J'ai lu sur votre site et d'autres et j'ai parlé avec une conseillère conjugale sur le cercle "vicieux" de la violence. Je me rends compte que c'est exactement cela qui tient ma vie depuis 26 ans de mariage... tant que je suis la petite femme soumise à ma place avec mes enfants, lui ou sa famille tout va, mais si je veux voir des amis sans lui, ou même ma famille en Angleterre il me bourre de questions ou mêmes d'insultes; même sa soeur lui dit que c'est comme l'inquisition et qu'il me rend la vie pourrie et invivable. Quand la situation explose et qu'il m'insulte, me rabaisse, il domine... dès qu'il s'aperçoit qu'il a été trop loin il recule, baisse la tête, se calme( MAIS ne présente jamais ses excuses). Alors on reprend notre quotidien et je passe outre, j'essaie d'oublier tout ça pour aller en avant, il me rempli les oreilles de compliments, me force à lui faire des bisous à tout moment, bien qu'il se plaint que je ne les donne pas spontanément. Au lit il force les choses et si je "me laisse faire" ça va... mais si je refuse ce qu'il veut c'est de nouveau les insultes le rabaissement, les accusations. En dépit de tout cela, quand je n'en peux plus et je commence à sérieusement préparer une voie d'échappement, faire des plans légaux et concrets dans ma tête, tout d'un coup je me sens SI coupable... je me suis mariée à l'église, j'ai fait des promesses, je vais le rendre si seul et malheureux, il dit qu'il ne supporterait pas le rejet, qu'il se suiciderait ou nous tuerait.... COMMENT GERER CA? CELA me fait peur, me bloque. est-ce que je devrais aller voir un psy? ou solidarité femme - LAVI peut m'aider? Je dois y aller, au travail. merci de me répondre, cela me calme et m'aide à garder la tête droite!!
Bonjour Freddy,
Effectivement, ce ne doit pas être facile à gérer et nous comprenons vos hésitations, tiraillée comme vous l'êtes entre l'ébauche de plans pour vous échapper, d'une part, et le boulet de la culpabilité d'autre part.
Mais en prenant conscience de l'existence du cercle vicieux de la violence, vous avez déjà fait un grand pas en avant.
Pour répondre à votre question concernant le bien-fondé d'une éventuelle démarche auprès d'un ou une psychologue, nous vous répondons trois fois oui. Ce type de soutien vous aidera certainement beaucoup à y voir plus clair et vous permettra d'avancer encore. Si vous choisissez quelqu'un qui est soit psychiatre soit psychologue FSP, les consultations seront prises en charge par votre caisse-maladie.
Quant à Solidarité femmes (qui est également un centre LAVI reconnu), nous vous avons déjà vivement encouragée à prendre contact avec elles et ne pouvons que réitérer ce conseil. Vous n'aurez certainement pas à le regretter !
Nous vous rappelons également que votre mari n'a pas le droit de menacer de vous frapper si vous ne lui obéissez pas en tout, que les injures constituent également un délit, de même que les menaces de mort qu'il avait proférées contre vous et vos grands enfants. Vous seriez en droit de porter plainte, d'autant plus qu'il a des armes à la maison d'après ce que vous nous aviez écrit précédemment.
Un des points qui vous tourmentent est la promesse que vous avez faite lors de votre mariage. Bien sûr que vous avez promis. Mais il y a tout de même des circonstances particulières à prendre en considération : d'abord que lui aussi a promis de vous aimer et de vous protéger, et qu'il manque à sa parole. Ensuite, que vous souffrez de plus en plus, que ça devient intenable, et qu'il ne vous écoute pas, n'entend même pas vos appels à l'aide, refuse de consulter pour le bien du couple. Et enfin, qu'il se permet de menacer de tuer vos enfants, envers lesquels vous avez aussi des obligations "morales" (elles ne sont plus "juridiques" puisqu'ils sont majeurs). Nous pensons que ces éléments devraient vous permettre de relativiser le poids d'une promesse passée.
Une dernière chose : vous avez peur, en le quittant, de le rendre "si seul et malheureux". Mais avez-vous déjà songé qu'au contraire, ce pourrait être salutaire pour lui ? Que vous l'aideriez à prendre conscience de son comportement ? A voir qu'il est allé trop loin ? A apprendre à vous respecter ? N'oubliez pas que d'une certaine manière, il est prisonnier lui aussi du piège de la violence. Vous pourriez lui donner sa chance de s'en libérer, ce qui resterait en phase avec votre promesse de vouloir son bien.
Nous restons de tout coeur en pensée avec vous.
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