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Questions et réponses

J'ai eu un comportement inacceptable et je souhaite changer pour reconquérir ma compagne.

Question
25 Janvier 2011 - old...

Violence physique moral et physique. Voilà, j'ai écris ici parce que j'ai eu un comportement inacceptable, j'ai été violent avec celle que j'aimais, et ce à trois reprises. J'ai honte de ce que je vais vous décrire, j'ai honte d'avoir fait ça. La première fois, en mai dernier, je cherchais un objet dans la cuisine, des amis étaient présents, et je lui ai demandé son aide. Comme j'ai régulièrement l'habitude de lui demander de chercher des trucs avec moi, et que je peux être parfois un peu incapable de ce côté là, elle s'est moqué de moi en me traitant de gros bébé. Évidement tout le monde a rit à gorge déployée, et je me suis senti humilié. J'ai commencé à vociférer, m'énerver, rien n'y faisait, j'ai finis par attraper une mèche de ses cheveux et tirer, pour qu'elle vienne m'aider, pour que tout s'arrête. Je ne lui ai pas vraiment fait mal, mais le geste était là. Personne n'y a vraiment attention sur l'instant dans l'assemblée, mais par la suite nous en avons reparlé. La seconde fois, j'écrivais à un ami sur msn (je ne sais plus vraiment le sujet, pour fixer un rdv je crois) et elle n'était pas d'accord avec moi et insistait pour que je dise autre chose. Je ne voulais pas, et au bout d'un moment, par dépit, je lui ai mis une claque sur la tête pour qu'elle cesse. Sur le coup elle a voulu me quitter, je l'ai supplié de rester, me suis mis à genou, j'aurais été prêt à tout pour ne pas la perdre. Le processus classique de ce que fait l'homme violent dans ce que j'ai pu lire sur le cycle de la violence. Et puis il y a la dernière fois. Peut importe le contexte, j'ai glissé sur une plaque de verglas, elle a commencé à se moquer de moi, de même que l'assemblée. La journée ayant été absolument affreuse, c'était plus que je ne pouvais en supporter. J'ai commencer par lui demander d'arrêter, mais elle ne l'a pas fait. Là, a commencé la violence verbale (elle a eu le droit à tous les noms d'oiseaux), puis je l'ai attrappé par le col de sa veste, secouée et ait tenté de la pousser par terre. Depuis nous avons rompu à cause de ce dernier évènement, c'en était trop pour elle, et je me sens terriblement mal. J'ai régulièrement des pulsion suicidaires parce que je me dis que j'ai perdu tout ce qui comptait pour moi en ce monde, que c'est de ma faute, et à moi seul. Bien sûr, j'essais de ne pas en parler avec elle, je ne veux pas lui faire de chantage au suicide pour la retenir, je ne veux pas qu'elle reste avec moi par pitié. Evidement, comme elle est ma seule famille (je suis orphelin de mère et très éloigné de mon père) et que nous parlons encore, cela m'échappe parfois, mais c'est plus un cri de désespoir qu'une tentative de pression je crois. Personne ne nous prend véritablement au sérieux car nous avons l'habitude de 'rompre' pour "des trucs idiots" (comprendre pour une petite engueulade, sans que cela soit suivi d'effet) et que nous nous connaissons depuis 4 ans. Cependant, et c'est là aussi que se pose ma question, si je veux changer, tenter de la reconquérir, j'ai comme l'impression que quelque chose cloche aussi, j'ai l'impression que je dois me rabaisser à chaque dispute avec elle, me donner tous les tords pour que l'on se réconcilie, et je me demande dans qu'elle mesure elle n'a pas un ascendant moral sur moi qui me met en état de victime moi aussi, mais de violence psychologique cette fois...

Réponse
02-02-2011

 

Bonjour Monsieur,
 
Nous vous remercions pour votre question et vous félicitons pour votre courage de rompre le silence et parler de votre comportement. Ce sont-là les premiers pas pour s’en sortir.
 
Dans votre message, vous nous expliquez que par trois fois, après une dispute où vous vous êtes senti humilié par votre compagne, vous l’avez violentée. Après cette série d’événements violents et vous avoir menacé de le faire, votre compagne a fini par vous quitter.
 
Depuis, vous vous sentez très déprimé et souhaitez de tout cœur changer pour tenter de la reconquérir.
Vous nous dites que vous avez perdu votre mère alors que vous étiez jeune et que vous avez peu ou pas de contacts avec votre père, que votre compagne représente votre seule famille.
 
Vous vous demandez également si vous n’êtes pas vous-même victime de violence psychologique de la part de votre compagne.
 
Nous pensons qu’il est important de comprendre quels sont les déclencheurs de votre violence et quels sont les liens qui existent avec votre propre histoire. Vous devez apprendre à reconnaître votre colère et tenter de la contrôler avant qu’elle ne se transforme en violence. Pour apprendre à le faire, nous vous suggérons d’être à l’écoute de vous-même et de vos émotions. La colère, de même que la joie ou la tristesse, est une émotion tout à fait normale. Toutefois, c’est ce que vous en faites qui est important. La colère indique souvent qu’un besoin est insatisfait. Il est donc important de pouvoir cibler quel est ce besoin et de l’exprimer calmement. Aucune autre personne n’est responsable de vos besoins et rien ne justifie votre recours à la violence. En d’autres termes, votre compagne n’est pas responsable de vos sentiments ni de vos besoins et vous êtes le seul responsable de vos actes.
 
Il est nécessaire de recourir à des compétences différentes.
Pour acquérir ces compétences, vous pouvez vous adresser à un organisme spécialisé dans l’aide aux auteur-e-s de violence. Dans votre canton, EX-pressionest une association où des professionnel-le-s vous accompagnent pour vous aider à travailler vos émotions, à trouver des outils de communications différents de la violence et à développer des alternatives à la violence. Être soutenu dans une telle démarche est capital, car le chemin est long et difficile à parcourir. Mais il n’est pas impossible et c’est un parcours gratifiant.
Quant à votre compagne, il est normal qu’elle n’ait pas accepté de rester avec vous. Votre comportement est interdit par la loiet le recours à la violence durant les disputes peut engendrer de graves conséquences. La reconquérir va probablement être un long parcours, car la peur et la rupture de confiance se sont certainement installées chez elle. C’est votre changement qui pourra peut-être lui permettre de reconsidérer la vie commune avec vous. Mais, si elle décidait de ne pas revenir vous devriez respecter son choix.
 
Ces événements vous ont beaucoup touchés et vous avez songé au suicide tant vos actes et cette rupture vous sont insupportables. Peut-être devriez-vous vous adresser à un psychologue afin d’être soutenu dans cette étape difficile de votre vie ? Ne serait-ce pas l’occasion de travailler avec lui les questionnements et la souffrance qui vous occupent actuellement? Ce soutien vous permettrait de vous adresser à la bonne personne et ainsi éviter cette impression de chantage que vous avez face à votre compagne lorsque vous lui parlez de votre détresse.
 
Vous avez également l’impression d’être la victime de la violence psychologique de votre compagne ; mais n’est-ce pas là un sentiment que vous avez en raison de la faible estime de vous-même qui semble exister chez vous ? Un travail avec un psychologue vous permettrait peut-être de renforcer votre estime de vous.
Toutefois, il serait aussi important que votre compagne respecte votre souffrance et n’insiste pas lorsqu’elle voit ou sent que vous êtes blessé dans certaine situation. Comme vous, elle est responsable de ses actes et de sa propre violence.
 
Si par la suite, vous décidiez de reprendre la vie commune, peut-être qu’il serait important d’avoir du soutien pour votre couple afin d’éviter ces « jeux » relationnels et de consulter un organisme comme celui du Service de consultation conjugale.
 
Nous vous souhaitons une bonne continuation dans vos démarches et si vous le souhaitez, n’hésitez pas à nous recontacter si vous avez d’autres questions.
 
Bonnes salutations.

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