20-04-2009
Bonjour,
Vous décrivez une situation de couple dans laquelle la violence est déjà bien présente ainsi que ses conséquences pour votre santé. Vous sentez que vous vous « éteignez » et que vous « perdez votre personnalité ». Vous avez raison de réagir et de chercher de l’aide car une telle situation ne peut qu’empirer sans intervention extérieure.
Si vous lisez le
chapitre sur le cycle de la violence, vous comprendrez que vous êtes tous les deux pris dans un engrenage dont il est difficile de se sortir sans aide. Une thérapie de couple peut effectivement être utile, à condition toutefois que les deux partenaires s’engagent vraiment dans cette démarche et que la violence ne soit pas active pendant le traitement. Si ces conditions ne sont pas remplies, elle a peu de chances d’aboutir à un vrai changement.
Votre ami essaye de se décharger de sa responsabilité en disant que "vous jouez à la victime" car se faire insulter et rabaisser, y compris devant les amis, et subir de la violence n’est ni un jeu ni banal. Vous êtes bien victime dans ces situations, quelles que soient les origines ou éléments déclencheurs de la violence. C’est vrai que l’alcool et la drogue renforcent la gravité des crises mais nous ne considérons pas qu’ils sont la cause de la violence, plutôt des éléments la déclenchant ou la favorisant. Vous l’avez visiblement bien senti car vous dites que « votre ami a une violence en lui qu’il ne maîtrise pas ».
C’est donc à lui que la responsabilité de ses actes appartient et donc aussi celle de changer de comportement. Vous ne pouvez ni le forcer à changer, ni le faire à sa place. Ce qui est par contre en votre pouvoir, c’est de vous protéger. Quand il vous promet « que ça n’arrivera plus », vous avez le droit de lui demander des garanties plus sérieuses que les promesses. Vous êtes responsable de votre sécurité et vous avez le droit de vous mettre à l’abri lorsque la tension monte, voire de le quitter s’il refuse de se faire soigner pour ses débordements agressifs. L’amour sans le respect de l’autre ressemble davantage à de la possession qu’à une relation épanouissante.
Nous comprenons aussi à la lecture de votre message que vous n’arrivez pas à le quitter et que vous aviez vous-même des problèmes de drogue. Nous imaginons donc que vous pourriez avantageusement profiter d'un soutien pour vous-même, non seulement pour vous aider à voir plus clair dans votre situation mais sans doute aussi pour parler de vos propres problèmes personnels. Nous vous conseillons donc vivement de prendre contact avec un service d’aide aux victimes de violence conjugale de votre région ou avec un thérapeute privé, afin de trouver le soutien adéquat. Comme vous habitez dans un autre pays que la Suisse, vous pouvez consulter la base de données du site WAVE (
http://www.wave-network.org), site européen consacré à la violence conjugale.
Vous pouvez bien sûr également revenir vers nous avec d’autres questions, sachant que nos réponses ne remplacent pas un entretien en face à face mais servent plutôt à encourager les personnes à aller plus loin dans leurs démarches. Nous vous souhaitons de toute façon bonne chance pour la suite.