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Questions et réponses

Comment aider une femme du troisième âge qui vit de la violence conjugale ?

Question
21 Avril 2011 - old...

Je connais dans mon entourage proche une femme du troisième âge qui vit avec un mari du troisième âge également et qui est colérique. Pour la première fois, il l'a giflée. Je lui ai conseillé de déposer plainte mais elle refuse. Elle a dit qu'elle attend car peut-être que ce n'est qu'un dérapage et qu'elle déposera plainte si cela se reproduit. Cette femme dépend de son époux du point de vue matériel et devrait demander l'aide de l'hospice si elle le quittait.De plus, elle a honte d'exposer cette situation à autrui (police, etc.) et que ses voisins ne l'apprennent. Elle en vient même à croire que c'est de sa faute si son compagnon l'a giflée! Est-ce qu'il faut lui proposer d'aller à Solidarité femme pour discuter avec une conseillère? Quelles autres actions faut-il tenter svp?Comment l'aider? Merci

Réponse
26-04-2011

Bonjour Nan,

La première réponse que nous pouvons apporter à votre question est que votre façon d'intervenir est très adéquate et que vous avez déjà fait quelque chose d'essentiel en abordant la question de la violence avec votre connaissance et en lui conseillant d'aller porter plainte. C'est un premier message important que vous lui avez communiqué, à savoir que des lois existent et qu'elle a le droit de se plaindre des mauvais traitements commis à son égard par son mari.

Bien trop souvent, la maltraitance reste un sujet tabou et les victimes se taisent, par peur de ne pas être comprises ou jugées tout autant que par honte. Dans le cas que vous nous rapportez, la honte est effectivement présente, ce qui est fréquent dans ce genre de situation. Recevoir du soutien et entendre des messages comme celui que vous lui avez transmis est très important pour diminuer petit à petit ce sentiment de honte. Nous ne pouvons donc que vous encourager à poursuivre dans cet objectif d’aider cette personne à sortir d’un silence qui entretient la honte et à parler de ce qu’elle vit, ce qui lui permettra de comprendre progressivement qu’elle n’est pas responsable des actes de violence de son mari et qu’elle n’est pas fautive.

L’association Solidarité Femmes pourrait effectivement être une ressource pour cette personne, afin de recevoir informations, soutien et conseils des professionnelles spécialisées en matière de violence conjugale. Les consultations sont gratuites et confidentielles. Vous pouvez obtenir plus d’information en consultant leur site internet ou en appelant directement au 022 / 797 10 10. Vous pouvez également obtenir des informations utiles en consultant le diaporama réalisé conjointement par le Centre LAVI  et Solidarité Femmes, à l'intention des femmes victimes de violence conjugale.
 
Si votre connaissance n’était pas prête à se rendre dans une telle association, ce qui pourrait fort bien être le cas aujourd’hui puisqu’elle tente de minimiser ce qui s’est passé et espère que ce n’était qu’un dérapage ponctuel, vous pourriez plutôt lui conseiller de prendre contact avec l’une des associations qui offrent du soutien aux personnes âgées. Sortir de l'isolement est aussi une façon efficace de prévenir une escalade de la violence. A Genève, elle pourrait contacter l'association Pro Senectute, le Club des aînés de Caritas ou l'Association d'Appuis Aux Aînés (022 840 49 99) afin de pouvoir rencontrer d'autres personnes et faire des activités en-dehors de son domicile. En se sentant moins seule, elle osera certainement davantage réagir face à un mari agressif, contrôlant, voire violent.
 
Elle peut également obtenir des informations et conseils par téléphone aux numéros suivants : 
- Tél : 0840 110 110, ligne téléphonique pour tout problème de "Violences domestiques "

- Tél : 0848 813 813, ligne d'Info Séniors
- Tél : 0848 00 13 13, ligne téléphonique de "Alter Ego", pour tout problème de maltraitance chez les personnes âgées.

 Vous êtes sans doute pour l'instant une très bonne personne pour l'aider à briser le silence et à sortir de l'isolement, premières démarches importantes pour oser réagir et prévenir l'escalade de la violence, puisqu'elle semble s'être confiée à vous. En l'encourageant à ne pas rester seule avec sa souffrance, et en commençant par lui apporter vous-même le soutien dont elle a besoin pour faire le pas suivant, vous l'aidez à avancer pas à pas sur le chemin du respect et de la dignité auxquels elle a droit, comme toute personne. Et si bien sûr elle était prête à aller plus loin dans ses démarches, prendre contact et peut-être l'accompagner auprès d'une association ou pour porter plainte s'avérerait fort utile, au moment où elle le jugerait opportun. Le respect de sa volonté et de son rythme est tout autant important que les conseils prodigués, afin de ne pas remplacer un pouvoir par un autre.

En espérant que ces quelques informations vous seront utiles, nous restons bien volontiers à votre disposition pour d'autres échanges avec vous ou avec elle et nous vous souhaitons bon courage dans votre précieuse tâche d'accompagnement.

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