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Questions et réponses

La violence et mes pleurs sont toujours là, pourtant je culpabilise de le laisser si je pars. Existe-il des aides financières pour des personnes dans cette situation?.

Question
30 Mai 2010 - old...

Bonjour, je vous avais déjà écrit il y a bientôt une année concernant les attitudes violentes et agressives de mon mari. Vos réponses m'avaient aidée à voir plus claire à propos de ma situation et je vous en remercie. Pourtant, je suis toujours avec lui,et il n'a pas changé malgré nos nombreuses discussions et promesses d'efforts. En revanche, moi j'ai changé,un peu. J'ai eu un déclic il y a trois mois, un jour que je me suis fait engueuler parce que je ne savais pas à quelle heure fermait la poste, ou quelque chose dans le genre. J'ai pris conscience que tout cela était allé beaucoup trop loin. Je saturais, j'étouffais. J'ai commencé à en parler à mes amis et à ma famille, qui on été et sont d'un grand soutien, sans aucun jugement. Concernant mon mari, je me suis peu à peu distanciée de lui, physiquement et mentalement, on s'est installés dans une sorte d'indifférence mutuelle. On ne partage plus rien ensemble, déjà qu'avant on ne partageait pas grand chose. Par contre, les engueulades, l'agressivité, les accès de violence, mes pleurs sont toujours là. Au fond de moi j'ai envie de partir, je ne sais même plus si je l'aime et il m'est très difficile d'entrevoir un avenir possible en commun. J'ai l'impression que notre relation est destructrice, on s'est fait beaucoup de mal l'un et l'autre. Je n'ai même pas envie d'aller voir un conseiller conjugal, j'ai l'impression qu'il y a trop de morceaux de moi cassés et j'ai fait quelques dégâts chez lui aussi, il me l'a dit. Que pensez-vous du fait que je n'aie pas envie d'entrer dans une démarche thérapeutique? Pensez-vous que nous devrions tenter le coup? Et même si je pense que je vivrai mieux sans lui, je n'arrive pas à partir. Mes proches me conseillent de me fixer une limite dans ce que je suis en mesure d'accepter, mais je ne sais pas me fixer cette limite! Et je culpabilise de le laisser, si je pars il n'a aucun parent ni ami chez qui aller, un revenu très précaire donc il ne peut s'assumer seul financièrement. Existe-il des aides financières pour des personnes dans cette situation? Cela m'aiderait peut-être à faire le pas. Autre chose, il a pris rdv chez un psychologue, à cause de la multitude de problèmes personnels qu'il a. Pensez-vous que je devrais attendre de voir si sa démarche porte ses fruits? Merci pour votre précieuse écoute et vos réponses.

Réponse
10-06-2010

 
Bonjour Madame,

Bravo pour votre prise de conscience!  C'est le premier pas d'une démarche importante qui va faire son chemin et qui peut prendre un certain temps. Vous avez déjà pu prendre la distance nécessaire pour pouvoir réfléchir et vous poser des questions, vous rendre compte de ce qui se passe au fond de vous. Et c'est bien à cet endroit (au fond de vous) qu'il est primordial de s'intéresser à ce qui s'y passe.

Si vous étiez certaine d'obtenir des résultats positifs en thérapie, vous y seriez déjà allée depuis longtemps. Au fond de vous, vous savez pour quelles raisons vous n'y aller pas, vous le précisez en constatant qu'il vous est très difficile d'entrevoir un avenir possible en commun et vous pensez que vous vivriez mieux sans lui.

Si nous comprenons bien, il y a toujours de la violence physique, en dehors de l'agressivité verbale  dans votre relation de couple et vous en souffrez. Nous vous encourageons à prendre soin de vous. Ce n'est pas normal de vivre dans la violence, dans la souffrance.

Plutôt que d'entreprendre une thérapie de couple, nous vous conseillons de faire une démarche personnelle, de prendre rendez-vous pour vous, chez un-e psychologue, qui pourrait vous soutenir dans vos projets, qui pourrait vous aider à mettre de l'ordre dans vos idées. Vous pourriez aborder, par exemple, le thème de la culpabilité qui retient si souvent les victimes de violence auprès de leur partenaire violent. Le fait que votre mari ait pris rendez-vous est une très bonne chose en soi mais cela ne veut pas dire que tout va changer pour vous, si vous souhaitez vous séparer, rien ne vous en empêche, cela peut permettre à votre mari de réaliser vraiment les conséquences de ses actes, de son comportement violent et de changer si il le veut, si il le peut. La séparation sert à voir si il y a des changements possibles. Les auteurs de violences utilisent parfois des stratégies pour retarder les démarches, empêcher leur victime de prendre des décisions.

 Le fait qu'il ne peut s'assumer seul ne devrait pas être une excuse pour vous exposer encore à une vie si douloureuse, le service social de votre région peut venir en aide à votre mari. il y a de nombreux services d'aides aux personnes en difficulté financière.  Votre mari peut également se renseigner auprès du Service de prévoyance et d'aides sociales, Bâtiment administratif de la Pontaise, Av. des Casernes 2, 1014 Lausanne, Tel : 021 316 52 21, Site web : www.dsas.vd.ch/spas/spas.html
Email : info.spas@vd.ch. Informations : Les adresses des différents CSR peuvent être obtenues auprès du Service de prévoyance et d'aides sociales.

Rappelons également qu'il est responsable de sa situation et qu'il est censé la gérer, ce n'est pas à vous de tout prendre sur vous, cela d'autant plus que c'est dans un climat de violence.

Nous espérons ainsi avoir pu répondre à vos questions et vous avoir permis de faire un bout de chemin. Bonne continuation, n'hésitez pas à nous donner des nouvelles. Bonne chance !

 

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