seront également là pour vous épauler et vous apprendre à reconnaitre le moment où vous n’êtes plus dans une discussion mais dans une forme de violence, ce que vous nous dites avoir du mal à faire.

La violence n’est pas une fatalité. Postuler pour une bourse à Genève comme vous l’avez fait, est un premier pas pour sortir de la situation dans laquelle vous vous trouvez. Des voies d’issues, qui ne supposent pas un retour en Colombie, existent mais pour les atteindre vous avez besoin de conserver toutes vos forces. Alors prenez soin de vous ! Nos pensées vous accompagnent, n’hésitez pas à nous récrire si besoin.

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