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Questions et réponses

Suis-je anormale, déséquilibrée? J'essaie d'être forte pour mes enfants, mais là je suis anéantie.

Question
29 Juin 2008 - old...

Je vis avec un mari qui boit de plus en plus de par son métier dans l'hotellerie "alcoolisme mondain et occasionnel"et depuis 20 ans , je subis un calvaire irrégulier d'insultes, de brimades et d'usure psychologique ; car à chaque crise , le silence et les frustrations s'installent.Il y a certes, quelques périodes de calme où il peut se montrer agréable mais cela ne dure pas et souvent, je constate qu'il s'énerve pour un rien.Je suis restée pour mes 3 enfants mais je réalise qu'il veut me faire du mal en me montrant que c"est lui le dominant et moi la dominée.Dernièrement, il est rentré ivre et m' a vraiment insultée avec des adjectifs très humiliants pour une femme et m'a donnée une grande gifle. Je me suis réfugiée dans ma chambre et il n'a pas pu ouvrir la porte, mais il avait un regard haineux et je crois qu'il se serait acharné sur moi.Le lendemain , il cuvait sa cuite et m'a ignorée comme s'il avait oublié tout ce qui s'était passé la veille.Je suis toujours seule dans mon lit conjugal qu'il a abandonné depuis des lustres et sa demande sexuelle est très rare, car il me trompe avec des prostituées certainement.Pour ma part, j'ai rencontré un homme plus jeune que moi et j'ai une vie amoureuse en paralèle depuis 8 ans: il est très attentionné et tendre mais je ne peux aimer cet homme au grand jour.Ce qui m'inquiète c'est ma dépendance psycholologique par rapport à mon harceleur de mari: je ne sais plus quelle est la nature de mes sentiments à son égard.Je n'arrive pas à dialoguer avec lui car il fuit tout compromis .Ma situation est complexe car je vis à l'étranger et pour des raisons pécunières, je reste avec lui pour assurer l'éducation de mes enfants.Je l'aimais tant avant et je n'arrive pas à admettre que le père de mes enfants soit devenu aussi tyrannique.Sui je anormale, déséquilibrée, j'essaie d'être forte pour mes enfants, mais là je suis anéantie et je ne veux plus subir ce harcèlement moral dangereux pour ma santé. Je pense souvent au suicide et j'ai des idées noires, je pleure sur mon échec : pour moi avoir fondé une famille c'est sacré et si je l'ai trompé c'est pour subsister.Mais parfois je culpabilise.Je ne sais plus où j'en suis, j'ai besoin de repos et de réflexion sur mon sort et de vos conseils pour m'en sortir.

Réponse
04-07-2008

 Bonjour Madame,

 Vous nous faites part de vos difficultés de couple à travers un récit poignant. Depuis 20 ans, la violence psychologique et physique de la part de votre mari s'est installée entre vous, en plus de ses problèmes de consommation excessive d'alcool qui vont en s'aggravant.
Vous citez la dernière scène de violence, où votre mari était ivre et vous a insultée, humiliée et frappée. Vous avez su vous protéger de coups qui auraient pu suivre mais vous n'avez pas pu discuter de cette agression, votre mari, feignant de l'ignorer. Vous dites d'ailleurs que le silence et les frustrations s'installent au fil des crises.
  
Dans la violence conjugale, il y a très souvent cette volonté de domination de la part de celui qui l'exerce. Ce qui empêche dans la relation de couple de maintenir le respect de l'autre, l'attention que chacun se doit mutuellement, même si le dominateur peut se montrer calme et agréable.
 
Vous parlez de vos inquiétudes liées à la dépendance psychologique que vous ressentez vis à vis de votre mari. Et vous mettez le doigt très justement sur la nature de cette ambivalence: avoir aimer tellement un homme, l'avoir désiré comme père de ses enfants et devoir réaliser, accepter qu'il soit devenu un agresseur, une personne distante qui veut vous dominer. Cette réalité est douloureuse à admettre, d'autant plus quand il n'y a plus de dialogue possible, vous vous retrouvez seule face à votre impuissance.
 
Vous dites que vous restez avec votre mari pour des raisons pécuniaires afin d'élever vos 3 enfants mais vous relevez également que fonder une famille était quelque chose de sacré pour vous.  Nous imaginons que vous êtes sans répit  face à ce dilemme: maintenir une relation sacrée au mépris de votre ressenti profond car, vous souffrez de cette relation que vous n'aviez pas souhaitez ainsi mais que vous pensez devoir poursuivre. Les idées noires et suicidaires sont peut-être le reflet de ce dilemme.
Vous avez pris un amant pour vous permettre de survivre mais là, c'est la culpabilité qui en est le prix.
 
Vous n'êtes ni anormale ni déséquilibrée,  par contre, et c'est vous qui le dites, vous êtes anéantie. Vous dites également une chose très forte:           vous ne voulez plus subir ce harcèlement dangereux pour votre santé. C'est un élément essentiel qui peut vous aider à sortir de vos problèmes. Nous vous encourageons à ne pas pleurer sur ce que vous appelez votre échec mais nous vous suggérons de prendre le temps de vous reposer pour réfléchir à des solutions, tout comme vous en émettez le souhait, afin d’atteindre le but que vous vous êtes fixé: ne plus subir ce harcèlement dangereux pour votre santé.
 
Des solutions existent, n’ayez pas peur de les regarder en face pour pouvoir faire des choix. Nous vous proposons par exemple d’établir une liste de solutions par écrit et d’analyser chacune  d’elles, d’en mesurer le positif et le négatif, "le faisable, l'infaisable" . Cela devrait vous permettre de faire des choix avec plus de recul et de calme
.
Nous aimerions encore vous rendre attentive au fait que vos enfants ne bénéficient pas, contrairement à ce que vous pourriez croire, de cette famille sacrée, ils souffrent certainement de la situation autant que vous et ont besoin d’une position claire. Il est certain qu'ils vous voient souffrir mais ne peuvent vous aider dans vos décisions. Vous seule, pouvez décider.
 
Nous espérons avoir pu vous donner quelques pistes pour poursuivre votre réflexion.
Nous vous souhaitons malgré tout  un très bel été.

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