En cas d’urgence: Police: 117 | Ambulance: 144

Questions et réponses

La violence psychologique dégénère-t-elle toujours en violence physique? Que faire contre les humiliations, les cris et l'incompréhention ?

Question
26 Septembre 2008 - old...

Bonjour ! Depuis de très nombreux mois, je me pose des questions sur mon mari et je vis de plus en plus mal notre relation (si on peut appeler ça comme ça,). Il est très agressif (il dit impulsif) parfois et j'ai du mal à faire avec. Lorsqu'il conduit, j'ai peur car il nous met en danger, mais si je lui fait remarquer, il m'attaque de paroles blessantes. Lorsque notre fille fait une crise (elle a du mal à gérer aussi ses émotions), souvent il s'emporte et la traite de noms d'oiseaux ce qui me rend furieuse. Il m'ignore la plupart du temps, enfin pas vraiment, je suis comme une colocataire en fait, mais il ne fera jamais un geste tendre, très rarement un compliment, je suis un bon pote qui doit pas déranger son quotidien en quelque sorte. Je me suis éloignée de lui physiquement (plus de rapports depuis quasi une année) et émotionnellement, pour me protéger je crois. Quand je lui dit mon mal-être en général il me traite de "pauvre fille", de différents noms d'oiseau et me dit que c'est pas à lui de gérer mon manque de confiance en moi. Que c'est pas si grave, que je fais un plat pour pas grand chose, qu'on est bien ensemble, mais que je suis rancunière et que je prends tout au premier degré, etc.. Bref, je le ressens comme très agressif (même sa manière de me parler parfois, j'ai l'impression que c'est père-fille) par rapport à mes références et ce que je suis prête à accepter.. sur la même pente que sa maman qui s'est mis toute sa famille à dos. Pendant les dernières vacances, je me sentais mal, prisonnière de ma famille en quelque sorte, même si c'est pas le cas, mais si seule et si incomprise. Depuis que j'ai retrouvé mon rythme et mon travail, je vais mieux, c'était un constat terrifiant pour moi. Il faut dire que ce que je tolérais avant (je faisais tout pour ne pas me retrouver en situation où il pourrait s'énerver), je n'en veux plus. Je lui ai déjà parlé à 2 ou 3 reprises, chaque fois avec beaucoup d'espoir, chaque fois déçue. Là, je lui donne encore une chance car par ailleurs j'ai pas à me plaindre, il est charmant, il s'occupe bien de nous, faut juste pas le déranger et faire à sa manière et pas le bousculer.. et je me dis que je suis folle de vouloir autre chose. Mais je sens qu'un truc coince et y'a encore deux semaines je me sentais si mal j'était complètement perdue. Je lui ai parlé encore, il m'a écoutée pour une fois, j'ai du batailler ferme et crier parfois comme lui pour qu'il m'écoute, mais cette situation de crise s'éternise et je ne sais pas trop comment m'en sortir... Mes questions: Mon mari peut-il modifier son comportement à long terme de lui-même ou est-ce pure illusion ? Puis-je retrouver l'amour que j'ai perdu ces derniers mois ? La violence psychologique finit-elle toujours en violence physique (des fois ses yeux plein de haine me font si peur, mais il ne m'a jamais touchée) ? Pourquoi je me sens si mal ? Partagée... ? Quand sait-on que la dernière barrière a été franchie ? Je suis un peu perdue... ces deux dernières semaines, il a été exemplaire, il a eu très peur, mais ne dit-on pas que la nature revient au galop.. que puis-je faire si ces humuliations, ces cris et ces manques de respect recommencent ? Merci de m'avoir lue et merci si vous pouvez me donner des pistes.

Réponse
02-10-2008

Bonjour Madame

Vous dites dans votre message que depuis longtemps déjà, vous vous posez des questions au  sujet de votre mari. Vous dites que vous avez de plus en plus de mal dans votre relation, vous précisez qu'il est agressif, qu'il vous attaque avec des paroles blessantes. Il ne supporte pas le comportement impulsif de votre fille et l'insulte. Vous dites également que votre mari vous ignore la plupart du temps et qu'il ne vous prend pas au sérieux lorsque vous voulez vous exprimer sur votre mal-être.

Il semble à travers votre récit que vous avez pris un temps de réflexion qui vous a permis de retrouver votre rythme et votre travail. Ce qui nous interpelle, c'est l'expression du constat terrifiant pour vous. Il ressort que vous avez eu un grand seuil de tolérance pour ne pas éveillé de conflit mais que maintenant vous réalisez que ce n'est plus possible pour vous.

Cette prise de conscience est fondamentale pour vous-même et pour votre relation de couple. Car ce qui est primordial maintenant, c'est que vous ayez pu identifier vos limites profonde, au fond de votre être. Elles sont  visiblement dépassées et c'est peut-être en cela un constat terrifiant. Vous ne pouvez plus ignorer ces limites, vous devez donc agir... C'est d'ailleurs ce que vous avez fait en insistant pour vous faire écouter. Et ça a marché ! Votre mari a pu vous écouter, même si vous avez du crier.Toutefois, vous trouvez que la crise s'éternise, nous comprenons votre impatience à ce que votre relation s'améliore, que vous trouviez une issue à votre situation de crise. Nous vous conseillons de demander l'aide d'un service de conseils conjugaux, si votre mari est d'accord.   Lorsque les deux partenaires décident de faire quelque chose ensemble pour gérer la crise, c'est déjà un élément positif.

Le fait qu'il fasse des efforts prouve qu'il est lui aussi dépassé par la situation, il l'exprimerait par son agressivité, par exemple. Vous dites qu'il a eu très peur, qu'il est exemplaire depuis deux semaines. Cela implique qu'il ne veut pas vous perdre. Peut-être devrait-il consulter un-e psychothérapeute pour faire un travail sur lui. De votre côté, cela peut aussi être un apport important car la solution n'existe pas chez l'autre mais chez soi, étant donné que nous n'avons pas le pouvoir de changer l'autre.

Le malaise dont vous parlez, ce sentiment d'être prisonnière, d'être partagée,  ne provient-il pas du conflit intérieur entre vos rêves et la réalité? entre l'idée de ce que vous devriez faire et celle de ce que vous pouvez faire.  Il est temps de vous centrer sur vos besoins, vos attentes, de faire le bilan de ce que vous voulez, de ce que vous ne voulez pas. Le malaise survient lorsque les sentiments sont étouffés par la raison, lorqu'ils sont empêchés d'être visibles. Il faut prendre un temps de réflexion, prendre le temps de laisser venir ces sentiments à la surface, les apprivoiser, les accepter afin de pouvoir les analyser . Ainsi vous aurez pu écouter ce qui vibrent en vous et vous pourrez l'exprimer clairement à votre mari. C'est lorsque le diagnostic est clair que l'ont peut commencer les soins.

La violence psychologique ne finit pas forcément toujours en violence physique. Toutefois, il y a des risques non négligeables. Ce qu'il faut savoir, c'est que les dégâts causés par la violence psychologique peuvent être tout aussi destructeurs, si ce n'est plus. Vous avez le droit de refuser de la part de votre mari qu'il vous humilie et vous insulte ou crie, simplement en lui disant : je n'accepte pas que tu m'insultes, je me sens humiliée, je n'accepte pas que tu m'humilies, je n'accepte pas que tu cries.

Vous seule pouvez savoir si la barrière a été franchie, le plus difficile étant d'accepter la réalité et non pas de la tromper. Votre barrière, est-elle à des kilomètres, est-elle à quelques mètres, à quelques centimètres ? Faites vous un shéma, dessinez cette barrière, regardez-la en face...  

Nous espérons avoir ainsi pu vous donner quelques pistes qui vous soient utiles pour votre cheminement. C'est très volontiers que nous vous invitons à poursuivre votre réflexion,  nous vous soutiendrons.  

Autres questions qui pourraient également vous intéresser

Quitter le site (touche esc) Poser une question
Retour au sommet