Cher violencequefaire.ch, je vous écris parce que je suis dans une situation très gênante pour moi. J'ai un peu peur d'être jugée, qu'on pense que la situation me convient puisque je reste, que j'exagère mes petits soucis ou que je suis une femme mal élevée/incapable. J'en suis à un point oû je suis vraiment désespérée. Je suis en couple depuis deux ans avec un homme que j'aime vraiment beaucoup, quand il est dans son état normal. Mais toute conversation avec lui est devenue impossible. J'ai l'impression d'être face à un manipulateur. Qui m'aime sincèrement. Je suis bien consciente du ridicule de cette contradiction... En fait, quand tout ne va pas comme il veut, à son avantage, il me force la main. En parlant beaucoup très vite, en sautant du coq à l'âne et en se justifiant beaucoup, pour des choses essentielles, par des pirouettes et des arguments touchant à des choses anecdotiques. Ainsi quand je lui dis que je n'ai pas l'envie de coucher avec lui, il ramène la discution au fait que je fréquente des amis hommes, ce qu'il m'interdit. Par le fait que je le délaisse en faisant passer ma famille avant lui, alors que je ne les vois que rarement et qu'il est toujours invité avec moi, aux fêtes. Il m'a dit hier que je lui devais bien ça si je le respectais, que je donnais (excusez-moi pour le terme vulgaire) "mon cul au premier venu mais pas à lui". Que les hommes m'avaient toujours traitée comme une moins que rien, et que lui me traitait comme une princesse. Pourtant il m'a crié dessus pendant quatre longues heures hier nuit, en m'empâchant de dormir. "Tu dormiras quand je te dirai" et il m'a dit le pires horreurs en me levant de force par les poignets, il m'a trainée à travers l'appartement par le pied, m'a attrapé sur son épaule et m'a tapé la jambe contre le cadre de la porte durant que je criais, m'a jetée dans la baignoire pour m'arroser d'eau froide. Je l'ai poussé et me suis traînée hors de la salle d'eau. Il m'a poussé violemment contre la cuisine, me faisant taper contre l'évier au niveau du dos une dizaine de fois. Puis il m'a fait une prise pour m'immobiliser au sol. Il m'a attrapé les poignets jusqu'à me faire hurler de douleur et m'a dit qu'ainsi ce serait foutu pour mes études de design parce qu'il allait me briser les bras. Il a dit qu' je ne ressemblais à rien, qu'il allait appeler ma mère ou la police pour qu'ils voient que je suis folle de me prostrer comme ça en pleurant. Il m'a dit que c'était pour mon bien, que la police ne me croirait jamais car il savait comment ne pas me laisser de marques. Que j'étais folle que je n'arrivais même plus à me lever le matin alors qu'il allait de réveiller à sa façon, me secouer. Que mon état lui brisait le coeur et qu'il devait réagir pour me protéger. Je n'en peux plus. Quand il est chez moi et qu'il m'empêche de sortir je ne peux rien contre lui. Et j'en suis arrivée à ne plus me défendre. Je ne sais plus quoi faire j'ai le sentiment de dépendre de lui. Une semaine il est le plus attentionné du monde, puis il me fait vivre un enfer. Je ne suis plus que l'ombre de moi même et il est très dévalorisant pour moi d'être coupée de mes amis qui ne savent pas ce que j'endure, j'ai peur d'échouer mes études et mon médecin voit juste que je frôle le burn-out et me met en arrêt maladie de temps en temps pour que je dorme. J'ai quitté mon ami en octobre dernier durant trois mois. Je me sentais très mal. J'ai bu beaucoup à cette période. Et le soir de noël je n'ai fait que pleurer tellement je me sentais seule. Je suis retournée avec lui en janvier, car il allait voir une psy, avait changé. Tenait un discours équilibré, bref, était à nouveau l'homme que j'avais aimé. Je me sens si ridicule et humiliée. Je me demande si je suis à l'origine du problème, si c'est moi qui rends les hommes violents. J'ai honte face à ma famille et mes amis, car si je leur disais, ils me répondraient que je n'ai qu'à le quitter, que je suis fautive puisque je tolère. Ce n'est pas simple pour moi. D'autant que durant deux mois il me harcelait au téléphone en octobre. Je l'aime et j'ai peur de lui. C'est lui qui a fait les plus belles choses avec et pour moi. Mais les pires aussi. Je suis navrée de ne pas être concise,mais ça me fait du bien d'écrire tout cela. Je me demande si il est violent contre son gré, comme il le prétend, qu'il va se faire soigner. Si je peux faire quoi que ce soit pour qu'il me respecte ou si il est juste méchant, profiteur. J'hésite à aller faire constater ma foulure au poignet, pour éventuellement porter plainte, que mon sentiment d'injustice s'estompe. Je redoute de le faire, je ne sais pas si on va me croire. Aidez-moi à y voir plus clair s.v.p stress, 21 ans
Bonjour,
Tout d'abord veuillez nous excuser pour le retard avec lequel nous vous répondons. Nous avons lu attentivement votre témoignage. Ce que vous nous racontez est grave. Vous vivez depuis deux ans une relation empreinte de violence et la peur et le désespoir vous ont progesssivement envahie. Lorsque vous nous dites n'être "plus que l'ombre de vous-même", vos mots se font l'écho d'autres voix de femmes entendues ici.
Car la violence est destructrice, à l'intérieur comme à l'extérieur, elle finit par éroder toute estime de soi, par plonger dans le désarroi et dans une sorte de paralysie.
S'il y a une chose que nous aimerions vous dire, c'est que vous n'êtes en rien responsable de cela. Ce n'est pas à cause de vous, ni de votre attitude, que votre compagnon est violent. Il est violent parce que c'est un homme violent, tout simplement, parce qu'il a un gros problème, qu'il ne sait gérer ni ses frustrations ni sa colère. Pour qu'il guérisse, il faut qu'il continue d'aller voir sa psychothérapeute. Il ne doit pas interrompre son traitement. Ce sera un travail de longue haleine. Il devra apprendre à ne plus vouloir à tout prix vous contrôler, ni contrôler votre vie. Il devra apprendre à vous respecter. Il lui faudra du temps. Mais cela ne dépend pas de vous.
Lorsqu'il vous insulte pendant des heures, vous frappe, vous menace, vous empêche de sortir, il se met en infraction avec la loi. Ce genre de comportements sont interdits. Oui, faites constater votre foulure au poignet ! Avec son constat, le médecin gardera trace de ce délit et cela vous sera utile lorsque vous vous déciderez à en informer la police. Vous dites y songer, mais craindre qu'elle ne vous croie pas. Bien sûr qu'on vous croira ! La police pourra d'ailleurs se charger de la plainte, puisque certains délits sont poursuivis d'office. Vous trouverez davantage de détails sur la page de notre site consacrée à ce que dit la loi (cliquez sur ces mots). Vous trouverez également des informations sur le piège de la violence, sur ses effets, et sur comment vous protéger.
Nous vous encourageons vivement à ne pas rester seule avec vos peurs et vos doutes, et avec la honte qu'engendre la violence subie. Dans le canton de Vaud, le Centre de MalleyPrairie (tél. 021 620 76 76) est spécialisé dans les questions liées à la violence conjugale et le secret professionnel y est garanti. Il vous offrira gratuitement soutien et conseil, et un hébergement au besoin, si vous souhaitez vous mettre à l'abri quelque temps.
Vous nous écrivez que votre compagnon vous a offert à la fois le meilleur et le pire. Ces deux aspects de votre relation sont comme les deux côtés d'une même pièce d'argent, impossible de garder l'une sans l'autre. Pensez-vous vraiment que le meilleur de toute relation doive être payé au prix fort ? Peut-on jamais justifier le pire, "l'enfer" que vous nous décrivez ?
Vous avez un projet, des études de design à mener à bien, toute une vie devant vous. Vous avez eu le courage de quitter votre partenaire en octobre. C'était dur, mais vous l'avez fait, et vous avez tenu trois mois. Bravo. Une autre fois, vous saurez mieux vous protéger de son harcèlement (qui, entre parenthèses, tombe aussi sous le coup de la loi).
Vous le savez armé, il vous menace, vous et vos amis. Ne minimisez pas votre peur, écoutez-là, et n'hésitez pas à vous mettre sous la protection de la police. Soyez prudente et prenez bien soin de vous, n'entreprenez rien sans protéger vos arrières.
Vous n'êtes pas seule, vous trouverez des personnes prêtes à vous tendre la main. Elles ne sont pas loin !
Nous vous souhaitons force et courage. Ecrivez-nous encore si vous en avez envie, nous vous répondrons.
Bonjour Madame, Vous vous adressez à nous avec des questions très claires, tout comme votre discours, d'ailleurs. Nous ressentons...
Bonjour Monsieur, Nous vous remercions de votre question qui témoigne de votre souhait de trouver des solutions à votre...
Bonjour, Nous croyons comprendre que votre mari vous dit qu’il obtiendra la garde partagée voire la garde de vos...