Bonjour, j'ai une question un peu différente: j'ai été victime de violence et au fond les conséquences ne se sont jamais complètement arrêtées. Ma question serait sur le statut de la violence dans cette société. 30 ans après les faits, on continue dans ma famille a dire que je suis responsable de la violence subie (depuis que j'avais 8 ans et plus tard d'autres faits). Donc finalement, je n'ai plus de famille car je fuis leurs critiques. J'étais mal diplomée et j'ai repris des études et au fond beaucoup de profs m'ont cherché noise. Ou des médecins, jugeant mon parcours 'pas normal'. Je suis à l'AI et j'étudie. Je trouve qu'il y aurait beaucoup à faire pour informer sur les conséquences des coups et des insultes car au moment de ce genre de fait, il est difficile d'étudier. Des dizaines d'années plus tard on me reproche au fond de ne pas gagner beaucoup d'argent, que je devrais me 'reprendre', etc. c'est dans la vie de tous les jours alors que les médecins qui viennent de réviser ma rente sont très contents de ma réussite en études. De plus, je suis chargée de projets bénévole et je viens de recevoir un premier succès et même deux. Donc je suis contente, mais on continue à me reprocher au fond, les violences des autres. C'est comme si cela continuait. Je trouve qu'il y a peu d'info qui circulent dans la société et qu'on laisse s'installer ces tabous en négligeant l'info, d'une certaine manière. Une certaine obligatinon du succès professionnel rapide fait que avec moins de chance on vous qualifie de paresseuse ou autre. Même des féministes s'en sont prises à moi (elles sont très connues) et elles ont stoppé leur critiques quand j'ai dit que j'avais subi un viol (en plus...). Elles sont très connues, j'étais auprès d'elles car j'imaginais qu'elles réfléchissaient plus que d'autres, mais non... Je suis déçue. D'ailleurs, je sors de l'hosto où on m'a maltraitée, par hasard. Mais j'ai l'impression de toujours devoir lutter. Que si j'étais mieux diplômée on me respecterait plus. Quelles actions sont faites pour diminuer ces préjugés ?
Bonjour Vera,
Nous entendons votre déception, votre découragement et votre sentiment d'essuyer en permanence des reproches, de devoir toujours lutter... mais nous constatons également votre courage, votre détermination à poursuivre des études et vos premiers succès. Bravo pour ce magnifique chemin parcouru ! Oui, la lutte continue, pour vous, pour toutes les victimes de violence, ainsi que pour celles et ceux qui travaillent à faire changer les choses.
Votre message nous touche car il est le fait de quelqu'un qui a beaucoup réfléchi, et c'est là un élément essentiel pour se reconstruire. La violence est terriblement destructrice et ses effets sont souvent une totale perte de l'estime de soi, ce qui rend encore plus difficile les premiers pas pour s'en sortir - vous devez le savoir mieux que quiconque. Vous avez fait preuve d'une grande force et vous pouvez être fière de vous.
Vous évoquez le statut de la violence dans notre société : depuis une vingtaine d'années, on assiste à une évolution dans ce domaine et certains progrès ont été accomplis sur le plan politique. Le passage de la violence conjugale, enfin sortie de la sphère privée, au statut de délit officiel, a été une percée majeure. On peut ajouter à cela la mise en place de structures diverses (comme les centres LAVI d'aide aux victimes par exemple, ou encore les maisons d'accueil de Solidarité femmes), de mesures légales (éloignement des auteurs de violence du domicile de leur victime, interdiction d'accès, poursuites d'office), des projets de loi ou de protection en faveur des jeunes filles, des cours intégrés aux écoles, aux hôpitaux, à la police ainsi qu'à la formation de certains apprenti-e-s, des campagnes d'information comme par exemple les "16 jours contre la violence faite aux femmes", sans compter la création de sites Internet qui servent de relais pour faire connaître le phénomène de la violence et diffuser les coordonnées des services d'aide existants. Vous avez très certainement vu les pages que notre site consacre aux divers aspects de ce thème.
Mais vous avez raison, pour beaucoup, la violence contre les femmes reste encore un tabou. Bien que les choses avancent, rien ne va se faire en une génération, il faut du temps. Les sociétés ne changent que très lentement ! Ce sont entre autres des personnes comme vous qui vont promouvoir cette transformation : des personnes qui se sentent concernées, qui se posent les bonnes questions et savent se livrer à une réflexion constructive.
Avec tous nos encouragements et nos cordiales pensées.@
Buongiorno, Lei vorrebe sapere se è possibile essere aiutati anche in caso di violenza psicologica, la risposta è sì. Ha...
Bonjour Voles, Nous sommes ravi-e-s d’apprendre que notre première réponse vous a apporté du soutien et a renforcé votre motivation...
Bonjour Ending, Vous l’aimez et il vous maltraite psychologiquement et physiquement. Vous aimeriez le guérir de sa dépression; il ne...