Bonjour. Je suis mariée depuis 8 ans mais je connais mon mari depuis l'âge de 24 ans. J'en ai 40 aujourd hui. Nous avons 2 filles de 4 et 8 ans. Mon mari est méchant avec moi depuis qu'il a coupé les ponts avec sa famille à la naissance de notre deuxième fille. Mon mari m'insulte, me dit que tout ce que je fais est nul et inintéressant. Je cuisine mal, le ménage est mal tenu etc... Il peut se montrer très violent verbalement et m'a menacé de "me flinguer". Il casse des objets devant les filles... hier soir notre appareil de photo argentique avec tous les objectifs... Des morceaux de verre partout et la petite s'est enfoncée une brique sous le talon. Il peut être très violent mais ne nous a jamais touché... Je partirais sur le champ... Mon mari m'accuse d'avoir 40 ans et de vouloir vivre ma vie.. Alors il contrôle toutes mes sorties et mes fréquentations. Ma seule sortie autorisée est l'aquagym... Et encore il me l'a interdite dimanche passé car lui travaillait toute la semaine et c'était à lui de profiter de son temps libre. Je travaille à 60% comme infirmière de nuit et je me fais des journées de 36 heures de suite sans aucune aide de sa part: ni commi, ni repassage, ni préparation des repas... Il a été voir son médecin traitant qui l'a mis sous cipralex.. Il augmente les doses sans cesse et je lui fournis en plus du temesta. Il nous menace de se suicider si on le quitte, il ne veut pas perdre ses filles, mais de moi il "s'en fout", que je peux partir ou que je peux me suicider... Il amène des cadeaux tous les jours pour se faire pardonner... Maia les conflits deviennent de plus en plus violents... Il me dit que je suis responsable de la situation et que je devrais aller voir un médecin... Que faire? Je ne dispose pas de moyens financiers énormes. Je mets de l'argent sur un compte en cas de besoin. Je pleure souvent à cause des insultes et de la violence. J'ai un fort caractère qui me permets de tenir mais je n'arrive pas à dire que je vais le quitter avec les filles car j'ai peur de sa réaction. Des nuits, je dors avec mon Natel à côté de moi pour appeler la police au besoin.. Est ce que je suis responsable ? Et que faire? Je sors très très peu pour voir mes copines. Je m'occupe de mes filles toute la semaine sans trop de distractions. Pour organiser un souper, je m'y prend 3 semaines à l'avance... Et le soir même , j'essuie des critiques que je sors souvent et que j'abandonne le domicile... Et il m'appelle pour savoir où je suis et quand je rentre... Des fois, c'est dur. Et des jours , mon mari est très gentil et adorable avec les filles. Mais pour moi, depuis qu'il m'a dit qu'il voulait "me flinguer", qqch s'est cassé. Que faire si je pars et comment m'organiser? Je pense être victime de violence psychologique, est ce vrai ou pas? Comment faire pour que cela s'arrête ? Des fois, j'ai des idées noires pour que tout s'arrête. Heureusement que je travaille!!
Bonjour Coco,
Ce que vous décrivez dans votre message relève clairement de la violence, au minimum verbale (cris, insultes) et psychologique (humiliations, dévalorisations, menaces, contrôle, bris d'objets, culpabilisation, chantage). Vous nous dites qu'il ne vous a pas frappée, et tant mieux, mais le risque existe bel et bien qu'il franchisse ce pas tôt ou tard car la violence se produit toujours sous la forme d'une escalade qui ne peut que s'empirer, si rien n'est fait pour l'enrayer.
Depuis qu'il vous a fait des menaces de mort (vous flinguer), vous sentez que quelque chose s'est cassé et vous avez le courage de demander de l'aide. C'est un pas très important pour trouver des alternatives à la violence que vous subissez et que vos filles subissent indirectement aussi. C'est peut-êtrre votre espoir que tout s'arrange qui s'est cassé, ou la croyance que l'amour finira par tout résoudre. Ces croyances sont tout à fait légitimes et compréhensibles, mais elles sont malheureusement souvent illusoires et insuffisantes pour venir à bout d'une spirale destructrice.
Ce n'est que votre mari qui pourrait venir à bout de sa violence, car c'est en lui qu'elle se déclenche et qu'elle se manifeste. Il est le seul responsable de sa propre violence, même s'il tente de vous culpabiliser et de vous faire croire que vous êtes responsable de ses débordements. C'est un mécanisme fréquemment utilisé par les personnes qui utilisent la violence et qui refusent de reconnaître leur problème. Votre mari projette sur vous ce qu'il n'accepte pas en lui et tant qu'il est dans ce mécanisme de déni de ses propres comportements violents, la situation ne peut que s'empirer davantage. Vous êtes pris dans le cercle vicieux de la violence et vous avez bien raison de réagir pour trouver un moyen d'échapper à ce piège.
Vous n'avez donc pas à vous culpabiliser mais plutôt à vous protéger, ainsi que vos filles. C'est ce que vous entreprenez en osant aborder le problème de front et en communiquant sur ce site.
Vous nous demandez que faire et comment vous organiser ? Sachez tout d'abord que vous avez le droit de quitter le domicile conjugal si besoin, en emmenant vos filles avec vous. En effet, l'abandon du domicile conjugal n'existe plus, contrairement à ce que vous fait croire votre mari. Vous avez le droit de partir en tout temps, sans dire où vous allez, afin de vous mettre à l'abri, ne serait-ce que quelques heures ou quelques jours, le temps de réfléchir en toute tranquillité.
Vous avez bien sûr aussi le droit de solliciter des mesures protectrices de l'union conjugale, qui consistent à demander à un juge de statuer sur l'autorisation de vivre séparé, l'attribution du domicile conjugal (qui vous pouvez demander à votre usage), la garde des enfants et la pension alimentaire pour celles-ci. Vous avez intérêt à vous faire aider par un-e avocat-e pour rédiger cette demande et vous faire soutenir au Tribunal. Selon vos moyens, vous pourrez bénéficier d'une assistance juridique (frais de justice et d'avocat avancés par l'Etat, remboursables en tout ou partie.
Il est par contre difficile de porter plainte au stade de la violence verbale ou psychologique. Les insultes et les menaces peuvent être dénoncées, mais si votre mari les conteste et que vous n'avez pas d'élément de preuve (témoin par exemple), votre plainte risque fort d'être classée.
Vous avez surtout la possibilité de demander un soutien dans un service spécialisé qui saura vous écouter, vous informer de l'ensemble de vos droits et des possibilités qui existent. Vous avez besoin d'être entendue, reconnue dans votre souffrance et accompagnée pour savoir que faire et pour vous organiser au mieux, afin de vous protéger et de sortir de la violence. Dans la canton de Vaud, c'est le Centre d'Accueil Malley-Prairie qui est le service spécialisé dans toutes les formes de violence conjugale. Il offre des consultations gratuites et confidentielles et possède également un foyer d'hébergement.
Nous vous encourageons vivement à contacter ce service pour obtenir le soutien que vous rechercher. Vous avez peur d'agir car votre mari menace de se suicider ou de vous "flinguer" si vous entreprenez quelque chose. Vous informer et mieux comprendre la situation avant d'agir vous permettra de trouver les solutions les meilleures, en tenant compte de votre situation particulière. Bien que les menaces et le danger soient toujours à prendre au sérieux, ils sont très souvent utilisés comme arme pour empêcher la personne victime d'agir. Une aide appropriée pourrait sans doute vous permettre de ne pas rester bloquée dans une peur qui vous paralyse. C'est souvent au moment où la femme victime commence à agir que l'auteur de violence prend conscience du véritable problème et accepte de se faire traiter. Les médicaments seuls ne suffisent pas. Des services ou des professionnel-le-s spécialisé-e-s existent également pour aider les auteurs de violence.
Vous pouvez bien évidemment donner suite à ce message et nous répondrons volontiers à d'autres questions par l'intermédiaire de ce site.
En vous souhaitons le courage de poursuivre vos démarches, nous vous adressons nos chaleureuses pensées.
Bonjour Madame, En préamule, nous tenons à vous féliciter pour la démarche que vous avez faite en écrivant sur notre...
Bonjour Monsieur, Vous vous inquiétez pour votre fille qui ne va pas bien à cause des violences psychologiques et physiques...
Bonjour, Nous sommes désolé-e-s pour le retard de notre réponse, nous avons reçu beaucoup de questions ces derniers jours. Ton...