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Questions et réponses

Je ne connais pas d'histoire de violence conjugale qui finisse bien, et vous ?

Question
04 Juin 2011 - old...

Bonjour, Je me décide enfin à raconter mon soucis: Pour être brève: je vis avec mon copain un an et demi, début tout beau tout joli, sur un nuage. Quelques mois après qu'on se soit installés ensemble, il y a eu des filles, des ex etc. qui l'appelait, le harcelait, pour gacher notre couple. Lui, leur laissait les choses clairs, toujours correcte envers moi, jamais d'infidélité ni de loin. Mais la jalousie était là parfois, des 2 côtés, et des disputes ont éclaté. C'est qq'un qui a du caractère mais un jour, en pleine dispute, il m'a soulevé par le cou, j'avais pas d'air, j'ai senti que je tournais de l'oeil, il m'a laché tout juste à temps. Je n'oublierai jamais la première violence entre nous. J'étais apeurée et je lui ai demandé de partir. Pour finir je l'ai pardonné, ça a empiré : coups de poings dans les côtes, jetages par terre, cocard dans l'oeil, main dans l'atèle, nez cassé... Depuis à peu près nos 4 mois ensemble déjà ça avait commencé. J'ai commencé à devenir violente moi-même, me mutiler, le frapper à chaque dispute, son nez aussi a été cassé. J'étais enceinte et avec ce poing dans les côtes j'ai du le perdre: fausse couche le lendemain, devant lui, il ne m'a pas aidée... Je pensais qu'après ça il serait vrmnt désolé et ne recommencerait plus, comme il apromis... Je n'ai jamais cru ça ailleurs, mais chez moi je le croyais vrmnt. Plusieurs fois la police a intervenu. Qu'est-ce qui me fesait le pardonner? l'amour biensur, comme chez tous les couples violents j'imagine. Il me prouvait qu'il m'aimait, voulait m'épouser, avoir des enfants, pouvait etre adorable mais quand une embrouille commencait, pas de retenue, il me criait, me manquait de respect. Aujourdhui je sors encore de chez les flics, il est parti avec ses affaires, mais reste dans les parages, il pense que je vais le pardonner. Je tiens à préciser qu'il vient de l'étranger (UE) et qu'il n'a pas d'amis en Suisse. Je lui ai proposé de lui payer ce qu'il voulait comme billet, je lui ai supplié de me quitter. Rien à faire, il demandait pardon mais quand je le contrariais il changeait de visage tout de suite, il s'énervait ! Ca se passe toujours comme ca. A un moment on arrivait à gérer les disputes (pour des broutilles tjrs, jamais important! du genre le ménage, la vaisselle, petites jalousies...) Les fois ou je lui disais ce qui n allait pas, rares étaient les fois ou il me rassurait, il fesait des progres parfois, ensuite retrogradait... Je pense sincerement qu un homme qui frappe n arretera jamais... meme apres une periode. Maintenant je frappe aussi, j'ai un enfant en bas age avec moi et j ai meme peur de ne pas me controler un jour! je tourne au quart du tour, si on dit comme ca. je suis irritée pour un rien, j'ai changé... je suis violente et malheureuse... je vois une psy de temps en temps qui va me donner des adresses pr ces souci (je n ai osé lui en parler que tardivement) j'ai vécu avec ca en secret depuis un an, je suis depressive et ai meme eu des pensées suicidaires, pas encore parties d ailleurs. Je suis désolée pour le roman mais je vous demande vraiment si un couple aussi brisé peut etre reconstruit? on a pas vrmnt reussi a se séparer jusqu a maintenant car on s'aime, c'est tres fort, on est tres complices malgré ca... mais les malaises sont la souvent car j ai peur qu il change son visage d un moment a l autre? Je suis perdue et j aimerais l quitter, mais je sais que je vais etre malheureuse. Je le suis deja, allez-vous me dire, mais cela pourrait etre pire sans lui... Comment se séparer sans souffrir davantage? je pense que je vais craquer et la possibilité de le pardonner est bien là! c est dangereux pour moi. Mais je vois bien qu il veut changer, malheureusement j y crois pas, personne ny croit. Je ne connais pas d histoire de violence conjugale qui finisse bien, et vous ?

Réponse
14-06-2011

Bonjour Last Angel,

Nous vous répondons avec quelque retard, veuillez nous en excuser. Il arrive que nous recevions beaucoup de messages en même temps.

Votre question de savoir si la violence peut disparaître et si les couples peuvent se reconstruire n'est pas si simple et chacun a son histoire. Tout ce que nous pouvons vous répondre, c'est que pour s'en sortir, pour vraiment modifier les comportements et la relation, il est indispensable de passer par un travail approfondi de remise en question et de réflexion sur sa propre conception des rapports hommes-femmes, ainsi que sur la gestion de conflit.
Sans cet engagement et cet effort dans la durée,  les plus belles promesses et les meilleures intentions du monde restent vaines.

Il existe diverses possibilités de thérapie, individuelles ou en groupes, chez des thérapeutes privé-e-s, ou par exemple à Violence et famille à Lausanne, à Vires à Genève (destiné aux hommes) ou à  Face à face à Genève (destiné aux femmes violentes), pour ne citer que ces services-là.

Vous nous dites que vous avez changé, que vous êtes devenue malheureuse, irritable, imprévisible et violente : cette modification est sans doute un résultat direct de la violence de votre partenaire envers vous et si la cause disparaît, vous devriez retrouver votre vraie nature sans trop de difficultés.

Avez-vous consulté les pages de notre site sur la violence, ses cycles et ses effets ? Il vous suffit de cliquer sur ces mots pour plus d'infos. Vous dites craindre de céder aux pressions de votre copain, car vous sentez que ce serait dangereux pour vous. Vous avez raison, écoutez votre intuition et pensez à vous protéger et à protéger votre petit, qui souffre certainement de la situation bien plus que vous ne le pensez.
Nous pensons que vous auriez besoin d'un soutien en ce moment, c'est une période difficile pour vous. Seriez-vous prête à consulter un centre de Solidarité femmes ? Il en existe une bonne douzaine en Suisse. Vous trouverez leurs coordonnées sur notre site, sous la rubrique "adresses utiles", où elles sont répertoriées par canton. Les consultations y sont gratuites, et vous avez également la possibilité d'y être hébergée pendant un certain temps  au besoin pour réfléchir tranquillement à la situation, être loin des pressions, mettre votre enfant à l'abri des disputes, recevoir un soutien professionnel et chaleureux. Comme vous avez subi des violences, les deux premières semaines sont gratuites, prises en charge par la LAVI (aide aux victimes). Ensuite des solutions peuvent être trouvées.
La police vous a probablement déjà informée sur les prestations des centres LAVI et donné l'adresse de celui de votre canton.

Bravo d'être allée consulter une psychothérapeute, c'était une très bonne démarche ! Nous vous encourageons à continuer d'aller la voir le plus régulièrement possible. En effet, vous nous demandez comment "vous séparer sans souffrir davantage" et la réponse est là : en redécouvrant une bonne relation avec vous-même, en apprenant à vous aimer et à vous faire confiance, bref à connaître le plaisir d'être vous ! Et aussi en étant bien entourée, de personnes à votre écoute et qui vous acceptent telle que vous êtes.

Nous pensons bien à vous et vous souhaitons de trouver le chemin qui vous mènera vers une vie plus sereine et plus harmonieuse. Bon courage !
 

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