En cas d’urgence: Police: 117 | Ambulance: 144

Questions et réponses

S'agit-il de violence ? Faut-il que je l'aide ? Que faire ?

Question
09 Janvier 2012 - old...

Bonsoir, En visitant des sites sur internet, j'ai trouvé le vôtre et comme je vis une situation qui me paraît pas normale, je me permets de vous raconter mon histoire. Mon ami est d'une nature joviale, il a pleins d'amis, d'une nature à rendre service, généreux. Je l'ai connu et apprécié plusieurs mois pour ces qualités. Il a des soucis d'argent, de poursuites, retrait de permis...Au début cela m'a un peu refroidi mais étant tellement gentil, attentionné, je suis tombée amoureuse. C'est pour ça qu'après plusieurs mois de vie commune, j'ai été choquée un soir car il a littéralement explosé car en envoyant un mail professionnel pour lui rendre service, il a cru que je m'étais trompée. Il est rentré dans une colère noire, cassant des objets, j'en ai été vraiment choquée. Il m'a fait peur.Son regard noir et menaçant. Il se tapait la tête contre les murs se traitant lui-même de tous les noms. L'orage étant passé, il a pleuré, a pris contact avec un médecin pour se faire soigner, disant qu'il ne se supportait plus comme ça, qu'il en souffrait trop. Il l'a fait de sa propre initiative, je ne lui ai rien demandé, j'ai trouvé cela bien. Il a vu une psychologue qui ne l'a pas pris au sérieux et qui lui a proposé un rendez-vous 2 mois plus tard avec une autre personne avec qui il a de nouveau tout du raconter. Elle lui a donné des calmants. Il a abandonné, ne se sentant pas pris au sérieux, dommage. Il y a quelques jours, à nouveau il est sorti de lui, sans rien casser mais en hurlant, tapant sur les murs parce que je voulais discuter avec lui de soucis d'argent qu'il me doit. Il m'a reproché de ne penser qu'à l'argent alors que je lui demande que ce qu'il me doit, la moitié du loyer. Il m'a dit qu'il avait cassé la figure à un homme dans un bar à cause de moi, qu'il fallait que je me rende compte que c'était de ma faute si il faisait ça car je le poussais à bout, qu'il fallait que j'assume ma part de responsabilité dans sa violence. Il a pété les plombs 2 fois en 8 mois. A chaque fois c'est à lui qu'il s'en prenait en se traitant de tous les noms. Là, c'est à moi qu'il s'en prends il m'a traité de conne, de salope, etc. J'ai besoin de votre avis car je suis dépitée de la tournure de notre relation alors qu'il était doux comme un agneau. Pouvez-vous me dire si il s'agit de violence, si il faut que je l'aide ou que faut-il faire? Merci de votre soutien

Réponse
14-01-2012

Bonjour Croquette,

Les explosions de votre ami vous laissent perplexe, vous ne savez qu'en penser ni surtout qu'en faire ! Votre souci est légitime. Perdre tout contrôle de soi deux fois en huit mois, c'est effectivement beaucoup, et à cela s'ajoute le fait qu'en plus de retourner sa violence contre lui-même, votre ami vous prend maintenant à partie directement. Vous faites bien de vous en préoccuper, d'autant plus que les épisodes de violence ont en général tendance à s'aggraver avec le temps.

Les insultes sont un délit. Le bris d'objet, les hurlements, le fait de taper sur les murs, ne se limitent pas toujours à une simple crise de nerfs. Ce peut être des manoeuvres d'intimidation. Si l'on ajoute à cela qu'il tente de rejeter sur vous la responsabilité de ses comportements, ce qui est fréquent chez les auteurs de violence, le tableau incite à la prudence.

Cela dit, votre ami semble en bonne partie conscient de sa difficulté à se maîtriser. Vous nous dites qu'il s'est même montré prêt à demander de l'aide car il disait trop souffrir de la situation. Voilà un élément très positif : bien souvent les personnes violentes nient totalement avoir un problème. A-t-il parlé de ses crises à son médecin ? Peut-être conviendrait-il de demander des examens neurologiques, surtout si ces pertes de contrôle sont apparues récemment dans sa vie. Parfois, des lésions organiques cachées peuvent être à l'origine d'un comportement violent.

Vous vous demandez comment lui venir en aide. Le mieux serait de le remettre sur la piste d'une thérapie. Nous comprenons qu'il se soit découragé, ne se sentant pas pris au sérieux par les deux psychologues qu'il a consultées. Mais les thérapeutes, c'est comme les boulangers, ils ne font pas tous le même pain, ni avec le même succès... Il vaudrait la peine de chercher autre chose. Votre ami pourrait envisager de faire appel à ViFa, par exemple, service spécialisé dans les questions de violences familiales (tél. 021  644 20 45), où il serait bien écouté par des personnes connaissant la question. Pensez-vous pouvoir l'en persuader ? Ce service est gratuit.

Quant à vous, le mieux à faire c'est de lui poser des limites, de lui faire comprendre que vous êtes tout à fait prête à le soutenir et à l'aider, mais que vous n'accepterez plus ni injures ni violence. Ne le faites pas qu'en paroles, mais également en actes : en cas de récidive, prenez des mesures, partez quelque temps, ou portez plainte, ou donnez-lui un ultimatum. Ne laissez pas s'installer cette violence dans votre couple. Et puis écoutez votre intuition, votre corps et votre coeur, sentez jusqu'où vous êtes prête à être solidaire et à partir d'où vous devez penser à votre propre bien-être. Au besoin, vous pouvez vous adresser au centre de MalleyPrairie, où les consultations sont également gratuites. On y conseille (et accompagne) les femmes confrontées à de la violence dans leur couple. Tél. 021  620 76 76.

Courage et bonne chance ! Nous restons en pensée avec vous.

Autres questions qui pourraient également vous intéresser

Quitter le site (touche esc) Poser une question
Retour au sommet