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Questions et réponses

Ma fille de 18 ans subi des violences conjugales que puis-je faire ?

Question
15 Septembre 2008 - old...

bonjour,ma fille de 18 ans sors depuis plusieurs années avec un garçon violent. Il y a 2 ans environ, ma fille s'est confiée à moi. J'ai décidé, en tant que mère, de déposer plainte contre cet individu. Menace avec une arme à feu (vraie ou fausse ??? Je ne le saurais pas), bousculades dans les escaliers, etc. Ce monsieur à récidivé un mois plus tard. Quand il a fallu aller chez le juge pour déposer cette plainte, ma fille l'a en quelque sorte protégé et minimisé ces actes.......Aujourd'hui, deux ans plus tard environ, ma fille est majeure et il y aura bientôt un procès au tribunal de police. La semaine dernière, ma fille s'est fait rebattre (bleu sur la machoîre, mal à la tête et morsures sur le corps...) Horrible à supporter en tant que mère et femme.......Elle continue à minimiser, à le protéger, car il la manipule et il a des problèmes d'alcool......Comment dois-je me comporter avec elle, comment lui ouvrir les yeux que ce garçon ne changera jamais et que cela pourrait aller encore plus loin ? Elle est complètement isolée, pas d'amies, rien.....Heureusement que nous parlons finalement beaucoup, qu'elle a commencé l'université et que là, peut-être elle connaîtra du nouveau monde. Il l'a complètement isolée. Elle se sent inadaptée, môche (et au mon Dieu si c'est faux......), elle se sent sale et a des crises d'angoisse. Les parents de cet énergumène le protègent et pire se servent de ma fille pour contenir leur fils alcolo.... Elle voit une psy, mais cela n'avance guère vite.....Comment puis-je la protéger ? Je précise que j'élève seule mes 2 enfants, étant veuve depuis plusieurs années. Merci infiniment pour vos conseils et votre aide.... Je suis complètement perdue et ne sais plus que faire, que dire, comment me comporter avec elle, pour son bien-être physique et psychique....

Réponse
18-09-2008

 

Bonjour Madame,
 
Votre témoignage est poignant, car vous rapportez combien il est difficile d’assister impuissante aux violences conjugales subies par son propre enfant. Les violences physiques, menaces d’une arme à feu, dénigrements sont autant de violences conjugales qui comme vous le dites influent sur l’état physique et psychique de votre fille.
Nous constatons néanmoins que le dialogue entre vous n’est pas rompu. Bien au contraire même, elle peut se confier à vous et en parler, sans compter cette plainte judicieusement déposée alors qu’elle était mineure, et dont le procès approche. De plus, vous nous dites qu’elle va également voir une psy, ce qui devrait lui permettre de prendre un peu de recul et d’avoir un avis neutre et supplémentaire, pour autant qu’elle lui parle des violences.
Votre fille n’est donc pas si isolée. Malheureusement, les effets ne sont pas spectaculaires comme c’est souvent le cas, car il faut du temps pour prendre conscience des mécanismes de la violence conjugale, reprendre confiance en soi et pouvoir en sortir. Vous pouvez également lui proposer d’aller voir une personne spécialisée dans la violence conjugale du Centre Malley Prairie, mais peut-être aussi des centres spécialisés dans les dépendances afin qu’elle comprenne que l’abstinence de son copain de dépend pas d’elle mais bien de sa volonté à lui. Il serait également bien qu’elle aille faire un constat médical chez son médecin ou dans une permanence médicale (et ce même si elle ne doit pas l’utiliser par la suite) si cela devait se reproduire.
Vous avez raison de penser que l’Université, lui permettra encore plus de rompre l’isolement dans lequel son copain l’a volontairement conduite, mais ce sera à elle de prendre la décision de se protéger et de le quitter définitivement.
Vous pouvez continuer à rester à son écoute, à dire que ce n’est pas ça la norme et que le respect est nécessaire pour de bonnes relations de couple. Vous pouvez rappeler que les actes commis par son copain sont punissables par la loi et qu’elle peut porter plainte pour les nouvelles violences et/ou les mentionner lors du procès. Et bien sûr être présente lors du procès et le jour où elle prendra conscience et arrivera à le quitter, mais sans oublier qu’il faut souvent plusieurs séparations pour qu’elles soient définitives.
Nous vous souhaitons tous le courage nécessaire pour accompagner votre fille vers la protection et le respect de soi et restons à votre disposition pour d’autres questions.

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