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Questions et réponses

Dans ma situation, s'agit-il bien de violence réciproques?

Question
25 Décembre 2008 - old...

Bonjour! J'ai d'abord une petite remarque sur votre site: tout y est indiqué comme si seuls les hommes étaient capables de violence. Personnellement, j'ai fréquenté une femme pendant 12 ans, dont 7 et demi de mariage qui nous ont donné 2 filles, avant qu'elle ne me quitte au mois d'octobre dernier. Depuis l'arrivée de notre première fille, mon épouse a changé de comportement. Elle m'a tout d'abord reproché de ne pas savoir tenir les comptes du ménage (lorsque je m'en occupais, nous arrivions à mettre un petit peu de côté chaque mois et depuis qu'elle a repris la gestion, je me retrouve avec près de CHF 40'000.00 de poursuites à mon nom), puis m'a interdit de changer de travail alors que celui-ci ne me convenait pas. Enfin, elle s'est mise à accumuler les activités annexes (monitrice de gym, comités, volleyball, etc...), me laissant m'occuper seul des enfants la plupart des soirs de la semaine. Et le week-end, Madame ayant congé passait autant son samedi que son dimanche à dormir jusqu'à midi, malgré les projets de sorties en famille. Je me suis mis à boire, ce qui nous a amené à nous engueuler de plus en plus fréquemment, et il est vrai que je l'ai eu plusieurs fois menacée, voire frappée. Après une première intervention de la police, j'ai décidé de soigner mon problème d'alcool, tout en lui demandant d'entreprendre également quelquechose de son côté. Elle a suivi pendant un petit moment une consultation psychiatrique dont elle revenait chaque fois en disant que cela ne lui rapportait rien, mais a toujours refusé de changer de thérapeute, malgré mes conseils. Nous avions également entrepris une thérapie de couple, où nous avions décidé que, en cas d'engueulade, si je sentais que j'allais en arriver à "péter les plombs", je lui demandais d'arrêter, pour reprendre la discussion une fois calmés, ce qui a été fait avec succès pendant un cours laps de temps. Puis, elle n'a plus respecté cette façon d'agir, et a commencé à appeler systématiquement la police. Enfin, elle a attendu de se trouver un nouveau copain avant de me faire savoir que notre relation de couple était terminée, tout en me laissant entendre que celle-ci pourrait éventuellement reprendre plus tard. J'ai perdu mon emploi et ma vie sociale est au point mort, étant donné que je m'occupais tout le temps de mes filles, au détriment de mes intérêts personnels. Depuis le prononcé de notre séparation, au mois d'octobre dernier, elle continue à me dire un jour qu'il y a de l'espoir, puis le lendemain à me jeter comme une vieille chaussette. Elle m'envoie aussi régulièrement les liens vers les sites de rencontre auxquels elle s'est inscrite, ou me parle de ses nouvelles conquêtes en me disant que c'est "n'importe quoi". Elle m'a également refusé la garde de mes filles, sans raisons, la première fois que j'y étais autorisé. Depuis le mois d'octobre, je suis en traitement dans un hôpital psychiatrique. Pendant un certain temps, nous avions interdiction de nous contacter et tout se passait bien pour moi. Depuis que nous nous revoyons, mon état a de nouveau considérablement baissé. Ne s'agit-il pas là d'une forme caractérisée de violence psychologique et que puis-je faire?

Réponse
05-01-2009

Bonjour Monsieur,

Nous vous remercions pour votre question et pour le témoignage de plusieurs années de vie de couple que vous y livrez. En raison des fêtes de fin d’année, nous avons pris du retard dans nos réponses et nous vous prions de nous en excuser. Afin d’y répondre dans les meilleurs délais et dans la mesure où vous faites références aux actes de violences que vous avez aussi agi envers votre ex-épouse, votre question posée sur l’espace « victimes » a été transférée dans l’espace « auteurs » du site.

Vous nous demandez en préambule pourquoi le contenu de notre site est décliné « comme si seuls les hommes étaient capables de violence ». Bien évidemment cela n’est pas le cas et vous trouverez sur notre page d’accueil un encadré précisant la raison du choix de la forme masculine. La violence peut être exercée d’un homme sur une femme, mais aussi d’une femme sur un homme. Notre choix est de nous orienter à la grande majorité des dynamiques de violence dans le couple, liée entre autres aux rapports sociaux entre les hommes et les femmes, et d’en rendre compte, sans pour autant minimiser l’autre orientation de la violence conjugale qui existe également et qui engendre tout autant de souffrances.

Votre récit relate plusieurs années de vie de couple difficile, marquées par différentes formes de violences répétées. Votre histoire nous montre combien, dans les situations de violence symétrique, il est difficile de séparer le vécu de l’auteur des violences du vécu de la victime, lorsque la violence d’un conjoint répond à celle de l’autre, ce qui mène à un engrenage et à une escalade de la violence. Dans une telle dynamique, chacun est auteur et victime des mécanismes de violence qui se jouent.

Vous parlez de l’interdiction de changer de travail, des dettes endossées, de la solitude que vous avez éprouvée et des responsabilités familiales que vous assumées. Vous identifiez ces éléments comme de la violence psychologique, tout comme le fait que votre ex-femme ne vous laisse pas voir vos enfants comme il a été convenu dans les termes de la séparation, et beaucoup de ce que vous décrivez nous fait également dire que vous subissez de la violence psychologique et des manipulations de sa part. Vous avez aussi du mal à gérer les messages ambigus envoyés depuis la séparation, et le fait que vous vous portez mieux en l’absence de contacts avec votre ex-femme est un bon indicateur de cela.

Vous racontez également que vous vous êtes « mis à boire », ce qui a augmenté la fréquence des « engueulades », et vous admettez, un peu en passant que vous avez « plusieurs fois menacé, voire frappé » votre épouse. Les interventions de police répétées à votre domicile nous indiquent que la violence physique et verbale a atteint un niveau important. Nous tenons à souligner que l’utilisation de la violence physique n’est jamais justifiable et dans tous les cas, elle est grave. Même dans les dynamiques symétriques où la violence est une réponse aux provocations de l’autre personne, rien ne justifie jamais l’usage de violences physique et la responsabilité vous revient entièrement.

Le fait que vous avez pris au sérieux votre problème d’alcool et que vous avez décidé de vous soigner est un pas important. Vous avez également fait une démarche pour prendre soin de votre vie de couple et pour traiter le problème de violence dans une thérapie de couple, ce qui démontre une prise de conscience importante. Bien qu’aujourd’hui séparé de votre femme, il nous semble primordial de continuer à prendre soin de vous et d’investir votre énergie dans le traitement psychiatrique que vous êtes en train d’entreprendre.

Si vous vous estimez victime de violences psychologiques, votre responsabilité est de vous protéger et de faire le nécessaire pour vous mettre à l’abri des incursions et des manipulations de votre femme. Vous êtes séparé d’elle et les termes de cette séparation, s’ils sont clairement fixés, doivent être respectés, vous pouvez faire entendre vos droits de visite de vos enfants.

Nous espérons que notre réponse vous aide à mieux identifier votre situation. Vous êtes le bienvenu pour poser une nouvelle question si vous en ressentez le besoin.

Bien à vous.

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