Bonjour, Tout d'abord, je ne suis pas moi même victime de violence conjugale. Il s'agit de ma soeur. La violence que son mari exerce sur elle est principalement psychologique. Il est menaçant, imposant et même méchant avec elle. Devant les autres personnes il se fait passer pour le bon mari, qui est fier de sa femme, et sera toujours collée à elle, pour faire croire qu'ils sont un couple heureux. Cela fait maintenant plus de 10 ans que ça dure. Il l'a déjà eu frappée et la dernière fois elle a réussi à faire des photos, que j'ai en ma possession d'ailleurs. Ma soeur est quelqu'un de très renfermée, elle ne raconte pas tout, seulement celle qu'elle juge nécessaire ou ce qui lui est permis dans le fond. Je vois qu'il la pressionne, même avec ses enfants. Elle ne peut pas donner plus d'attention aux petits qu'elle ne lui en donne à lui. Il doit passer avant tout! Elle est épuisée... Elle est obligée d'avoir des relations sexuelles tous les jours, etc... Il la maltraite et elle l'accepte. Ou du moins je pense qu'elle a peur de faire autrement, j'imagine qu'il doit la menacer de lui faire du mal si elle parle ou encore de faire du mal à ses enfants. Si je vous écris, c'est surtout pcq cette violence est allée plus loin... Au delà de ce qui est permis à mon avis! Mon neveu a 9 ans et dernièrement il a été hospitalisé, pcq il n'arrivait plus à manger. Il en a été conclu que c'était psychologique et il est maintenant suivi par des pédopsychiatres. Ceux-ci ne savent bien sûr pas quel est l'ambiance vécue par cette enfant à son domicile. Ils ne savent pas tout ce que ce petit garçon depuis sa naissance a vu et entendu. Il a commencé seulement depuis quelques mois à dormir tout seul... Avant il avait beaucoup trop peur de dormir seul et de ne pas entendre si ses parents se disputaient. J'ai également déjà entendu à plusieurs reprises son père lui dire que si un jour mon neveu lui fait perdre la tête, il va faire une folie et que ca lui est égal s'il finit par aller en prison... Tout ca en regardant le petit et celui-ci acquiese, car il sait ce que son père veut dire par là... Que s'il faut il le tue lui et qui sait peut-être même sa maman et son petit frère?? J'ai souvent essayé de dire à ma soeur qu'elle serait bien plus heureuse seule avec ses enfants plutôt qu'avec ce monstre, mais elle ne réagit à rien... Elle dit souvent qu'elle se réjouit que ses enfants soient grands pour qu'elle se sépare ou encore qu'elle espère qu'il meurt avant (mon beau-frère a beaucoup de problèmes de santé)... Donc à quelque part je pense qu'elle ne l'aime plus! Elle me dit souvent qu'elle réfléchit souvent à ca, mais qu'il y a les enfants... Mais elle ne nous donne jamais de certitudes... Un jour elle nous dit une chose, comme si elle vidait son sac, le lendemain elle dira que c'était de la rigolade, que ce n'était pas sérieux... Je ne peux rien faire contre sa volonté, elle seule peut décider de rester avec lui ou de le quitter, je le sais très bien, mais ca me révolte... Surtout par rapport au petit, parce qu'il arrive à faire en sorte que se soit le fils qui soit le méchant et non lui... Etant donné qu'il ne travaille pas de toute la journée, il est souvent à la maison et lorsque le petit fait des bêtises, il appelle ma soeur qui est au travail pour que se soit elle à gronder! Face aux pédopsychiatres pareil, il leur dira que c'est le petit qui n'a aucune limite, qui ne les respecte pas et les médecins ne sachant pas la vérité vont leur dire de s'imposer... Si je vous dis qu'il en est même à enfermer le petit à la cave lorsque celui-ci n'obéit pas, vous trouvez ca normal? Et le fait de faire que se soit le petit qui est le méchant, ca le fait se rapprocher encore plus de ma soeur et il lui dit que maintenant ils doivent toujours tout décider ensemble! Il a donc encore plus le contrôle en tout... Et moi dans tout cela ce qui m'attriste c'est de ne rien pouvoir faire ni pour elle ni pour le petit... J'ai peur que si je venais à le dénoncer elle ne me pardonne pas! Et en même temps j'ai peur que si je ne fais rien et qu'il leur arrive quoique se soit je n'arrive pas à me pardonner! Je suis moi-même mariée et j'ai une petite fille en bas âge, mais même comme ca je sais que si mon mari me levait une seule fois la main dessus je partirai... Je ne voudrai pas que ma fille vive dans une ambiance ainsi... Ce n'est pas sain pour des enfants! Le petit est mon filleul et je ne veux que son bonheur... Je veux qu'il ait un excellent futur... Et non qu'il devienne comme son père, pcq c'est ce qu'il fait! Il essaiera face aux autres personnes de mettre son père sur un pied d'estale afin que personne ne sache qui il est réellement... Mais dans les dessins qu'il fait les pédopsychiatres ont déjà vu qu'il voulait punir son père... Mais s'il ne parle pas, découvriront-ils ce qui se passe à la maison? Je doute... Pensez-vous que je pourrai moi-même dire à son pédopsychiatre, anonymement, et que celui-ci ne dira rien à ses parents? Merci pour vos réponses.
Bonjour Nad,
Vous voilà devant une situation qui vous semble difficile, où les options possibles ne vous semblent pas très claires, et où surtout vous vous trouvez tiraillée entre deux peurs : celle de déplaire à votre soeur (ou même de s'attirer ses foudres) si vous intervenez et celle de devoir vous sentir un jour responsable de n'avoir pas agi quand il était temps.
En effet, cela mérite réflexion. Pour simplifier, prenons séparément les deux personnes à qui vous aimeriez venir en aide : votre filleul et votre soeur.
D'après ce que vous nous décrivez, votre soeur est victime de violence psychique, physique et sexuelle depuis 10 ans. Cela laisse des séquelles (cliquez pour plus d'infos) et la décision de partir devient de plus en plus difficile à prendre à mesure que le temps passe et que l'emprise du partenaire s'accentue, de même que son contrôle. Vous avez raison lorsque vous écrivez que c'est à elle seule de décider de sa vie et de son avenir. Mais elle aura besoin de soutien pour pouvoir reprendre en main son destin. En ce moment elle est épuisée, dites-vous, pas très claire sur ce qu'elle veut : c'est légitime, elle vit dans la peur et même si elle réfléchit beaucoup à sa situation, elle ne se sent pas encore capable de franchir le pas. Vous pouvez la soutenir de plusieurs façons :
Tout d'abord l'informer sur ses droits : en vertu de l'art. 175 du Code civil, elle a le droit de quitter le domicile conjugal puisque le bien-être de la famille est menacé (son fils a été hospitalisé et elle-même peut montrer des photos des bleus infligés par son mari). Comme la violence conjugale est un délit, elle a droit aux prestations de la LAVI (aide aux victimes d'infractions), c'est-à-dire à des consultations gratuites sur le plan juridique et psychologique, du moins pendant un certain temps. Elle a également le droit de porter plainte contre son mari pour les coups reçus (et pour les injures, par exemple, ou les menaces) jusqu'à trois mois après les faits. Elle a également le droit d'aller se réfugier avec ses enfants dans une structure d'accueil pour les femmes victimes de la violence de leur partenaire. Les consultations y sont gratuites et l'hébergement aussi (durant une quinzaine, après quoi des solutions peuvent être trouvées pour le paiement si la personne n'a pas de revenus). Elle a le droit d'être protégée, avec ses enfants, selon la loi. Proposez-lui de prendre contact avec le centre de MalleyPrairie, où elle sera bien reçue, même pour une simple consultation d'information.
Vous pouvez également lui assurer que vous ne la laisserez pas tomber, que vous resterez à ses côtés tant qu'elle aura besoin de votre soutien, que vous êtes là pour elle.
Maintenant, en ce qui concerne votre neveu et filleul : vous vous souciez de son avenir et vous avez entièrement raison. Mais lorsque vous vous dites triste "de ne pouvoir rien faire", détrompez-vous : vous n'êtes pas si impuissante que ça. Vous pourriez par exemple porter plainte, vous aussi, contre votre beau-frère. Vous pouvez également informer votre soeur que vous vous faites beaucoup de souci pour votre filleul, qu'en tant que marraine son bien-être vous tient à coeur et que vous pensez que c'est de votre responsabilité de signaler à son pédopsychiatre qu'il est victime de violences psychologiques, de menaces graves et de séquestration. Rappelez-lui au besoin qu'en tant que mère elle est responsable de protéger ses enfants, que le climat de tension qui règne à la maison leur est néfaste, et que si elle ne se sent pour le moment pas assez forte pour se porter à leur secours, c'est vous qui le ferez à sa place.
Pour en revenir à votre question : oui, bien sûr, vous pouvez informer le pédopsychiatre de ce que vous avez vu et entendu. Restez-en aux faits, dites simplement (ou écrivez) ce que vous avez constaté de vous-même depuis que cet enfant est né. Nous vous suggérons par ailleurs de vous adresser au Service de Protection de la Jeunesse de votre canton (tél. 021 316 53 53) où vous pouvez demander conseil en restant anonyme si vous le souhaitez. Voyez avec les spécialistes de ce centre ce qu'il convient de faire, s'il faut leur signaler officiellement le cas. Comme vous avez été témoin à plusieurs reprises des menaces à peine voilées proférées par le père, votre intervention est très importante et vous avez un rôle à jouer dans cette histoire. Dites-vous bien que votre neveu n'a peut-être que vous en ce moment pour le défendre.
Nous vous remercions en son nom et au nom de votre soeur pour votre intervention. Nous vous souhaitons de trouver les mots justes pour votre soeur et la voie légale, médicale ou sociale la plus efficace pour que cesse la souffrance qu'ils vivent au quotidien. Nos voeux vous accompagnent.
Bonjour Vera, Nous entendons votre déception, votre découragement et votre sentiment d'essuyer en permanence des reproches, de devoir toujours lutter......
Bonjour Didinne, Vous nous avez déjà écrit suite aux menaces que profère votre ex-mari envers vous. Entretemps, l’audience de divorce...
Bonjour, Vous nous demandez si votre comportement, notamment lorsque vous êtes en colère, sont de comportements violents. Vous souhaitez comprendre...