Je vous avais déjà écrit en août 2008 en vous disant que mon compagnon était très autoritaire et à mon avis assez tyrannique ce que j'ai de plus en plus de peine à supporter mais peut-être est ce moi qui me fais des idées ? Il ne travaille pas (AI) et c'est lui qui prépare les repas (cuisinier de métier). Il prépare lui-même les assiettes et ma fille et moi on doit manger ce qu'il y a même si ça ne nous plaît pas ou si on a pas très faim, on doit finir, c'est comme ça, on mange ce qu'il y a dans l'assiette et on se tait. Et on ne peut pas faire de commentaire (trop fort, trop salé, etc...) sinon il se fâche. De même avec notre petite fille de 5 ans et demi quand il lui donne un ordre c'est tout de suite et on ne discute pas on obéit. Si elle dit oui mais je voulais d'abord faire ..... il se fâche et lui dit tu te tais et tu obéis. A table, elle doit se taire, fermer la bouche quand elle mange, ne pas rigoler sans raison, ne pas se gratter etc...sinon il gronde. Quand il lui donne des biscuits, si elle a finit son assiette, il les casse en plusieurs morceaux car il ne veut pas qu'elle les mange en entier,et elle doit prendre un morceaux à la fois, on aprécie et respecte la nourriture dit-il! Si il lui donne deux yaourts, elle doit commencer par celui que lui a décidé même si elle a envie de commencer par l'autre. Il est tout le temps en train de lui dire ne fais pas ci ne fais pas ça, tient toi tranquille alors qu'à mon avis ce n'est pas justifié et quand je le dis il me dit de fermer ma gueule que chez lui (c'est aussi chez moi) on obéit. Il était déjà comme ça avec ma fille aînée et finalement elle est partie vivre chez son papa. Que pensez-vous de ce comportement ? Je dois quand même vous dire que ma petite fille adore malgré tout son papa et c'est plutôt moi qui est de la peine à accepter ce comportement.Merci beaucoup.
Bonjour Madame,
Nous avons lu avec attention vos deux messages et nous vous confirmons ce que nous vous avions répondu en août dernier, à savoir que vous subissez de la violence verbale et psychologique et que celle-ci a des conséquences nos seulement sur votre santé mais également sur celle de vos filles. La grande a d'ailleurs déjà choisi de vivre chez son papa, ce qui est une bonne protection pour elle mais sans doute aussi en partie injuste pour vous.
Le comportement autoritaire et tyranique de votre compagnon que vous décrivez dans ce message ne laisse pas de place à la négociation ni au respect de l'autre. Vous ne pouvez que souffrir de cette situation et votre fille aussi, même si elle aime beaucoup son papa. Elle est encore trop petite pour se révolter et elle a peut-être peur de perdre l'amour de son papa si elle ne lui obéit pas. L'autorité, voire l'abus d'autorité, n'empêchent pas l'affection ni les liens entre deux personnes. Cela nuit plutôt à l'estime de soi, au développement et à la capacité d'autonomie d'une personne, enfant ou adulte.
Nous vous encourageons à réfléchir à la place que vous avez auprès de votre compagnon et à celle que vous souhaitez, pour mesurer si le décalage est supportable ou non. Lui ne se remet visiblement pas en question et sa seule réponse à vos remarques et demandes est de vous taire et de lui obéir, le tout dit de façon méprisante et insultante. Il ne reconnaît pas votre valeur ni votre droit d'exister face à lui et ce comportement ne pourra qu'empirer si rien ne vient interrompre ce processus de domination. C'est déjà de la violence et la violence s'aggrave toujours avec le temps, sauf si elle peut être abordée, reconnue et traitée.
Nous vous recommandons à nouveau à faire appel aux services spécialisés de votre canton pour obtenir des informations plus complètes sur vos droits, notamment en matière de séparation (garde de votre fille et questions financières en particulier). Etre mieux informée vous permettra de réfléchir plus tranquillement et en toute lucidité sur votre vie et d'envisager des alternatives à l'abus d'autorité dont vous souffrez actuellement. Nous ne savons par exemple pas si vous êtes mariée ou non, ce qui change également par rapport à vos droits sur votre fille. Vous détenez seule l'autorité parentale si vous n'êtes pas mariés, ce qui vous donne bien plus de droits en cas de séparation.
Vous pourrez peut-être davantage trouver la force de confronter votre compagnon en connaissant vos droits et en ayant prévu des scénarios de protection au cas où il deviendrait plus violent. Vous sentez probablement bien que le danger existe bel et bien si vous entrez en conflit avec lui et un soutien adéquat pourrait vous aider à envisager des solutions qui tiennent compte de votre peur tout autant que de la réalité.
Nous sommes de tout coeur avec vous dans ces moments difficiles.
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Bonjour Esther, Vous vous rendez compte que la situation que vous endurez n’est pas normale, vous voulez que la violence...
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