Cela fait une année que je vis avec mon ami. Dès le début, nous avons tout partager ensemble, c’était merveilleux.. Vraiment que du bonheur, nous avions pris un appartement, j’allais finir mon apprentissage et me lancer enfin dans la « vraie » vie. Ce qui me plait chez lui c’est son assurance et son aplomb, il rigole comme moi et on a une énorme complicité. Mais celle-ci ira pour lui jusqu’à quelque chose de trop fusionnel. La jalousie qu’il a envers moi, je l’ai d’abord pris pour de l’amour. Mais je ne comprends pas ses réactions. Et ça empire depuis, autant en gestes qu’en paroles. Il m’annonce un soir devoir faire deux mois de semi-liberté. Il a commencé à devenir d’humeur sombre, s’inquiétait et devenait de plus en plus angoissé. J’essaie tant bien que mal de le rassurer, que je l’aime plus que tout, que je suis là pour lui et que je n’ai pas de préjugés là-dessus. Deux mois sont passées, je l’ai attendue sagement, mais non sans souffrances, je pleurais tous les soirs d‘être seule dans notre grand lit. Tout comme lui d’ailleurs, je suis une personne qui sort beaucoup, qui boit volontiers un coup, aime faire la fête avec les excès qui vont avec. Mais lui ne semble pas pouvoir comprendre que je suis aussi une personne morale et droite, malgré mon caractère sociable et parfois un brin fantasque. Je ne fait pas du mal sans raison, je ne rabaisse personne pour me mettre sur un piédestal, je juge pas les autres, je m’en tape, je vis ma vie. Et surtout quand j’aime, je ne vais faire de double jeu. C’est ma nature et mon éducation, je ne peux pas faire du mal gratuitement et si je ne l‘aimerais plus, ce serait fini entre nous et punkt schuss. Je n’irais pas comme il dit « taper d’autres mecs parce que j’ai un manque sexuel » et qu’il est dedans tous les soirs. Je suis une femme et quand je suis vraiment amoureuse, je n’ai pas d’intérêt à chercher le sexe pour le sexe. Cela ne m’intéresse pas. Pourtant, mon ami n’a pas assez confiance en moi. Il me dit que c’est mon attitude qui le pousse ainsi à la méfiance envers moi. Qu’ait-je fait ? Je l’ai attendue, je le voyais tous les jours avant qu’il rejoigne sa « chambre », je lui apportais sa nourriture et son linge, et on s’écrivais 30 messages par jours. Mais je pas sortie beaucoup de chez moi. J’ai été deux ou trois fois boire une verre en ville, mais c’est mon droit aussi à la fin ! Je suis rentrée à chaque fois avant minuit car je ne m’amuse pas quand il n’est pas là. Pourtant, je l’ai tellement de fois entendu dire « tu m’as trompé quand j’étais en taule, espèce de pute, salope ! ». C’est clair qu’il ne supporte pas quand j’échange plus de trois mois avec une personne du sexe opposé, pour lui il se sent déjà trahi. Et il ne s’imagine pas une seconde que je soie capable de mettre moi-même la distance nécessaire si le mec va un peu au-delà du purement amical. Il est persuadé dans sa petite tête que toutes les personnes de sexe masculin en veulent après mes fesses et que je suis une pauvre chose crédule et sans défense, qui va se faire d’office prendre au piège. Mais la jalousie malheureusement pour moi ne s’arrête plus là. Depuis quelques mois, je suis continuellement son souffre-douleur. Je ramasse des piques, des insultes, car je ne m’occupe jamais assez bien du ménage. Lui c’est Dieu, il pense à tout, au courses, à ceci, à cela.. Je ne supporte plus comme il s’en vante tous le temps comme pour me montrer que je suis qu’une merde par rapport à lui.. Je fais beaucoup de choses pour lui, je gère sa paperasse, je fais à manger pour lui, la lessive, l’aspi, les sols et j’en passe. Mais c’est normal pour lui, il me remercie même pas parce que ça lui saute pas au yeux. Que j’ai oublié d’apporter le pot de sauce mayonnaise sur la table, oui ! Là il remarque, et me le fait remarquer, comme si j’étais la dernière des retardées ! Que je sais pas gérer, que je pense à rien, que je suis bordélique.. Ça me fait chaque fois plus de meurtrissures au cœur, d’entendre cela continuellement d’une personne qu’on aime et (pire) qui dit nous aimer.. Et là encore, je vois que les deux tiers de la bouteille de pastis sont déjà loin et je me dépêche de verser le reste dans le lavabo. Des excuses, encore des excuses, toujours des excuses. J’entends que ça, des excuses et des insultes qui recommencent après. C’est infernal, je l’aime cet homme qui me rend malheureuse. Je n’ai plus le sourire. Je ne rigole plus beaucoup depuis quelques mois. Il me fait à chaque fois des promesses qu’il ne tient pas. Je n’ais pas le respect auquel j’ai droit et je le hais autant que je l’aime. Chaque fois que je le vois pleurer devant moi, je pense à quand il me frappe parce qu’il supporte pas que je pleure devant lui. Ou parce que je ne dis rien, que je le boude. Il ne supporte pas qu’il n’ait pas d’emprise sur moi, et il m’insulte, m’accuse, me traite de pute. Et il finit par me prendre au cou, me gifler, me taper la tête et essayer de m’étrangler. A chaque fois, il me promet de ne plus boire, mais je n’arrive plus à croire qu’il arrivera à changer. J’ai envie de le quitter, parce qu’il me fait peur et que sa violence envers moi m’a tellement fait de mal. Même quand il est tendre avec moi, qu’il me prend dans ses bras, des images de lui en train de disjoncter me reviennent tout le temps en tête. J’arrive plus à lui faire l’amour sans que ces pensées me parasitent l’esprit. Je l’aime, je n’ai plus confiance en moi, en lui et en notre vie de couple. J’espère qu’il change, mais il a recommencé tellement de fois que je n’arrive plus à envisager qu’il en soit encore capable. Il faut qu’il se soigne. J’ai assez fait d’effort pour supporter ça. C’est à lui de faire le nécessaire pour regagner ma confiance. Je ne peux plus le croire quand il me fait des promesses. Je sais qu’il m’aime pourtant. C’est encore la dernière chose que j’arrive à croire de lui. Mais à quoi bon.
Bonjour Greblum,
En lisant votre récit, nous arrivons bien à nous imaginer ce que vous vivez avec votre ami. Vous l'aimez énormément, mais vous subissez d'importantes violences physiques et psychologiques de sa part.
Toute cette violence a des conséquences négatives sur vous : vous dites que vous perdez peu à peu votre joie de vivre et votre confiance en vous. De plus, les scènes traumatisantes que vous avez vécues vous reviennent souvent à l'esprit. Ces réactions sont normales dans ce contexte; ce qui n'est pas normal, ce sont les violences que vous subissez.
Si nous avons bien compris, la violence s'est insinuée petit à petit dans votre couple. Au début, vous n'avez pas su l'identifier, vous pensiez que la jalousie de votre ami était une preuve d'amour. Et pourtant, la jalousie n'a rien à voir avec l'amour. En faisant preuve de jalousie, on traite l'autre comme si c'était un objet qu'on pourrait posséder, et non une personne libre de ses choix. C'est une première étape dans l'escalade de la violence.
Comme vous en avez hélas fait l'expérience, la violence dans le couple augmente avec le temps. Les insultes, les coups, ont tendance à devenir de plus en plus fréquents et de plus en plus graves, et les périodes d'accalmie (celles où il est tendre, où il s'excuse) deviennent de plus en plus rares.
N'oubliez pas que rien ne justifie le recours à la violence. Quoi que vous fassiez, vous n'êtes pas coupable de l'attitude de votre ami. Vous avez parfaitement le droit de sortir le soir, d'avoir des amis de sexe masculin sans que cela ne soit interprété comme une infidélité. Vous avez le droit d'oublier la mayonnaise sans que cela ne remette en question vos compétences et vos qualités. Vous avez le droit d'être respectée, d'être aimée, tout simplement.
De même la consommation d'alcool n'est pas la cause de sa violence; elle peut simplement accélérer ses passages à l'acte, voire les amplifier, mais votre ami reste pleinement responsable de ses actes, et comme vous le dites très bien, c'est à lui de faire le nécessaire s'il souhaite changer.
Vous semblez très lucide sur ce que vous vivez, vous avez déjà pas mal de recul sur votre situation. Cela nous fait penser que vous avez en vous beaucoup de ressources, qui vous permettront certainement de trouver des solutions afin de mettre un terme à cette violence. Vous trouverez différentes pistes de réflexion dans nos pages d'informations, n'hésitez pas à les lire.
Quelle que soit votre décision (quitter votre ami ou rester avec lui), nous restons disponibles pour vous accompagner dans vos questions et réflexions.
Nous vous souhaitons beaucoup de courage et tout le meilleur pour cette nouvelle année.
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