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Questions et réponses

Me voici libre de tout reconstruire, et pourtant je me sens vide. J'ai du mal à tourner la page, mais en dépit de tout ça je me sens fière de moi.

Question
16 Décembre 2009 - old...

Bon, moi je vous réécris. Depuis ma dernière question, j'ai quitté mon compagnon définitivement.J'ai quitté boulot, amis et mon compagnon, car je n'en pouvais plus. Je suis retournée dans mon pays, auprès des miens. Une petite voix me disait que j'allais retrouver la lumière, la délivrance. Au début, je me sentis libre, prête à pouvoir réaliser mes rêves. Et puis brusquement, j'eus le contre-coup. Je suis très bien entourée de ma famille. Mais après un mois à leurs côtés, je décidais de retrouver mon indépendance, il fallait que j'y arrive seule. Me voici libre, libre de tout faire, tout reconstruire.J'ai toutes les cartes en main. Et curieusement, sans lui, mon compagnon, mes rêves n'ont plus lieu d'être, sans lui, je ne me sens personne.J'ai du mal, je me sens seule. Pourtant j'ai pleins de gens sur qui compter.Je fais semblant d'être bien mais ne le suis pas. Je pleurs souvent, me demande pourquoi j'ai vécu tout ça. Il était tout pour moi. Mais moi, je l'aimais quand il était gentil.Tout pouvait changer si brusquement.Nous n'avons plus auncun contact.C'est moi qui le lui ai demandé avant de le quitter. ça va faire 2 mois que nous nous sommes séparés. Et aujourd'hui, je me sens si vide. Aujourd'hui et si loin de lui, je ne me souviens que des aspects positifs de sa personne.Pourquoi oublie-t'on si facilement le mal qu'une personne nous a fait? Parfois j'ai peur de tout, j'ai des angoisses. je ne m'imagine même pas rencontrer un autre homme.C'est comme si je réapprenais à vivre, à faire du vélo. j'aurais peur qu'il soit violent.Je ne dois pas retourner en arrière. Mais, c'est si dur d'avancer sans lui.Il disait m'aimer, mais était si souvent absent, dans les bars. Je suis sûre que lui va bien aujourd'hui. Et je lui en veux, car moi je souffre. Je m'en veux aussi de l'avoir trompé il ya 6 mois (quoi que ce garçon dans les bras duquel j'étais tombée, m'éclaira quant à ma relation avec mon compagnon). Je ne voulais pas le quitter et ne souhaitais qu'un changement durable de sa part. C'est quand il se douta de mon infidélité qu'il devint encore plus violent, verbalement et physiquement.Est-ce moi qui ai déclenché cette violence?? Cette question me ronge. N'est-ce pas un signe d'amour ou de jalousie de sa part? Mais j'eus peur, très peur. C'est pour cela que je l'ai quitté.Etait-ce de la schizophrénie?? une double personnalité?? Aujourd'hui je dois me reconstruire. J'aimerais qu'on me lave le cerveau, pour oublier tout ça.j'aimerais ne pas être aussi recrovillée sur moi même. J'ai du mal à tourner la page.Tout est si confus dans ma tête.Eclairez-moi svp. Merci

Réponse
23-12-2009

Bonjour Sylvia,

En effet, vous pouvez être fière de vous, et comment ! Quel immense chemin parcouru depuis votre premier message sur notre site ! Nous en sommes heureuses et heureux pour vous.

Nous comprenons néanmoins que vous vous sentiez vide et parfois même angoissée. Comme vous le dites très bien, il s'agit de vous "reconstruire", et cela ne se fait pas du jour au lendemain. Ayez de la patience avec vous-même...

Vous avez très bien fait d'aller passer quelque temps dans votre famille, cela vous aura certainement aidée à renouer avec vos racines et votre identité. Et puis, voilà que vous éprouvez le besoin de continuer toute seule, de vous débrouiller dans cette nouvelle vie. Encore une fois, bravo ! C'est exactement comme vous le dites, "réapprendre à vivre". C'est dur, oui, mais c'est aussi exaltant, et cela en vaut la peine.

Non, ce n'est pas vous qui avez déclenché la violence de votre ex-partenaire. La jalousie n'est pas un signe d'amour, contrairement à ce que l'on croit généralement. C'est un signe de possession et de domination. Aimer, c'est vouloir le bonheur de l'autre, même si son bonheur devait être à l'autre bout du monde, même si son bonheur devait être sans nous. Et puis, même si on devait ressentir de la jalousie, jamais elle ne justifie ni les insultes ni les coups, ni les manoeuvres d'intimidation que vous nous décriviez dans vos messages précédents.

Non, vous n'êtes pas schizophrène ! Vous avez des réactions tout à fait normales face à une situation qui ne l'était pas et qui vous a fait beaucoup de tort. On ne guérit pas non plus de ce genre de blessures en une semaine.

Vous  aimeriez qu'on vous aide à vous "laver le cerveau pour oublier tout ça", et à ne plus être "recroquevillée sur vous-même". Le meilleur moyen serait d'aller voir un/une thérapeute. En Suisse, les consultations chez les psychologues FSP sont prises en charge par certaines caisses-maladie. Seriez-vous prête à tenter cette démarche ? Nous sommes persuadé-e-s que vous n'auriez pas à le regretter.
Nous vous communiquons ci-dessous le message qu'une femme a déposé sur notre site l'été dernier. Peut-être que cela vous encouragera ?

Bravo Sylvia, continuez à vous occuper de vous, tenez bon, vous êtes forte. Nous sommes sûrs que vous réussirez à vous retrouver et à connaître la plénitude intérieure car vous avez beaucoup d'atouts. Nous vous tenons les pouces et pensons à vous.

 

MESSAGE DE CARAPATTE, 1.9.09 :

Bonjour ! Je ne sais pas si cela est possible mais je voudrais juste ajouter un commentaire à la question/réponse de Lunabella du 14.08.09 concernant la psychothérapie pour sortir de l'emprise d'un conjoint manipulateur. J'ai entrepris une telle psychothérapie il y a deux ans et cela m'a énormément apporté. j'ai compris comment je réagissais à la violence psychologique de mon ex-conjoint, j'ai découvert comment je pouvais m'en protéger et surtout je suis un jour arrivée à ce que je ne croyais simplement pas possible, tellement il m'avait rabaissée et fait totalement perdre confiance en moi: je suis "tombée amoureuse de moi-même"... c'est une tournure un peu bizarre, mais je n'en trouve pas d'autre: grâce à ce travail psychothérapeutique sur moi-même, j'ai découvert(redécouvert ?) que j'étais une femme qui avait de la valeur, qui avait des qualités et qui savait en faire usage. C'est moi toute seule qui l'ai découvert, je n'ai pas été persuadée par des amis, par un autre homme ni même par mon thérapeute, non. C'est en réfléchissant à tout ce que je vivais, tout ce que j'avais subi et en m'en protégeant que j'ai fait cette découverte. C'était comme une révélation, comme si je me regardais vers l'intérieur...Et cela m'a fait tenir le coup: quoiqu'il tente, cette pensée de ma propre valeur me protège de lui et de ses manipulations mieux que tout ! Voilà, merci d'avoir lu mon témoignage. Bonnes salutations

 

 

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