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Questions et réponses

Comment différencier conflit de couple et abus ?

Question
22 Novembre 2008 - old...

Bonjour, Je ne sais pas si on peut parler de violence conjugale dans mon cas, mais mon mari est souvent dépressif, anxieux, colérique et obsessionnel. Il se met facilement en colère, toujours au sujet de petites choses de la vie quotidienne, il crie et se plaint à voix haute, parfois très fort. L'autre aspect désagréable est qu'il est maniaque d'ordre et de propreté ; il fait beaucoup le ménage, mais si les choses ne sont pas faites comme il le souhaite, il se met en colère ou se victimise, et se plaint alors de "tout faire" à la maison. Je me défends régulièrement mais sa mauvaise humeur m'influence négativement, je me retrouve à craindre de ne pas faire les choses comme il faut, à stresser à l'idée de ne pas en faire assez ; avec deux enfants en bas âge et un travail, c'est très fatiguant. Où en sommes-nous ? Simple conflit de couple banal ou abus ? En tous cas, moralement je le vis très mal.

Réponse
01-12-2008

Bonjour Sourisrose,

Vous souhaitez savoir si vos problèmes de couple sont de l’ordre du conflit banal ou déjà dans le registre des abus. Vous parlez effectivement de violence verbale (cris, plaintes récurrentes à voix haute et accès de colère), voire psychologique puisque le comportement de votre mari influence négativement votre humeur et induit stress et crainte chez vous. Votre question est tout à fait pertinente car la frontière n’est pas simple à déterminer, ni à détecter.

Il n’y a pas de règles claires qui pourraient permettre de définir précisément à partir de quand commence l’abus, que l’on qualifie généralement par tout acte qui porte atteinte à l’intégrité de l’autre, physiquement, psychiquement ou sexuellement. Certains actes de violence sont clairement des abus, comme des coups ou des menaces, d’autres non mais c’est leur répétition qui peut le devenir.

Pour savoir si cette limite est déjà atteinte, ce sont surtout les conséquences des comportements de votre mari sur vous-même et votre famille qui sont à prendre en compte. Si vous vivez mal tout cela, c’est un élément déterminant pour vous inciter à réagir. Votre sensibilité aux troubles de votre mari (dépressif, anxieux, colérique et obsessionnel) et à leur influence sur votre vie de famille montre votre souffrance actuelle et c’est à partir de là que vous pouvez réfléchir et chercher des alternatives. Votre propre souffrance peut et doit vous inciter à mettre des limites à des comportements qui ne sont pas encore graves, mais qui pourraient le devenir, et qui, surtout, affectent déjà votre santé. Nous savons en effet que la violence commence toujours par s’installer de façon plus « banale », par des comportements que l’on ne peut qualifier de délits (cris, agressivité, comportements colériques, contrôle, etc.) mais qui portent atteinte, par leur répétition, à la santé morale et psychique de la partenaire, voire de toute la famille. Ressentir les tensions, le stress et la crainte que ces comportements induisent est un bon signal d’alarme pour réagir avant d’être prise dans une histoire où la violence se développe et s’aggrave.

Votre souci montre que vous êtes inquiète et vous avez tout à fait le droit de vous protéger. Vous n’êtes pas obligée d’attendre de vivre davantage de souffrance et des abus plus graves pour exprimer votre malaise et chercher une alternative à une situation qui ne peut que s’empirer si rien n’est entrepris. Vous avez aussi un devoir de protection par rapport à vos enfants et vous avez tout à fait raison de vous soucier du climat familial général qui influence leur développement.

Nous vous encourageons donc vivement à prendre au sérieux vos ressentis, à continuer de vous écouter et à donner de l’importance à votre propre évaluation de votre situation conjugale. Nous vous conseillons de trouver des personnes avec qui partager vos inquiétudes et réfléchir à des solutions, que ce soit dans votre entourage ou auprès de professionnels qualifiés (service spécialisé, psychologues ou thérapeutes, etc.). Si votre mari est d’accord de faire un travail avec vous, le conseil conjugal ou la thérapie de famille pourrait être utile, à condition que vous n’ayez pas peur des représailles si vous vous exprimez librement.

Votre mari aurait quant à lui tout avantage à se faire aider car il ne va visiblement pas bien, par un service spécialisé, un psychiatre ou un psychologue, mais vous n’avez pas le pouvoir de l’obliger à le faire. Votre seul pouvoir est de mettre des limites à ses comportements s’il refuse tout traitement.

Nous vous encourageons à parcourir notre site si vous ne l’avez pas déjà fait car vous y trouverez beaucoup d’informations utiles pour vous aider à vous protéger mieux. N’hésitez pas à nous écrire à nouveau si vous le souhaitez, et sachez que nous sommes de tout cœur avec vous dans ce cheminement.
 

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